La petite attaque cérébrale invisible

15. décembre 2008
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Il se pourrait que, dans de nombreux cas d'Alzheimer et de démence, de petites attaques cérébrales provoquent la perte de mémoire. Lors de la sixième conférence mondiale sur l'attaque cérébrale à Vienne, les participants discutèrent des attaques subcliniques et des nouveaux résultats concernant les premiers soins et la thérapie.

Cette année, le thème principal de la conférence mondiale sur l’attaque cérébrale est « Little Strokes, big Trouble ». « Une attaque cérébrale silencieuse » a lieu cinq fois plus souvent qu’une attaque cérébrale grave que l’on remarque et empêche souvent subrepticement certaines parties du cerveau de fonctionner. On devrait employer le terme « subclinique » plutôt que « silencieux » car les conséquences se manifestent clairement, non seulement sur les clichés du cerveau mais aussi dans les tests neuropsychologiques. Vladimir Hachinski de l’université canadienne de l’Ontario-Ouest et rédacteur en chef du journal professionnel « Stroke » déclare : « Certaines manifestations de l’âge comme des troubles de la perception, des déficiences cognitives et des troubles de la personnalité et peut-être même des dépressions sont étroitement liées à des accidents vasculaires cérébraux subcliniques et des modifications de la substance blanche. »

Un test fait en 5 minutes révèle les attaques non remarquées

« L’attaque cérébrale silencieuse » était aussi l’un des thèmes principaux du sixième « World Stroke Congress » qui a eu lieu il y a un mois à Vienne. Hachinski présenta aux 3 000 participants des données selon lesquelles une personne sur quatre âgée entre 70 et 75 ans est un candidat idéal. Aux dommages causés dans le cerveau s’ajoute, dans la forme subclinique, le risque d’une deuxième grosse attaque qui mène alors à de grosses défaillances dans le système nerveux. Certaines études ont calculé un facteur de 20 dans ce cas. Les scientifiques ont calculé à partir de la Framingham Heart Study que la combinaison d’une maladie d’Alzheimer subclinique et d’une attaque cérébrale subclinique conduit à la démence ou à un accident vasculaire cérébral grave dans un cas sur trois.

La technique coûteuse du scanner cérébral n’est pas toujours nécessaire dans la détection d’une attaque cérébrale silencieuse. Un test rapide des facultés cognitives du patient fait en 5 minutes délivre les premiers renseignements qui sont ensuite vérifiés lors d’un contrôle précis des capacités de mémoire ou des tests de réactions ou d’associations. C’est alors seulement que l’imagerie médicale intervient pour localiser le dommage dans le cerveau. Et après ? Sarah Vermeer et ses collègues du centre médical Erasmus à Rotterdam soulignent dans le Lancet Neurology: « Après un infarctus silencieux chez des patients sans antécédents ou une ischémie transitoire, il est important de rechercher les facteurs de risque cardio-vasculaire, notamment concernant la régulation de la tension. » L’expérience montre cependant qu’il est rarement suffisant de faire remarquer aux patients qu’ils doivent changer leur style de vie. Hachinski projette ainsi au Canada d’encourager régulièrement les patients via le personnel médical ou des personnes formées. Les premiers résultats montrent qu’il leur a été ainsi plus facile de perdre du poids car, durant l’étude, le groupe de contrôle avait pris 4,5 kg alors que les soigneurs étaient parvenus à faire maigrir leurs patients de 2 kg.

Un plus grand laps de temps pour la thrombolyse

Il y eu de nouveaux résultats encourageants à Vienne, aussi au niveau des soins et de la thérapie des attaques graves : on estimait autrefois qu’une thrombolyse était judicieuse dans la limite de 3 heures pour dissoudre un caillot; aujourd’hui, 2 nouvelles études publiées dans Lancet et New England Journal of Medicine montrent que ce laps de temps est plus long. Le traitement avec l’activateur tissulaire du plasmogène – altéplase – est efficace jusqu’à 4,5 heures après l’attaque. Comparé au groupe de contrôle, les chances de ne pas porter de dommages irréparables augmentent pour les patients d’un tiers entre 3 et 4,5 heures.

La mobilité mise en scène

Lors de la réadaptation, le neurologue peut duper le cerveau avec de simples moyens et stimuler à nouveau la motricité. L’hémiplégie, la paralysie de la moitié du corps, est une des suites les plus fréquentes d’une attaque cérébrale. Un miroir est placé au milieu du corps et donne au patient l’illusion que sa jambe paralysée bouge aussi bien que sa jambe saine. En forçant le cerveau à traiter de tels types de mouvements symétriques, on stimule la réparation des centres touchés mieux qu’avec les exercices qui se concentrent sur la partie paralysée. Kazu Amimoto de la Tokyo Metropolitan University compara la thérapie conventionnelle avec celle par le miroir chez 14 patientes atteintes d’une hémiplégie chronique lors de la flexion de l’articulation du pied paralysé. Les méthodes testées permirent certes d’augmenter le degré de flexion de manière minime, mais n’eurent pas d’effet sur la vitesse avec laquelle le patient effectuait l’exercice. La thérapie par le miroir donna là tout de même 12 pourcents de mouvements plus rapides. « Si un tel progrès est atteint seulement grâce à des stimuli visuels dûs à des mouvements effectués par l’autre moitié du corps, on devrait alors prendre beaucoup plus en compte l’aspect mental lors de la réadaptation « , dit Amimoto.

Le patient et le médecin devraient se pencher sur l’aspect mental dès les premiers signaux d’alarme car la réadaptation nécessite ensuite beaucoup plus que l’effort de contrôler le poids corporel et le manque d’exercices et d’éviter ainsi une attaque cérébrale silencieuse.

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