Les chéloïdes : Qu’est-ce que ce renflement ?

31. octobre 2012
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Un acte chirurgical peut entraîner des cicatrices hypertrophiques ou des chéloïdes, qui se répandent au fur et à mesure. Une ligne directrice S2 donne des recommandations pour leur thérapie. Le message-clé : mieux vaut prévenir en postopératoire qu’arranger les choses plus tard.

Les cicatrices ne disparaissent pas toujours d’elles-mêmes après quelques mois. Au contraire, si on en arrive à une formation excessive de tissu conjonctif, il est nécessaire de voir un médecin. Les collègues formulèrent dans un premier temps une cible pour le traitement. Les patients se sentent défigurés ou souffrent davantage de douleur, de démangeaisons et limitent les mouvements ? Si un maximum de six traitements en six mois ne réussit pas, il est temps de changer de stratégie.

Une coupure lourde de conséquence

Le sort ultérieur d’une cicatrice se définit directement après la blessure : d’abord, le processus inflammatoire se met en route pour éliminer les cellules nécrotiques et, si nécessaire, les bactéries. Dans la phase de granulation, les fibroblastes et kératinocytes créent de nouveaux tissus au bord de la plaie, et les composants de la matrice extracellulaire sont formés. De nouveaux vaisseaux sanguins se développent aussi. Dans ce processus, les métalloprotéases matricielles et les neurotransmetteurs jouent un rôle important. Avec l’épithélialisation, la plaie est fermée à l’extérieur, tandis qu’à l’intérieur les choses sérieuses, dont le mot-clé est remodelage, commencent : grâce au Transforming Growth Factor β1 (TGF-β1), les fibroblastes se transforment en myofibroblastes. Cette espèce ne doit pas prendre le dessus, sinon, il en découlerait des cicatrices hypertrophiques. Ils doivent donc se limiter au bourrelet de la plaie initiale. Les tumeurs du tissu conjonctif, ou chéloïdes, dépassent ainsi de beaucoup leurs frontières. Comme déclencheur, on observe une influence génétique et des facteurs environnementaux qui entrent en jeu, les scientifiques n’ayant pas encore entièrement compris les mécanismes impliqués. Comme les européens ayant des types de peau plus foncés sont plus à risque de déclarer des chéloïdes, le génotype joue un rôle certain.

Effet secondaire ayant une utilité

Pour aider en cas de tissu conjonctif excédentaire, des effets secondaires connus des glucocorticoïdes peuvent être utilisés. Ils inhibent la division des fibroblastes. Même si moins de glycosaminoglycanes, qui jouent normalement un rôle sur à la résistance du tissu, sont synthétisées. Selon les directives, 50 à 100 pour cent de tous les patients ont répondu à une injection de Triamcinolonacétonide (TAC), chez neuf à 50 pour cent, cependant, des récidives surviennent plus tard. En application externe, le médicament n’a aucun effet. Les dermatologues obtiennent les meilleurs résultats en utilisant la combinaison de plusieurs méthodes, comme la cryochirurgie et les glucocorticoïdes.

Chaud et froid

L’azote liquide a tout pour plaire : grâce au froid, les cellules non désirées meurent ; selon l’étendue du tissu cicatriciel, plusieurs traitements sont nécessaires. Après se forment des cloques. Dans différents extraits de la littérature, on peut voir un bon taux de succès de plus de 60 pour cent, mais les chéloïdes peuvent être plus exigeantes. Plutôt que de retirer des cellules en les brûlant par la chaleur, l’ablation laser utilise de grandes quantités d’énergie. Ici aussi les tissus périssent. Comme mesure prophylactique post-opératoire, les deux méthodes ne sont pas recommandées.

Cicatrice repoussée

Préventivement, il est intéressant d’utiliser un traitement de la croissance sur les grandes cicatrices – pour que cela réussisse, les concernés doivent être patients. S’il y a chez le patient lui-même ou dans sa famille des indices pour de tels risques, il doit immédiatement porter des vêtements ou des bandages compressifs post-opératoires avec une pression d’au moins 20 à 30 mm Hg. Il faut compter sur une période de traitement de six à 24 mois. Grâce à l’application de cette force, les cellules seront moins irriguées par la circulation sanguine et les processus de croissances tissulaire seront ralentis.

Les scientifiques également montrèrent que le collagène mature plus vite. En particulier sur les chéloïdes qu’on retrouve souvent sur les oreilles, la méthode donne des résultats excellents. Des dermatologues de l’hôpital de l’université de Mannheim développèrent ainsi des éclisses de compression. Après résection chirurgicale des chéloïdes, ils injectèrent du TAC une fois. Les patients rentrèrent chez eux avec leur éclisse. Le système doit être porté uniquement pendant la nuit et est facilement utilisable grâce à des aimants – ce qui permet une bonne observance. Après 16 mois, les résultats sont intéressants d’un point de vue esthétique, et un suivi à 24 mois fut très positif : il n’y eut pas de récidives observées.

Blessure rafraîchie

Si une cicatrice hypertrophique reste sous tension, il faut aussi contacter un chirurgien. Grâce aux plasties en Z ou W, ils soulagent le tissu. Au niveau moléculaire, les scientifiques soupçonnent que les forces mécaniques stimulent les cellules qui synthétisent plus de tissu conjonctif. Si un retard dans la cicatrisation se cache derrière des chéloïdes ou des cicatrices hypertrophiques, l’excision chirurgicale est un bon début de traitement. Et, enfin, les blessures fraîches devraient être soumises à des mesures de suivi post-opératoire prophylactique immédiates contre le tissu cicatriciel excessif. Cependant, les auteurs des lignes directrices précisent qu’il y a peu d’études de haute qualité méthodologique afin de quantifier le succès du traitement. En particulier, les périodes de suivi sont souvent assez courtes. Parfois, il n’y a pas de distinction entre les chéloïdes et les cicatrices hypertrophiques.

Des connaissances issues du traitement des tumeurs

On ne doit pas toujours opérer immédiatement. Ainsi, le cytostatique 5-fluoruracile (5-FU) est efficace contre la prolifération des fibroblastes. En cas de grossesse ou de maladies préexistantes du système hématopoïétique, son utilisation n’est pas possible. Dans les autres cas, les patients doivent respecter le fait de ne mettre la crème contenant des principes actifs que sur leurs lésions. Une étude en double aveugle montra que le 5-FU introduit sous la peau réduit le tissu de manière plus efficace que le TAC. Le 5-FU n’est pas adapté en prophylaxie post-opératoire. Des irradiations empêchent également les rechutes. Dans les publications, on trouve des valeurs allant de huit à 30 Gray, empêchant dans 79 à 92 pour cent des cas la croissance anormale de tissus. La ligne directrice énonce à une valeur légèrement inférieure à douze Gray, répartis sur un maximum de dix traitements. Pour les chéloïdes, cette stratégie est recommandée, mais pas en première intention. Les cicatrices hypertrophiques ne doivent pas être irradiées.

Nouvelles et anciennes connaissances

Dans les pharmacies, de nombreux clients demandent des gels de silicone. Cela conduit à des effets occlusifs, notamment la pénétration dans la couche cornée. Cependant, les auteurs d’une méta-analyse de Cochrane trouvèrent peu de preuves pour un bénéfice possible. Ils constatèrent que plusieurs études étaient de mauvaise qualité et avaient un parti pris certain. Par ailleurs, la nouvelle ligne directrice mentionne les extraits d’oignon avec l’allantoïne et l’héparine. La quercétine, un flavonoïde de l’oignon, inhibe in vitro la prolifération de fibroblastes, tandis que l’allantoïne agit comme kératolytique. L’héparine semble interférer avec la polymérisation du collagène. Les cellules produisent également moins de facteurs de croissance et donc il n’y a pas de formation excessive de collagène. Lors des expériences sur les animaux, les plaies guérissent plus rapidement et les cicatrices sont plus petites. Dans d’anciennes études méthodologiques, l’extrait d’oignon pur ne montra aucun avantage par rapport à la vaseline. Toutefois, une combinaison avec le TAC par rapport à l’utilisation de corticoïdes purs montra des résultats nettement meilleurs.

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1 commentaire:

Dr André Galhaut
Dr André Galhaut

En médecine Vétérinaire, les chevaux ont une très nette propension à développer des chéloïdes. Nous utilisons avec beaucoup de succès dans les phases aiguës un gel à base de Kétansérine (dont le nom est Vulketan, qui provoque une vasodilatation localisée et un afflux de fibroblastes. Le temps de cicatrisation chez les animaux est divisé par deux. Nous savons que certains dermatologues l’utilisent aussi, notamment dans les plaies à cicatrisation très lente. Cela uniquement à titre d’information.

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