Acuponcture – piquer et le tour est joué !

31. mars 2009
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Trois grosses méta-analyses ont prouvé l'efficacité de l'acuponcture dans la lutte contre la douleur. Mais les résultats ont aussi montré qu'une "fausse" acupuncture, où les aiguilles sont insérées de façon incorrecte, est tout aussi efficace.

Nous en avons finalement la preuve : l’acuponcture calme les céphalées de tension chroniques, les migraines, les douleurs dorsales et autres douleurs post-opératoires et résiste même aux traitements antidouleurs. Elle apporte toutefois de l’eau au moulin des critiques des médecines douces car l’acuponcture agit non seulement lorsque les aiguilles sont placées conformément aux règles de la médecine traditionnelle chinoise mais aussi lorsqu’elle est elle-même simulée !

Deux méta-analyses sur les migraines et les céphalées de tension avec plus de 6 700 patients et réalisées par la Cochrane Collaboration démontrèrent que l’acuponcture réduit la fréquence des attaques chez la moitié des patients. Le nombre des jours avec des maux de têtes diminua et l’intensité des douleurs s’affaiblit après 8 semaines. Une étude de longue durée pu démontrer une efficacité après 9 mois également. Les résultats étaient similaires pour les patients souffrants de céphalées de tension. En outre, les aiguilles en plus de médicaments étaient supérieures à une thérapie purement médicamenteuse.

On ne remarque toutefois pas vraiment de différences entre la « vraie » et la « fausse » (le fait de piquer à de mauvais endroits ou pas assez profondément) acuponcture. Le directeur de l’étude, le Professeur Klaus Linde du Centre de recherche en médecine douce de l’université technique de Munich, connaît certes l’origine de l’efficacité de l’acuponcture mais pas de celle de l’acuponcture simulée. Il a cependant plusieurs explications possibles : l’acuponcture en soi pourrait posséder un effet placébo particulièrement fort. Une activation de certaines fibres nerveuses tout comme des résultats biaisés dûs aux participants d’études non aveugles ayant interrompu la thérapie après avoir appris ne pas avoir été traité par acuponcture seraient également possibles.

Explications fondamentales

Linde n’a aucun doute quant à l’efficacité thérapeutique de l’acuponcture. Il en va autrement de son confrère Asbjørn Hróbjartsson du Nordic Cochrane Centre à Copenhague. Il analysa l’efficacité de l’acuponcture dans une méta-analyse réalisée auprès de plus de 3 000 patients atteints de migraines, lombalgie, gonarthrose et douleurs post-opératoires (BMJ 2009; 338:a3115). La faible différence entre la vraie acuponcture et l’acuponcture simulée reposait sur les données de douleurs de l’échelle visuelle analogue et était statistiquement insignifiante. Son résumé : l’effet analgésique de l’acuponcture est meilleur que si l’on ne pratique aucun traitement mais le fait de piquer correctement ou n’importe où avait peu d’importance.

Hróbjartsson critique aussi le manque d’aveuglement des études qui pourrait être responsable de biais. De plus, les conséquences psychologiques de l’aiguille à l’endroit où elle est posée devraient être prises en compte à l’avenir.

Revendications pour une prise en charge

Vu les résultats, on peut se demander si l’on doit douter des principes fondamentaux de l’acuponcture. Notre partenaire ou notre voisin pourrait-il nous soulager par acuponcture ? La théorie et l’action de l’acuponcture sont complexes. Considérant l’effet prouvé et le peu d’effets secondaires de l’acuponcture comparés à ceux des calmants, certains médecins et beaucoup de malades demandent un remboursement des soins. On peut se demander si les patients s’intéressent autant que les spécialistes au mécanisme précis de fonctionnement. Mais finalement, peu de patients savent également comment et pourquoi les calmants soulagent.

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4 commentaires:

l’accupuncture m a été transmise au début de façon symptomatique selon des points et leurs situations , j ai adhéré et ça a marché surtout pour beaucoup d ‘affections telleque migraine, lombalgie et paralysie faciale mais avec mon inscription ( l’universite de Bobignie PARIS 13 France ) en accupuncture j ai compris mieux l’ accupuncture et j ai realise que c est une medecine apparentiere avec un raisonnement energitique et non pas piquer avec n’ importe quelle façon c’ est étudié et effective depuis des siecles de ses origines de la médecine chinoise

#4 |
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Dr Guy Thysen
Dr Guy Thysen

Ceci dit, le contact avec le corps est souvent bénéfique comme les caresses ou le grattage le sont ! L’hydrothérapie exista avnt les bains de Messegué ! Nous avons tous besoin d’un contact bienfaiteur. Manipuler un chien qui a mal au dos, même et surtout contre son gré, lui fait un bien immédiat et bien visible !

#3 |
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Dr Guy Thysen
Dr Guy Thysen

N’y a-t-il pas une importance prédominante de la Foi et de la Conviction ? « Bienheureux ceux qui ont la Foi » ! N’est-ce pas une vieille histoire ? Les religions ont aussi leurs savants et cela marche très bien pendant un certain temps.
Le développement ahurissant d’une religion n’est-il pas comparable, avec ses martyrs, ses savants et ses disciples inconditionnels, sans parler des miracles ?
La force du « paranormal » se mesure dans l’autosuggestion (la foi) et dans le pouvoir de la suggestion.
Je croirai dans ces pratiques le jour elles feront autre chose qu’améliorer des maladies psychosomatiques.
Le seul atout est, apparemment, de ne pas utiliser des substances induisant des effets secondaires. Mais n’y a-t-il pas des effets secondaires possibles avec les médecines douces ? Cherchez lesquels ! Pourquoi n’y a-t-il pas de notice pour les médecines « douces » ?
On en parle, pourtant, régulièrement d’une manière ou d’une autre. (diplômes, accréditations, etc).

#2 |
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Françoise Gaille-Perret
Françoise Gaille-Perret

Je suis Homéopathe, mais je trouve un peu facile et assez triste en soi de toujours critiquer les médecines complémentaires, alors qu’elles peuvent soigner et guérir la cause des maladies sans effet secondaire. Vous ne savez parler que d’effet placebo en ce qui concerne ces médecines complémentaires, alors qu’il faut une sérieuse formation (env. 4 ans pour l’homéopathie classique et beaucoup de formation continue pour pouvoir aider ses patients à se soigner. Un peu plus de respect pour les médecines compléementaires qui peuvent aussi être des alternatives à la médecine cliasique. Merci de votre publication

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