Coupure de courant dans le nerf vague

30. avril 2009
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Celui qui a toujours considéré les opérations bariatriques comme plutôt martiales appréciera peut-être plus cette nouvelle intervention chirurgicale mini-invasive. Un stimulateur, semblable à un cardiostimulateur et paralysant le nerf vague, vient d'être autorisé en Europe pour traiter l'obésité.

Mis à part un changement de style de vie radical et strict (donc presque inhumain), la chirurgie bariatrique était, pour les personnes très obèses, jusqu’à présent plus ou moins la seule chance de perdre beaucoup de poids. L’Allemagne faisait certes jusqu’à maintenant partie des pays plutôt réticents mais la tendance est cependant évidente. Près de 2 000 patients ont jusqu’ici bénéficié d’une prise en charge de l’assurance maladie obligatoire pour un bandage gastrique ou une anastomose Roux-en-Y. On ne peut qu’estimer le nombre de patients qui ont payé eux-mêmes des interventions de ce type. En 2006, le nombre d’opérations bariatriques du système de santé publique américain en majorité financé par l’assurance privée était de – tenez-vous bien – 260 000.

La chirurgie célèbre des succès mais le prix à payer est fort

Les succès de la chirurgie de l’obésité sont entretemps incontestables. « Il existe plusieurs études spectaculaires qui montrent que la chirurgie de l’obésité normalise le métabolisme, réduit l’incidence du diabète de type 2 et peut même améliorer la survie à long terme », soulignait le Professeur Burkhard Göke de la clinique médicale II du LMU Munich récemment lors d’un congrès à Berlin. Ce qui serait toutefois important serait l’encadrement médical, avant tout psychosomatique. « L’opération ne suffit pas à elle seule. Ces patients ont besoin d’être suivi médicalement toute leur vie après l’opération », nous dit Göke.

Par ailleurs, les opérations bariatriques sont aussi relativement invasives. Le bandage gastrique ajustable peut encore passer pour une petite intervention. Mais le bypass « Roux-en-Y », plus efficace, modifie la physiologie du tube digestif de manière durable et irréversible. Est-ce bien une exigence ? Pas forcément, si l’on en croit l’entreprise EnteroMedics. Avec le VBLOC („Vagal Blocking for Obesity Control“), elle a développé une solution dans laquelle le nerf vague essentiellement responsable de la motilité gastro-intestinale et de la sensation de faim est bloqué électriquement. Il s’agit en quelque sorte de la variante neuro-physiologique du bandage gastrique, une sorte de cardiostimulateur contre ce qui rend gros. EnteroMedics a maintenant obtenu en Europe la certification CE pour le VBLOC. « Le VBLOC est une forme de thérapie innovante qui promet une perte de poids significative sans que des compromis ne doivent être faits », nous disait le chef de l’entreprise Mark Knudson à l’occasion de l’obtention de la certification.

Vagectomie électrique à terme

Le charme de la méthode tient à la procédure plutôt douce. L’implantation des électrodes du stimulateur du nerf vague se fait se manière laparoscopique. Et en comparaison avec d’autres approches laparoscopiques dans la chirurgie de l’obésité, l’intervention est bénigne. Mais on ne pratique avant tout aucune modification irréversible. La stimulation électrique du nerf vague intervient via des impulsions à haute fréquence qui paralysent le nerf vague et réduisent finalement la sensation de faim et le péristaltisme. Autrement que pour la vagectomie chirurgicale, le nerf n’est paralysé par le stimulateur que par intermittence. Ceci doit empêcher que des mécanismes de compensation s’amorcent et anéantissent l’effet initial de la vagotomie.

Des résultats notables purent être atteints dans une première étude comportant cette approche. Le stimulateur du nerf vague fut implanté chez 38 patients. Selon les données de l’entreprise, la perte de poids moyenne relevée lors d’une première visite de suivi après 6 mois était de 17,9 %. Après 12 mois, seulement 17 des 38 patients ont passé la visite, ce qui pourrait signifier que la méthode n’est pas efficace sur tout le monde. Les 17 patients ont tout de même perdu en moyenne 28,1 % de leur poids. Et après 18 mois, ils n’étaient plus que 9 patients et avaient perdu en moyenne 37,6 %. « Nous considérons ces résultats comme très encourageants. Ils montrent qu’une perte de poids durable est possible sans effets indésirables graves et que cette thérapie va de pair avec d’autres thérapies contre l’obésité », nous dit Knudson. L’entrepreneur sait aussi que le nombre de 38 patients est loin d’être suffisant pour que les résultats soient pris au sérieux. Une grande étude contrôlée randomisée est déjà en cours. Les premiers résultats devraient être publiés dans la seconde moitié de l’année.

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