Cancer de la peau : maline mélanine

4. mai 2015
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Les lotions « après-solaires » pourraient à l’avenir être aussi importantes que les écrans solaires dans le cadre d’une protection efficace contre le cancer de la peau. Même plusieurs heures après l’exposition au soleil, il y a encore des dommages massifs de l’ADN : la mélanine joue un rôle central dans ce processus.

Des bains de soleil bien pensés étaient auparavant considérés comme inoffensifs. Toute personne qui reste au soleil un temps correct imagine sa peau en sécurité – une erreur comme les scientifiques l’ont récemment démontré. Leurs résultats indiquent que même plusieurs heures après l’exposition au soleil, de nouveaux dommages au sein de l’ADN se développent dans la peau qui vient de bronzer. Le coupable en est la substance qui est pourtant déjà considérée comme une molécule de protection solaire : la mélanine.

La lumière UV abîme directement l’ADN

La lumière UV est directement préjudiciable à l’ADN. Lors d’un bain de soleil, la rencontre des rayons ultraviolets avec la peau crée en quelques picosecondes des dimères cyclobutaniques de pyrimidines (CPDS). S’ils ne sont pas réparés, l’ADN, dans lequel le bloc de construction de l’ADN appelé cytosine est remplacé par une thymine, est muté. Ce changement discret peut avoir des conséquences fatales. Il s’agit d’une cause fréquente de développement d’un mélanome. La grande majorité des mélanomes se développe de ce fait dans les mélanocytes – les cellules pigmentées qui produisent la mélanine.

La lumière UV abîme aussi indirectement l’ADN

Alors que le biophysicien Douglas Brash et ses collègues de l’Université de Yale examinaient comment les mélanocytes de souris évoluaient avec le temps sous rayonnement UV, ils ont fait une découverte étonnante. Les chercheurs ont observé que les mélanocytes, même deux à trois heures après avoir été irradiés par les rayons UVA ou UVB, formaient des CPD. « Pour un photo-chimiste, c’est totalement absurde », a déclaré Brash dans le magazine « The Scientist ». La différence entre deux à trois heures et le millionième de million de seconde était écrasante. Ce qui était aussi étonnant était qu’il ne s’agissait pas de quelques CPD produits lors de la « réaction à l’obscurité », mais la moitié des CPD formés.

Les rousses menacées d’extinction

Des études chez les souris ont conduit à de nouvelles informations : pour former des CPD, les mélanocytes doivent apparemment contenir en plus de la mélanine des hyperoxides, des composés chimiques qui contiennent de l’oxygène provenant de l’anion dioxyde (O2-). Cela vaut autant pour la forme jaune que la forme brune de mélanine qui produisent des CPD, parmi lesquelles la forme brune est plus efficace. Cette observation a coïncidé avec un évènement précédent inattendu : les souris rousses ont un risque plus élevé de développer un mélanome que les souris avec de la fourrure sombre, même si elles sont protégées de la lumière UV. Chez l’homme, la mélanine se produit en deux variantes : une forme brune-noirâtre (eumélanine) et une variante rouge vive (phéomélanine).

Mélanine brillante

Par la suite, les chercheurs ont examiné les réactions biochimiques dans les mélanocytes après l’exposition au soleil et comment cette réaction peut avoir lieu dans le noir : ils purent montrer que les deux rayons UVA et UVB activent clairement des enzymes qui produisent des composés réactifs de l’oxygène et de l’azote. À la fin de la chaîne de réaction, on trouve une mélanine supérieure énergétiquement. La mélanine ainsi chargée au soleil brille alors formellement dans le noir et assure, même sans lumière UV, que de l’énergie est transférée à l’ADN et que les dangereux CPD sont formés.

Procédé connu – sauf chez les mammifères

Ainsi, si ce processus peut sembler complexe au début, il est répandu dans la nature. Les lucioles et autres organismes bioluminescents comme les méduses l’utilisent depuis longtemps ; il n’y a que chez les Mammifères qu’il n’avait pas encore été observé. Les expériences sur les mélanocytes humains en culture ont cependant montré que les cellules humaines aussi construisent des CPD retardés, indépendamment du fait qu’ils aient été irradiés par des rayons UVA ou UVB.

Ainsi, la mélanine a un autre visage, parce que jusqu’à présent la substance était effectivement connue pour protéger contre les rayons nocifs du soleil. Or, il semble que la mélanine même soit la raison de dommages à l’ADN, et donc une cause possible pour le développement d’un mélanome.

Nouvelle formule pour les lotions après-solaires

Mais il y a quand-même de bonnes nouvelles : le processus qui conduit aux CPD sans exposition est si lent que des mesures préventives sont envisageables. Les scientifiques pensent à un écran solaire spécial qui empêcherait le transfert d’énergie à la mélanine, une mesure qui peut potentiellement sauver des vies. En effet, un Américain sur cinq souffrira au cours de sa vie d’un mélanome.

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1 commentaire:

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Dommage que cet article ne soit pas écrit par un scientifique, dela aurait été plus compréhensible!

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