Reposes-toi spermatozoïde !

29. mai 2009
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La pilule pour l'homme intéresse des chercheurs depuis des décennies, de même que la presse féminine à chaque annonce d'un éventuel succès. Qu'elle soit un rêve pour la femme ou bien un cauchemar pour l'homme, la pilule contraceptive connaît un nouveau souffle avec 2 annonces provenant des États-Unis.

La première annonce venait de chercheurs américains et iraniens. Ils firent une découverte qui pourrait être à l’origine de la stérilité masculine, à savoir une mutation génétique. Il s’agit ici du gène Catsper1 qui est responsable dans le sperme du mouvement pendant la fertilisation. Quand le gène est défectueux ou manque, un ovule peut ne pas être fécondé. Des études sur des souris ont déjà pu le démontrer. Le coupable demeure jusqu’à présent inconnu. Une équipe autour du Dr. Michael Hildebrand, PhD, otolaryngologue à l’université d’Iowa, se mit en recherche. Une étude sur des familles iraniennes lui permit de récolter des informations génétiques concernant une multitude de maladies héréditaires comme la surdité, l’insuffisance rénale ou encore la stérilité. Le hasard fit bien les choses puisque parmi les volontaires se trouvaient 2 familles comprenant chacune des hommes fertiles et infertiles suite à un défaut génétique. En comparant leurs ADNs, on put identifier deux mutations probablement responsables de l’altération, voire du manque de la protéine Catsper1. Aucune de ces mutations ne furent trouvées dans le groupe de contrôle comprenant 576 iraniens. Le résultat de l’étude a été publié dans le American Journal of Human Genetics.

Encore du chemin à parcourir

Le co-leader Hildebrand nous dit que si d’autres études confirment les résultats précédents, on pourrait empêcher la fécondation d’un ovule avec un médicament qui lie à la protéine Catsper1. Mais le chemin est encore long pour y arriver. Il n’existe pas encore d’expérimentations animales pour lesquelles la capacité fonctionnelle de la pilule a pu être démontrée. « Il est clair que ces tests prendront des années », confirme Hildebrand. Mais il part du principe qu’il est possible de développer un médicament sûr et sans effet secondaire, avant tout parce que la protéine n’est présente que dans les cellules du sperme. Il ne voit également aucun problème de réversibilité. Il faut procéder autrement afin de remédier à la stérilité masculine. « Nous partons ici d’une sorte de thérapie génétique », nous dit le chercheur. Le gène défectueux est ici remplacé par une protéine normale Catsper1. Le procédé a déjà été testé lors d’expérimentations animales. Mais il faudrait plus de sécurité pour pouvoir le transposer à l’homme.

Le processus de maturation des spermes analysé au niveau moléculaire

La deuxième annonce fut faite peu de temps après par des chercheurs du Rensselaer Polytechnic Institute à Troy. Ils travaillent également actuellement sur une nouvelle méthode de contraception masculine. Ils partent du fait que, pendant leur parcours du vagin à l’ovule, les spermatozoïdes subissent un processus de maturation qui, seulement à la fin, les rend aptes à féconder. Si on arrivait à abroger ce processus, c’est-à-dire la capacitation, on aurait trouvé une solution de contraception pour l’homme, nous dit Mark Platt PhD, chimiste et spécialiste dans le domaine de la spectrométrie de masse. À l’aide du marquage isotopique, de la spectrométrie de masse en tandem et de la chromatographie, Platt & Co analysèrent sur des spermes de souris les processus biochimiques ayant lieu lors de la maturation et les protéines concernées. Ils constatèrent ainsi que la réaction des molécules de phosphate dans les spermes joue un rôle important. Platt souligne qu’ils purent, avec leur technologie, non seulement identifier les molécules de phosphate mais aussi la quantité de phosphorylation d’acides aminés. La phosphorylation représente la régulation la plus importante des processus biologiques dans une cellule.

Un interrupteur pour le processus de capacitation

« Il est important que nous puissions, avec notre méthode, identifier des terrains spéciaux de la phosphorylation dans les protéines du sperme qui fonctionnent comme un interrupteur et éteint ou met en marche le processus de capacitation », explique Platt à DocCheck. « Avec ces informations, nous sommes en mesure de pratiquer la médecine moléculaire. » Cela signifie que l’on ne veut pas inactiver une protéine toute entière mais seulement contrôler des processus partiels de la phosphorylation avec l’avantage d’éviter des effets secondaires indésirables. Platt est persuadé que la première mise en pratique de ses résultats de recherche sera dans la contraception. Les chercheurs sont en ce moment en train de répéter leurs analyses avec une méthode encore plus ciblée : l’Electron Transfer Dissociation (ETD). Leur but est de localiser des centaines, si ce n’est des milliers, de sites de phosphorylation durant le processus de maturation des spermes. Les résultats actuels sont récemment parus dans le Journal of Proteome Research.

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Dr Guy Thysen
Dr Guy Thysen

C’est pour le tiers-monde ?

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