Le siège du plaisir

31. juillet 2009
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Tout le monde en a entendu parler – mais personne ne sait exactement où il se trouve : il s'agit du point G. Dans son nouveau livre, le neurogénéticien Sharon Moalem dévoile qu'il se trouve là où la prostate féminine est stimulée de manière optimale.

La « prostate féminine » – ce terme est un peu lourd au premier abord. En médecine, on associe plutôt cet organe aux haltes-pipi prolongées des hommes d’un certain âge. Le tissu connu aussi sous le nom de « glandes para-urétrales » se situe chez les femmes dans le corps caverneux sous-muqueux du vestibule du vagin à proximité de l’orifice du vagin. Les glandes disposent la plupart du temps de plusieurs conduits excréteurs qui débouchent au bout de l’urètre et sur la muqueuse autour de l’ouverture de l’urètre. Le neurogénéticien Sharon Moalem a maintenant identifié ce coin de l’appareil urinaire peu apparent comme moteur du plaisir féminin.

Selon le pathologue slovaque Milan Zaviacic, la prostate féminine a une qualité extraordinaire par rapport à son pendant masculin : l’organe varie d’une personne à l’autre en taille et en extension; chez beaucoup de femmes, la quantité de tissu prostatique est si faible que ce « moteur du plaisir » est quasiment inexistant.

Heureuses sont au contraire les femmes qui ont assez de tissu prostatique. Moalem a positionné chez elles la prostate sur la face antérieure du vagin, ce qui permet un accès optimal au point G.

Les experts en sexualité discutent depuis des années l’existence du point G mais l’urologue autrichien Florian Wimpissinger publia en 2007 un article sensationnel. Dans le Journal of Sexual Medicine, cette personne travaillant au Rudolphstiftung Hospital à Vienne décrivit le cas de 2 patientes qui se plaignaient d’éjaculations massives pendant l’orgasme. L’Autrichien était effectivement parvenu à analyser l’éjaculat obtenu par masturbation lors d’un essai en laboratoire. À la surprise des médecins, le liquide présentait une forte teneur en PSA. Par ailleurs, on put identifier les glandes prostatiques par ultrason. Wimpissinger et ses collègues présentèrent récemment une nouvelle publication dans laquelle 7 autres cas d’éjaculations féminines dues à la prostate étaient décrits à l’aide de clichés IRM.

L’organe du plaisir, un tueur de bactéries ?

Entre temps les spécialistes ne se posent plus la question de savoir si mais plutôt pourquoi les femmes disposent de cet organe. Car contrairement à ce qui se passe chez l’homme, la prostate féminine ne joue aucun rôle en matière de reproduction, d’autant plus que le facteur du plaisir peut être finalement atteint sans point G. Le neurogénéticien Moalem suppose que la présence du tissu stimulant l’orgasme s’explique par le cours de l’Évolution et soit d’origine purement naturelle. Parce que des infections apparaissent souvent dans les voies urinaires chez les femmes, l’écoulement sous forme d’explosion pendant l’orgasme serait un moyen efficace d’expédier accessoirement et subrepticement les désagréables bacilles hors de l’urètre, écrit Moalem. Pour pouvoir étayer cette thèse, le chercheur veut procéder, à New York, à une analyse d’échantillons d’éjaculats sur leur teneur en substances anti-germinatives comme le zinc. Si on arrivait à le prouver, ce serait une sensation car « le phénomène fascinant et délaissé depuis longtemps serait alors plus qu’une curiosité sexuelle », pense Moalem.

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4 commentaires:

docteur samba niang
docteur samba niang

même si le plaisir ne participe pas à la survie de l’espece ; c’est un des piliers fondamental pour cohésion du couple.
c’est une découverte grandiose pour la science
salut

#4 |
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dr ghislaine calabet
dr ghislaine calabet

le plaisir féminins’apprend,se trouve…..avec le temps et la patience….il sert à la vie à deux?

#3 |
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dr ghislaine calabet
dr ghislaine calabet

ni à la survie de l’espèce!

#2 |
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dr ghislaine calabet
dr ghislaine calabet

le plaisir féminin n’est pas nécessaire à la reproduction de l’espèce

#1 |
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