Acide folique : la vitamine de Janus

31. juillet 2009
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La vitamine B9, connue sous le nom d'acide folique, peut être facilement absorbée sous forme de pilule ou de complément alimentaire en cas d'alimentation pauvre en légumes. Cette consommation permet de réduire efficacement les malformations des nouveaux-nés. De grandes études le démontrent. Elle favorise cependant aussi la multiplication des cellules cancéreuses.

On aurait pu penser qu’il allait être un vrai succès. Tout comme le fluor du dentifrice sauve notre dentition, l’acide folique contenu dans la farine, les pâtes et le sel est devenu l’ange gardien des femmes enceintes. Dans une société qui préfère de plus en plus le piment en boîte et les sandwichs des vendeurs du coin à une cuisine élaborée avec des légumes, la vitamine B contenue dans les aliments prévient de malformations chez les nouveaux-nés. Après une expérience d’environ 10 ans concernant l’enrichissement d’aliments au Canada, le New England Journal of Medicine 2007 annonçait un recul des défauts du tube neural de moitié environ, une enquête hongroise donna même 90 % pour les pilules vitaminées. Ces données ont jusqu’à présent encouragé 67 États à mélanger de l’acide folique aux aliments de base.

Mais de nouvelles informations ternirent d’un coup le paysage. Il y a quelques années, des épidémiologistes ont remarqué que dans les pays ayant introduit un enrichissement des aliments, le taux de cancers augmentait aussi. Dans les années 80, c’est le contraire qui semblait valoir. Les scientifiques étaient persuadés que la « vitamine magique » prévenait des maladies cancéreuses.

Les légumes à feuilles comme l’épinard, la mâche ou bien encore le brocoli contiennent de grandes quantités de vitamines. Les spécialistes en nutrition allemands recommandent 0,4 milligrammes par jour, et cette quantité peut doubler chez les femmes enceintes, notamment dans les premières semaines de grossesse. Mais celui qui regarde le bilan alimentaire de l’Allemand moyen constate moins de 300 microgrammes. C’est trop peu pour les premières 4 semaines de grossesse. Conséquence : un risque élevé de spina bifida, d’anencéphalie ou de malformation cardiaque chez le bébé.

Un nombre croissant de cancers fait ombre à la prévention

Un article de Bernard Cole et de ses collaborateurs du Polyp Prevention Study Group, qui parut en juin 2007 dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), indiquait que la prise d’un milligramme d’acide folique par jour augmenterait d’environ 10 % le risque d’un adénome colorectal, ceci pour une lésion de 30 à 60 % selon le suivi. Le résultat effraya tous ceux qui pensaient jusqu’à présent que la prise de vitamines en complément alimentaire ne pouvait en aucun cas nuire à la santé.

Mais le pire allait encore arriver : au printemps de cette année, Jane Figueiredo de l’université de Los Angeles publia l’analyse d’une étude antérieure au sujet des compléments d’acides foliques. « Relative Risk = 1,63 », tel est le pronostic d’un cancer de la prostate d’un homme qui a pris des compléments d’acides foliques. « J’ai effectué des recherches dans les 20 dernières années et publié le fait que trop peu de folates augmente le risque de certains types de cancer », explique Joel Mason, professeur à la Tufts University à Boston. « Il est cependant maintenant manifeste que cette interdépendance n’est pas aussi simple que ce que l’on pensait », car au Chili aussi, le taux des cancers du colon augmente depuis que l’on enrichit l’alimentation en acides foliques.

La clé dans les cellules cancéreuses

On sait depuis les années 40 que la prise forte d’acides foliques augmente le risque de leucémie chez les enfants. Le rapport d’un groupe de travail de Fribourg de l’Anticancer Research montre que les récepteurs du folate sont fortement expérimentés dans le cas de cellules d’un cancer de l’ovaire. L’acide folique peut même finalement servir de clé aux principes actifs pour les infiltrer à l’intérieur des cellules cancéreuses. Les scientifiques de Fribourg y travaillent aussi. La vitamine joue dans le corps un rôle essentiel lors de la synthèse de l’ADN et les réactions de méthylation de l’ADN et des acides aminés. En cas de manque de folates, le métabolisme incorpore de l’uracile au lieu de la thymine dans l’ADN. Le folate naturel absorbé dans l’alimentation existe dans un mélange de formes de démono- et polyglutamate alors que le produit synthétique possède seulement un seul reste d’acide glutaminique. Les volontaires qui consomment beaucoup de folates ont même un risque moindre d’avoir un jour un cancer du colon et de la prostate dans les expérimentations. Il est possible que les monoglutamates non métabolisés circulent dans le sang et provoquent des dommages, spéculent Joel Mason et John Mathers de l’université de Newcastle.

Malgré toutes les inquiétudes concernant les risques de cancer, on ne doit pas oublier les avantages d’une portion supplémentaire de folates chez les femmes enceintes. Une grande étude put récemment confirmer que le nombre des malformations cardiaques congénitales au Canada décroit de manière significative depuis l’enrichissement – environ 6 % chaque année. Même les campagnes intensives contre le manque de folates atteignaient seulement un tiers de toutes les femmes désirant enfanter. Comme DocCheck l’apprit lors d’une conversation avec Anke Weißenborn du Bundesinstitut für Risikobewertung (Institut Fédéral pour l’Evaluation des Risques), la différence causale entre le taux de cancer et l’enrichissement en acides foliques n’est encore finalement pas éclaircie. Un enrichissement rigoureux d’aliments sans contrôle de quantité en folates synthétiques atterrissant finalement sur la table du consommateur serait actuellement incertain.

L’acide folique semble prendre le même chemin que le bêta-carotène car deux études montrèrent là-bas qu’une thérapie fortement dosée en provitamine A ne conduit pas à moins de cas de cancers mais au contraire à une augmentation du taux. Du côté du groupe de travail acide folique, on découvrit des informations concernant la contenance en acides foliques de beaucoup d’aliments. Celui qui aimerait échapper au danger qui menace lors de la prise de plus d’un milligramme supplémentaire d’acide folique devrait consommer plus d’épinards, de fenouil ou de petits pois au lieu de pilules vitaminées.

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1 commentaire:

quelle dose est préconisée en association au ledertrexate?

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