Le gros mensonge des régimes

31. août 2009
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Régimes pauvres en graisses, régimes pauvres en glucides… aucun ne peut garantir la perte de poids. Peu importe que les calories consommées proviennent de lipides, glucides ou protéines : seule leur quantité compte. C'est le résultat auquel est parvenue une étude américaine sur l'influence de la composition nutritionnelle sur le poids.

Crise ? Elle n’existe pas pour les régimes qui connaissent un boom économique sans relâche depuis des décennies. La liste des moyens pour atteindre le poids souhaité se rallonge toujours plus : les uns bannissent les lipides, les autres recommandent de consommer le plus possible de protéines et d’éviter les glucides. Le succès de ces innombrables méthodes n’est cependant pas uniquement mis en doute par l’effet yoyo se caractérisant par une aiguille de la balance penchant implacablement vers la droite.

Une consolation pour tous les apôtres des régimes : la composition des aliments consommés quotidiennement n’a aucune influence sur la réduction de poids. Peu importe le fait que les calories proviennent de lipides, protéines ou glucides. Ce qui compte sur la balance, c’est la quantité de calories assimilées. Si cette quantité est moins importante que ce dont le corps a besoin, les kilos fondent. Dans le cas contraire, ils continuent de s’amasser obstinément. Tout dépend donc du bilan énergétique. Cette thèse défendue déjà plusieurs fois n’a jamais été étayée de manière aussi évidente qu’aujourd’hui. Les experts, également outre-Atlantique, ont évalué la qualité des données actuelles en provenance des Etats-Unis et la considèrent comme étant très bonne et plus fiable que celles d’études précédentes. Il subsistait effectivement jusqu’à présent un manque d’évidence sur l’efficacité des différents régimes – les résultats des études scientifiques étaient hétérogènes et souvent contradictoires car le nombre des participants n’était pas suffisamment important et les études n’étaient pas réalisées sur une période suffisamment longue. L’étude américaine publiée récemment vient de combler ce déficit.

Il vaut mieux manger moins

La question centrale de cette étude était de savoir si le fait de privilégier les lipides, protéines ou glucides peut avoir un effet positif sur la perte de poids – et si les obèses devaient bénéficier d’une composition nutritionnelle spécifique. 811 personnes obèses furent soumises à cet effet à 4 régimes différents et les chercheurs observèrent leur perte de poids sur 2 ans. Les participants à l’étude étaient âgés de 30 à 70 ans et avaient un indice de masse corporelle (IMC) situé entre 25 et 40. 40 % des candidats étaient des hommes; du jamais vu dans une étude sur les régimes. Les diabètes de type 1 et de type 2, les maladies cardiovasculaires et la prise de médicaments influençant le poids étaient notamment exclus de l’étude.

Les régimes étaient composés des éléments suivants : 20 % de lipides, 15 % de protéines et 65 % de glucides d’une part et 20 % de lipides, 25 % de protéines et 55 % de glucides d’autre part. Deux groupes de volontaires consommèrent cette nourriture pauvre en graisses mais riche en glucides pendant toute la durée de l’étude. Les 2 autres groupes eurent en comparaison une nourriture riche en graisses et pauvre en glucides avec 40 % de lipides, 15 % de protéines et 45 % de glucides ou bien 40 % de lipides, 25 % de protéines et 35 % de glucides. Chacun de ces 4 régimes fournissait 750 kilocalories de moins que ce qui avait été consommé habituellement.

Le premier résultat de l’étude fut le changement de poids après les 2 années. Le deuxième paramètre cible était le changement de tour de taille; on sait entre-temps que la surcharge abdominale est un facteur de risque indépendant.

Les candidats ont été pesés la première fois après 6 mois : les 4 groupes avaient perdu en moyenne 6 kilos. Cette perte de poids était à peu près la même chez tous les candidats et donc par conséquent indépendante de chaque régime. Les scientifiques américains constatèrent la même chose après la fin de leur étude. La perte de poids des participants restait comparable, même avec 4 compositions nutritionnelles différentes. Qu’il y ait eu 15 ou 25 % de protéines – la perte de poids moyenne après les 2 ans était de 3,3 kilos. Il n’y eut également pas de différence entre les 2 groupes, l’un avec l’alimentation pauvre en graisses avec 20 % de lipides et l’autre avec l’alimentation riche en graisses avec 40 %. Même chose pour les glucides : aussi bien le groupe avec 35 % de glucides que le groupe avec 65 % de glucides avait perdu 3,2 kilos à la fin de l’étude. Pas de grandes différences non plus au niveau du tour de taille.

Ces résultats corroborent la thèse que la composition spécifique d’une alimentation réduite en calories n’influence pas la perte de poids. Ce qui est cliniquement significatif, c’est finalement la quantité de calories consommées. En d’autres mots et démontré maintenant scientifiquement : si la consommation d’énergie est plus importante que l’absorption d’énergie, on perd du poids. Et à l’inverse, on prend du poids. Ne vaut-il donc pas mieux manger moins pour obtenir la silhouette de nos rêves ?

Pas de carte blanche pour festoyer

Les scientifiques américains ne veulent en aucun cas que leurs résultats soient interprétés comme une carte blanche pour manger de manière incontrôlée. Car même si la composition des repas n’a pas d’effet sur la balance – chacun devrait se soucier pour sa santé du pourcentage de lipides, protéines et glucides dans son assiette. Le taux de mauvais cholestérol baissait ainsi de 5 % de plus chez les participants à l’étude soumis au régime pauvre en graisses et riche en glucides par rapport à ceux soumis au régime riche en graisses et pauvre en glucides avec seulement 1 %. Le bon cholestérol augmentait à l’inverse de 9 % avec une alimentation pauvre en glucides alors qu’il augmentait de 6 % avec une alimentation riche en glucides. Le taux d’insuline dans le sérum baissait aussi de 6 % avec l’alimentation plus riche en glucides contre 12 % dans les autres groupes.

N’oublions pas non plus ce que l’étude américaine démontra encore : l’effet yoyo tant redouté trouve la perte de poids, le « pauvre en graisses » et le « pauvre en glucides » ou l’inverse monotone. Car sans tenir compte des conseils nutritionnels réguliers, les participants reprirent du poids dans le courant de l’étude. Dans tous les groupes, le poids baissait de 6 kilos après 6 mois. Mais deux revinrent à leur poids initial à la fin de l’étude. On a pas encore trouvé de régime contre ce dilemme…

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4 commentaires:

Dr andré Rauis
Dr andré Rauis

Gros mensonge ?? Qelle est cette étude ? Que comporte-t-elle de neuf et de rigoureux ?

Quant à une perte de poids de 6 Kg en 2 ans c’est ridiculement faible! Les sujets ont-ils réellement observé le régime ? On peut en douter.. Que vaut alors cette étude ?

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madame Catherine Akari
madame Catherine Akari

oui oui moi aussi je suis intéressé par votre mémoire anonymous

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Mr Alain PICARD
Mr Alain PICARD

Merci au commentateur anonyme de nous avoir fait part du contenu de son mémoire universitaire … qui n’intéresse personne selon ses dires! Est-il possible d’avoir l’adresse où se le procurer? Voici enfin une personne (moi) que ça intéresse. Un conseil: Pour se faire connaitre, c’est mieux si on n’est pas anonyme…!

#2 |
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difficile à croire au vu des resultats obtenu par un confrère sur ma fille….

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