L’hyperglycémie de stress : le tueur sucré

31. août 2009
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Un fort taux de glycémie, notamment chez les patients aux soins intensifs, accentue le danger de mort. L'hyperglycémie de stress a plus de morts sur la conscience que le diabète lui-même. Réduire immédiatement le taux avec de l'insuline semble être un mauvais moyen.

Le médecin de famille ne lui avait jamais parlé du danger que représente le diabète. Son taux de glycémie avait toujours été normal lors des contrôles de routine précédents. Et d’un coup, à la clinique juste avant l’opération, le glucose dans le sang du patient dépassa les 200 mg/dl. Beaucoup trop pour opérer sans danger.

Fréquent et dangereux : l’hyperglycémie de stress

Des situations comme celles-ci ne sont pas rares dans les cliniques allemandes. Le diabétique qui arrive en salle d’opération est la plupart du temps bien réglé. Son risque de complications est modéré. Le patient qui soucie les médecins est par contre celui qui a une « hyperglycémie de stress« . Il n’est pas au courant des taux de glycémie élevés dans son quotidien et est surpris quand il apprend les résultats de laboratoire aux soins intensifs. De tels patients vivent beaucoup plus dangereusement que des diabétiques bien suivis, car les fluctuations soudaines et fortes causent plus de maladies concomitantes et font aussi augmenter le taux de mortalité.

Aux soins intensifs, plus de 90 % des patients ont souvent plus de 110 mg/dl de glucose dans le sang. Même si on retire les diabétiques connus, on a encore plus de la moitié des patients qui sortent des taux normaux de glycémie. Les patients atteints d’hyperglycémie de stress se distinguent des diabétiques par la baisse spontanée de leur taux après leur retour à la « vie normale ». Cela ne vaut cependant pas pour tous les concernés, car environ un tiers des diabétiques ne sait pas qu’il est malade. C’est pourquoi le chiffre d’une petite étude de New Mexico aux Etats-Unis ne surprend personne : il pronostique que 6 patients hyperglycémiques sur 10 ont un diabète en l’espace d’une année.

Une combinaison de signaux compliquée

Il n’y a pas si longtemps, les médecins considéraient la production de sucre élevée au cours de situations stressantes comme normale. Notamment les patients avec des maladies mortelles ont souvent des problèmes à réguler leur taux de sucre dans le sang et ne sont pas aussitôt considérés comme diabétique de ce fait. Malgré plusieurs grandes études à ce sujet, on n’a pas encore éclairci le fait de savoir si le stress en général et en cas de maladie vaut comme cause d’hyperglycémie ou si la maladie entrave le réglage d’une commande générale d’insuline.

Le diabétique typique de type 2 est à la fois confronté à une insulino-résistance et à une déficience lors de la sécrétion des cellules bêta. En cas d’hyperglycémie de stress, tout un arsenal de partenaires du domaine des hormones et messagers est associé. Les catécholamines, le cortisol, l’hormone de croissance et pas mal de cytokines jouent là un rôle important. Leur jeu d’équipe conduit à une production hépatique de glucose excessive et à une insulino-résistance – souvent que temporaire – qui ne peut pas empêcher une surproduction. Un tout nouveau travail dans le Journal of Medical Genetics indique aussi une contribution héréditaire chez les non-diabétiques avec une hyperglycémie relative à une septicémie. Une mutation dans la région promotrice de la protéine mitochondriale UCP2 est étroitement liée au taux de sucre élevé.

Celui qui inonde rapidement son système vasculaire avec du glucose vit dangereusement. Comme l’expliquent Kathleen Dungan de Columbus, Ohio, et 2 collègues dans un rapport pour le « Lancet« , ils trouvèrent, lors d’une étude rétrospective avec environ 1 900 patients, une mortalité 18 fois plus élevée chez les volontaires avec une hyperglycémie de stress par rapport au groupe de comparaison avec un taux de sucre normal. Le risque augmenta seulement de 3 fois plus chez les patients diabétiques. Une méta-analyse chez des patients après une attaque cérébrale de l’année 2001 parvint aussi à des résultats semblables : par rapport aux diabétiques, les patients avec une hyperglycémie « soudaine » avaient des taux de mortalité environ 3 fois plus élevés.

Les risques d’hyperglycémie de stress ne se laissent pas seulement déterminer par le taux de mortalité. Une nouvelle étude d’Amsterdam relate un taux de thromboses veineuses remarquablement plus élevé dans le cas d’un taux de sucre dans le sang élevé sans diabète. Les expérimentations de laboratoire montrèrent que le sucre n’est pas seulement associé à un caillot dans la veine mais participe aussi à sa formation.

Risqué : une insulino-thérapie intensifiée

On a ainsi établi que, notamment dans le cas de telles pointes inattendues, une régulation du sucre dans le sang prévient le danger. Déjà en 2001, Greet van den Berghe de Louvain en Belgique communiqua dans le New England Journal l’utilité d’une insulino-thérapie intensifiée qui abaisse considérablement la morbidité et la mortalité. Avec du recul sur l’étude d’autrefois, cela vaut avant tout pour les patients à l’hôpital souffrants d’une maladie longue à soigner. Lors de courts séjours à l’hôpital, une insulino-thérapie conservatrice est au contraire mieux qu’une thérapie trop stricte. Dans une autre publication de la revue médicale connue, van den Berghe montre que des valeurs cibles de 190-215 mg/dl contribuent largement plus à une baisse de la mortalité que de chercher à atteindre des « valeurs normales » de 80-110 mg. Dans l’étude allemande VISEP sur 18 centres dans lesquels environ 500 patients atteints de septicémie avec insuline ont été recrutés, les responsables abandonnèrent à cause d’hypoglycémies fréquentes. L’étude « NICE-SUGAR » avec plus de 6 000 patients aux soins intensifs confirma finalement au printemps de cette année les avantages d’une insulino-thérapie qui ne se cramponne pas trop strictement à des valeurs faibles.

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1 commentaire:

infirmière DE LUCIENNE AGOSTINI
infirmière DE LUCIENNE AGOSTINI

merci pour l’article , je suis ss insuline et fais assez souvent des hyperclycémies de stress .si j’ai bien saisi je n’augmente pas obligatoirement mon insuline .

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