La carence en vitamine B12 : ni viande ni poisson

5. février 2015
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Le fait que beaucoup de personnes âgées souffrent de carence en vitamine B12 est connu. Mais même chez les jeunes, la carence en vitamine doit être envisagée. Les végétaliens et végétariens sont particulièrement à risque. En outre, un test sanguin sur 3 ou 4 donne un résultat normal faux.

Chez les patients atteints de troubles neurologiques inexpliqués, une carence en vitamine B12 devrait être considérée comme une cause. Parce que les symptômes neurologiques typiques – tels que paresthésie, pâleur, fatigue, difficultés de concentration, troubles de la mémoire et dépression – ne sont pas toujours accompagnés d’une anémie mégaloblastique, signe classique de carence en vitamine B12. Et c’est seulement dans les derniers stades de la carence en vitamine B12 que le tableau clinique complet de la myélose funiculaire est révélé.

La vitamine B12 (cobalamine) est essentielle pour la formation du sang, la division cellulaire et la fonction du système nerveux. La Société Allemande de Nutrition recommande, par exemple, un apport de 3 μg par jour, mais d’autres pays ont des recommandations bien inférieures. Toutefois, les personnes âgées et les femmes enceintes ont un besoin plus important en vitamine B12. Les produits avec la teneur en vitamine B12 la plus importante sont les produits d’origine animale, notamment la viande, le poisson, les produits laitiers et les œufs.

90 pour cent des végétaliens ont une carence en vitamine B12

Le stockage dans le corps de la vitamine B12 – jusqu’à 2 mg dans le foie et 2 mg dans d’autres organes – correspond aux réserves nécessaires lors d’une abstinence complète pendant environ trois ans. Néanmoins, beaucoup plus de gens souffrent d’un déficit en vitamine B12 qu’on ne le pensait. Dans une étude publiée en Novembre 2014, Flavia Fayet-Moore et ses collègues ont étudié l’approvisionnement en vitamine B12 de 308 étudiants australiens en bonne santé âgés de 18 à 35 ans. L’étude montre que 11,3% des femmes étudiées avait une concentration anormalement basse de vitamine B12 de moins de 120 pmol / l dans le sang. Si l’on place une limite de 185 pmol / l, le nombre de femmes touchées augmente à 42,1%. De plus, 4,7% des femmes ont montré une augmentation de valeur supérieure à 0,34 mol / l pour l’acide méthylmalonique, un indicateur fonctionnel de l’alimentation en vitamine B12. La raison en est probablement le changement des habitudes alimentaires, de plus en plus de gens suivent un régime ou éliminent entièrement la viande ou les produits d’origine animale.

Un exemple en Allemagne : « L’apport quotidien en vitamine B12 est ici en moyenne d’environ 5 microgrammes », explique le professeur Claus Leitzmann, nutritionniste émérite à l’Université de Giessen. Néanmoins, de nombreux groupes de personnes sont touchées par la carence en vitamine B12. Les végétaliens sont particulièrement à risque, « au cours d’une étude, nous avons trouvé un déficit en vitamine B12 chez 70 pour cent des végétariens et 90 pour cent des végétaliens », explique le professeur Rima Obeid de l’hôpital universitaire de Sarrebruck. Les produits végétaux ne contiennent que dans des cas exceptionnels de la vitamine B12; la plupart des produits végétaliens ne conviennent donc pas pour assurer un apport suffisant en vitamine B12. En conséquence, les ovo-lacto-végétariens sont moins susceptibles de souffrir d’une carence en vitamine B12 s’ils mangent des œufs et des produits laitiers régulièrement.


Malade malgré un apport adéquat en vitamine B12

Une carence en vitamine B12 peut également être causée par certaines maladies, par exemple un manque de facteur intrinsèque crucial pour l’absorption de la vitamine B12, en cas de gastrite chronique provoquée (déclenchée par la formation d’auto-anticorps contre les cellules pariétales ou le facteur intrinsèque) ou de résection gastrique. En outre, l’iléon terminal peut être altéré dans sa fonction, par exemple par une résection de l’intestin ou une maladie inflammatoire telle que la maladie de Crohn.

Mais les médicaments peuvent aussi avoir un effet négatif sur l’absorption de vitamine B12 : deux études indépendantes publiées en Juin indiquent que l’utilisation de la metformine chez les patients souffrant de diabète de type 2 ou du syndrome des ovaires polykystiques conduit à une réduction statistiquement significative de la vitamine B12 dans la circulation sanguine, et que le degré de réduction dépend de la dose de metformine administrée. En outre, les médicaments pour l’inhibition de la sécrétion d’acide gastrique, tels que les inhibiteurs de la pompe à protons et les antagonistes H2 provoquent un déficit en vitamine B12, comme Lam et ses collègues le montrèrent dans une étude réalisée en 2013.

Controverse sur un test correct pour la vitamine B12

La vitamine B12 dans le sang se trouve sous deux formes : liée à la transcobalamine (TC) ou liée à l’haptocorrine (holo-haptocorrine). La forme liée à la TC (holotranscobalamine, holo-TC) est la forme métaboliquement active de la vitamine B12. Cette forme ne représente qu’environ 20% de la vitamine B12 circulante, les 80% restants sont de l’holo-haptocorrine. Bien qu’il existe des tests permettant de distinguer entre ces deux formes, seul le total des taux de vitamine B12 est souvent déterminé pour des raisons de coût ; une valeur de 150 à 800 pmol / l est considérée comme normale.

Cependant, la précision de ces tests est controversée : déjà dans une étude publiée en 2012, les auteurs Carmel et Agrawal constatèrent que les immunoessais testés (competitive-binding luminescence-based assays, CBLAs) ont donné un résultat faux négatif dans 22 à 35% des cas. Dans ces cas, le principal problème semble être la présence d’anticorps anti-facteur intrinsèque dans le sérum, qui interfèrent avec l’anticorps d’essai. Une étude financée par Roche Diagnostics ne put toutefois trouver aucune preuve que le système CBLA de Roche (Elecsys) conduit à des résultats faussement négatifs.

Compte tenu de ces résultats, les experts conviennent que seule une détermination de la valeur d’holo-TC est vraiment significative : « Seul l’holo-TC permet de déterminer quelle quantité de vitamine B12 utilisable est disponible pour les cellules de l’organisme », explique le professeur Obeid. Elle explique : « En comparaison des coût de suivi médical, les 50 euros pour la détermination de la holo-TC sont négligeables ».

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