Syndrome du côlon irritable : quand le côlon s’allonge sur le divan

20. janvier 2015
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Dans le monde, environ 5 à 20 pour cent des personnes souffrent du syndrome du côlon irritable. Il n’y a pas d’explication claire, mais il est connu que le mental affecte les intestins. Les gastroentérologues ont montré que la psychothérapie et les antidépresseurs réduisent les symptômes.

Jusqu’ici, il n’y a aucune explication claire pour le syndrome du côlon irritable. Alors que certains patients soient plus susceptibles de souffrir l’IBS de type « D » (diarrhée), d’autres souffrent d’IBS de type « C » (constipation). Pour beaucoup, des crampes intestinales sont prédominantes. Les concernés essaient de se maintenir avec des antispasmodiques (Mebeverine, scopolamine) ou du lopéramide (diarrhée).
Il n’est aujourd’hui pas contesté que les processus mentaux ont une grande influence sur le syndrome du côlon irritable. Beaucoup de patients ont signalé, par exemple, qu’ils sont atteints de diarrhée avant des dates importantes. Plusieurs études ont montré que les psychothérapies ont un effet positif sur le syndrome du côlon irritable. Le gastro-entérologue Alexander C. Ford et ses collègues (Université de l’Hôpital St. James, Leeds, Royaume-Uni) cherchèrent à obtenir une image précise et conduisirent une revue systématique et une méta-analyse sur le thème « les antidépresseurs, la psychothérapie, et le syndrome du côlon irritable ». Ils n’ont examiné que des essais contrôlés randomisés. Dans toutes les études, les patients étaient âgés de plus de 16 ans. Le diagnostic a été basé soit sur le jugement du médecin soit sur le fait que les patients répondaient aux critères diagnostiques de Rome I, II ou III.

Seule une « réelle » psychothérapie aide

Dans les études de psychothérapie, les participants à l’étude reçurent soit une psychothérapie soit un traitement standard par leur médecin. Les patients sur la liste d’attente ont servi de participants contrôle. Pour les essais de médicaments, les patients atteints prirent soit des antidépresseurs (antidépresseurs tricycliques (ATC), inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS)) soit un traitement placebo.
Dans l’ensemble, les auteurs ont pu évaluer 46 études. Il a été constaté que seul la « véritable » psychothérapie ou l’hypnothérapie étaient efficaces. Les psychothérapies via Internet, les techniques de relaxation et les programmes de gestion du stress n’ont abouti à aucune amélioration significative. La psychothérapie a abouti pour 77 de 138 patients (56%) à une nette amélioration des symptômes. En comparaison, le groupe de traitement standard n’a enregistré une amélioration que chez 40 des 135 patients (29,6%). La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) était efficace chez 58% des patients (204 de 349 patients), alors que seulement 36% (95 patients sur 261) dans le groupe témoin étaient asymptomatiques. La thérapie par hypnose était efficace chez 45% des patients (64 de 141 patients), alors que seulement 23% du groupe de contrôle (31 de 137 patients) a rapporté une amélioration des symptômes.

Traitement avec des antidépresseurs

Lors du traitement avec des antidépresseurs, les symptômes ont diminué en général : 56% des patients en ont bénéficié (332 des 592 patients). Dans le groupe placebo, ils n’étaient que 35% des patients (178 sur 508 patients). Les antidépresseurs étaient également efficaces contre les symptômes douloureux : la douleur a disparu chez 52% des patients (92 sur 182), alors que dans le groupe placebo, seulement 46 des 169 patients (27%) estimaient avoir été soulagés. Dans l’ensemble, les auteurs ont évalué sept essais contrôlés randomisés sur le thème « Les antidépresseurs et la douleur dans le syndrome du côlon irritable ». Les antidépresseurs tricycliques sont prouvés comme étant aussi efficaces dans le traitement du syndrome du côlon irritable que l’ISRS : la proportion de patients dont les symptômes étaient soulagés était de 57% (TCA) et 54,5% (ISRS).

Impact des traumatismes psychologiques

L’étude menée par Alexander C. Ford et ses collègues montre que les facteurs psychologiques sont impliqués dans le syndrome du côlon irritable. Un traumatisme psychologique peut être associé à un dysfonctionnement de l’intestin. Des chercheurs français dirigés par Anne-Marie Leroi prouvèrent dans une enquête sur 344 patients victimes d’abus sexuels que jusqu’à 40% de ces patients souffrent du syndrome du côlon irritable. La prévalence est deux fois plus élevée que dans la population générale.

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1 commentaire:

Dr Daniel TETERCHEN Daniel TETERCHEN
Dr Daniel TETERCHEN Daniel TETERCHEN

Peut-être prenons nous les choses à l’envers ! Un colon « irritable » pour une raison que nous ne connaissons pas encore, peut retentir sur le psychisme de son « propriétaire ». La psychosomatique peut se retourner en somatopsychique !
Les taoistes, il y a 4500 ans étaient plutôt de cet avis en disant que « l’esprit est la fleur du corps ». A étudier dans les deux sens !

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