Thérapie cancéreuse : la matraque dans le sac

30. septembre 2009
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Celui qui tente une chimiothérapie plus forte - pour tuer également les dernières cellules cancéreuses - subit souvent l’effet contraire. La génération suivante qui est résistante prolifère encore plus vite. Un bio-mathématicien américain croit en une thérapie cancéreuse meilleure qui agit selon la devise : "Laisser vivre et (sur)vivre".

Certains combats ne sont pas faciles à gagner. Notamment quand l’adversaire change constamment de tactique et ne se laisse impressionner ni par des canons, ni par une grande armée. En agriculture, la protection intégrée des cultures a déjà tiré comme leçon que le poison utilisé généreusement n’est pas toujours la meilleure arme car aux victoires apparentes sur les parasites suivent peu de temps après leurs petits-enfants auxquels le poison ne peut plus faire de mal.

Tumeurs sensibles et tenaces

Il est possible que les oncologues apprennent quelque chose des écologistes. Bob Gatenby, professeur au Moffitt Cancer Center en Floride dans le secteur de « l’oncologie mathématique », plaide dans un article récent dans Nature pour une défense selon le principe « tues-en autant que tu peux ». Son alternative : une chimiothérapie adaptive pour les tumeurs pour lesquelles le médicament fortement dosé pour lutter contre le cancer ne peut plus aider à survivre.

Gatenby ne veut en aucun cas promouvoir son idée en tant qu’approche universelle pour tous les types de cancer. La maladie de Hodgkin ou les tumeurs des gonades, comme par exemple les tumeurs des testicules, sont guérissables à 90-95 % avec une chimiothérapie agressive. On réussit ici apparemment l’éradication de tant de cellules cancéreuses que le propre système immunitaire ne fait qu’une bouchée du reste. D’autres types de cancer, comme par exemple un cancer du côlon avancé ou un cancer bronchique résiste par contre obstinément à presque toutes les chimiothérapies. D’autres accordent au médecin un bref succès pour réapparaitre ensuite comme un amas cellulaire résistant. Dans le cas du cancer du sein, nous dit l’oncologue suisse Thomas Cerny dans le FAZ, la chimiothérapie à forte dose raccourcit la vie du patient de manière prouvée.

Des résistants avec un désavantage de croissance

Les tumeurs sont la plupart du temps tout autre chose qu’une accumulation d’enfants clonés. Les métastases notamment perdent la plus grande partie de leurs caractéristiques d’apparentée dans le courant de leur développement si bien qu’on ne peut plus savoir qui provient de qui, comme le pense Christoph Klein, biologiste spécialise du cancer de Ratisbonne. Le poison à forte concentration désavantage les quelques cellules résistantes dans le clone par rapport à leurs congénères sensitives. Elles doivent réparer leur ADN plus vite, pomper les substances toxiques des cellules ou bien trouver au moins une autre voie métabolique alternative que les agents bloquent. Tout cela coûte de l’énergie et des bénéfices de croissance. Les cellules du cancer du poumon résistantes à la gemcitabine sont ainsi moins prolifères, invasives ou aussi moins mobiles que sensitives.

Celui qui n’éradique pas complètement les cellules sensitives mais réduit seulement leur nombre de manière contrôlée n’encourage également pas la multiplication des plus méchants. Aucune étude ne sait encore si cette approche procure des avantages décisifs pour la survie des patients dans la clinique. L’idée fonctionne du moins au laboratoire de Gatenby. Ses collègues laissèrent croitre des cellules de carcinome ovarien humain dans des souris jusqu’à ce qu’elles deviennent une tumeur et les combattirent ensuite à forte dose avec le carboplatine ou bien selon leur croissance, avec des doses plus douces de manière contrôlée. La méthode agressive montra le succès le plus rapide mais les cellules résistantes régénérées firent mourir les souris peu de temps après. Par contre, dans d’autres branches d’essais, aussi bien la tumeur que les souris survécurent dans le cadre d’un équilibre stable.

Les obstacles psychologiques et scientifiques jusqu’à la pratique clinique

Les oncologues cliniques se sont déjà également occupés de ce sujet. Comme DocCheck l’apprit lors d’un entretien avec Dirk Jäger, Directeur du centre national pour les tumeurs à Heidelberg, avant tout les tumeurs solides et résistantes aux thérapies sont concernées par une telle thérapie. Les carcinomes mammaires avancés par exemple ne se laissent pas guérir mais traiter et atteignent un « état de maladie stable ». Dans ces cas, la chimiothérapie a non seulement l’objectif d’empêcher les cellules cancéreuses de nuire mais aussi de soutenir le propre système immunitaire. « Une chimiothérapie douce », nous dit Jäger, « régule vers le bas les facteurs immunosuppresseurs et créé un milieu pro-inflammatoire », qui favorise une réponse anti-tumorale.

Cela ne va pas être simple de persuader patients et médecins de traiter le cancer comme une maladie chronique et non pas comme une infection par exemple. Certaines thérapies cancéreuses ressemblent alors à la piqure d’insuline chez les diabétiques ou à la prise à vie d’immunodépresseurs après une transplantation d’organe. Mise à part l’éloignement des mentalités rodées, les effets secondaires de certaines thérapies pourraient cependant aussi devenir un problème. À court terme et à forte dose, la toxicité de certains principes actifs peut être encore tolérée, mais qu’en est-il sur plusieurs années ? Cela vaut le coup ici aussi d’utiliser l’interaction entre tumeur et système immunitaire et d’essayer des immunothérapies appropriées, propose Gatenby.

À la recherche de l’équilibre stable

Mais de quoi a l’air un équilibre « stable » entre la tumeur et le corps ? Autrement que pour les options de thérapies métronomiques ou de maintenance, Gatenby plaide pour une orientation selon la taille de la tumeur et la prise correspondante de médicaments. Cela suffira-t-il à continuer de maintenir le petit nombre des cellules résistantes ? L’approche plus que théorique jusqu’à présent ne fonctionne que quand les cellules sensitives sont en meilleure forme que les résistants. Gatenby: « Nous faisons déjà des essais pour savoir à quelle vitesse les cellules sensitives supplantent les résistants à partir du moment où aucun chimiothérapeutique n’est utilisé. »

La stratégie d’un nouveau type dans le traitement du cancer ne doit pas et ne va pas freiner le développement de thérapeutiques effectives contre le cancer. Une guérison des malades reste toujours l’objectif premier de tout traitement; Gatenby et d’autres oncologues sont d’accords sur ce point : « Mais dans certaines situations, un pat est bien mieux qu’une victoire glorieuse à court terme. »

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2 commentaires:

Dr Guy Thysen
Dr Guy Thysen

De toute façon, les conclusions et les leçons à en tirer sont approximatives et expérimentales. Alors, on ne va pas casser trois pattes à un canard pour quelques problèmes de construction de phrases et de ponctuation. Ne sommes-nous pas à l’heure de la mondialisation ? Demandez donc l’original en Allemand ou en Anglais !

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Le sujet de l’article est intéressant.
Mais il est écrit dans un français très approximatif, proche du charabia: il est pénible et difficile à comprendre.C’est dommage.

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