Jambes fines – belles à en mourir

24. novembre 2009
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Beaucoup de femmes se plaignent de leur tour de cuisses. Les jambes fines et longues ne sont pourtant pas enviables du moins d’un point de vue médical, car un petit tour de cuisse augmente apparemment le risque d’avoir plus tard des problèmes de cœur et de mourir.

Les cuisses grassouillettes correspondent peu à l’idéal de beauté commun mais ont cependant des avantages d’un point de vue médical. Il y a en effet un lien entre les cuisses fermes d’un diamètre de 60 cm et la santé du cœur. Une étude de Berit Heitmann de l’Institut de médecine préventive de l’hôpital universitaire de Copenhague montre que les femmes et les hommes qui ont un tour de cuisses en dessous de cette taille magique ont clairement plus souvent des problèmes de cœur et risquent de mourir plus tôt. Elle mit ainsi peut-être à jour un nouveau paramètre et marqueur du risque cardiovasculaire.

Graisse : danger ou non ?

Une liaison sous forme de courbe en U entre l’indice de masse corporelle (IMC) et la mortalité a déjà été prouvée par le passé. Un IMC trop élevé ou trop faible est en relation avec des maladies et la mort. Alors qu’en cas de surpoids, la forte quantité de graisse est responsable d’un risque de mortalité élevé, c’est probablement la trop faible quantité de graisse qui en est responsable en cas de poids insuffisant. Une méta-analyse (Journal of Clinical Epidemiology 2008; 61: 646-653) montra que, considérant le risque cardiovasculaire, l’IMC n’était toutefois pas aussi pertinent que les mesures de répartition de la graisse corporelle, comme le rapport taille sur hanche ou le rapport entre la taille et le tour de taille. La graisse n’est ainsi pas fondamentalement dangereuse; c’est sa répartition qui est importante. L’étude actuelle fait état d’une nouvelle mesure anthropométrique possiblement intéressante. La dimension du tour de cuisse sous le pli interfessier se révéla être complètement indépendante des mesures de graisse abdominale ou de graisse corporelle.

Jambes fines, cœur malade

L’analyse des données du projet MONICA danois (Multinational MONItoring of trends and determinants in CArdiovascular disease) en est à la base. Cette étude initiée par l’organisation mondiale de la santé (WHO) servait à la détermination de facteurs de risque et à leurs modifications dans 21 pays dans les années 80. Différentes mesures comme la taille, le poids, le tour de cuisses, de hanches et de taille tout comme les mesures d’impédance bio-électrique de la constitution de l’individu avaient été prises sur 2 800 femmes et hommes âgés d’environ 50 ans. Les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires dans les 10 années suivantes ou mortes 12,5 ans après purent être identifiées à l’aide du registre national.

Les personnes avec des cuisses fines (mesure sous pli interfessier) présentèrent un risque élevé de maladies cardiovasculaires et de maladie cardiaque coronarienne. La mortalité des femmes et des hommes concernés était aussi en totalité plus forte. Une limite de 60 cm fut démontrée. En dessous de cette limite, le risque de maladie et de mort était plus que 2 fois plus élevé que chez les personnes avec des cuisses plus larges. Un tour de cuisse plus large n’avait cependant pas d’utilité supplémentaire. Les résultats étaient indépendants d’autres facteurs de risque connus comme la cigarette, l’hypertension et l’hyperlipidémie entre autres.

Des muscles renforcés aux jambes et au cœur

Le fait que les relations mises à jour ne soient pas dépendantes de la graisse corporelle ou de la graisse abdominale laisse les chercheurs supposer que la faible masse musculaire des jambes minces en est responsable. Ils ne mènent cependant aucune étude sur la composition des tissus. Cette théorie concorde toutefois avec d’autres résultats où une masse musculaire corporelle plus faible est associée au développement d’un diabète de type II et s’accompagne d’une insulino-résistence plus élevée. Peu de choses à voir avec un sur- ou sous-poids, comme on le sait déjà dans le cas des patients atteints d’une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). Ceux-ci présentent une déperdition musculaire tout particulièrement sur l’extrémité basse. Dans une étude, le tour moyen de cuisse se révéla être un meilleur prédicteur de la mortalité que l’IMC.

Il est possible qu’un faible tour de cuisse soit simplement une mesure de l’activité corporelle qui manque. Un remède tout simple serait l’entrainement. Même si les résultats sont à confirmer avec d’autres études, comme c’est le cas dans l’éditorial annexe, le tour de cuisses pourrait aider les médecins à identifier les patients à risque.

10 note(s) (3 ø)
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5 commentaires:

praticienne formatrice drissia el archi
praticienne formatrice drissia el archi

lisez ça les filles,bises

#5 |
  3
Dr Christian DUPUIS
Dr Christian DUPUIS

Pas de commentaire particulier sinon que cela reviendrait
presque à dire que la lipoaspiration de la graisse excédentaire de la culotte de cheval pourrait avoir des
contre-indications ?

#4 |
  0
fernando kemta
fernando kemta

y a t’il une norme du tour de cuisse?

#3 |
  0
Jan Bonerfält
Jan Bonerfält

Un tour de cuisse donc ! >60cm.

#2 |
  0
Mr Frederic Wauters
Mr Frederic Wauters

Des cuisses d’un diamètre de 60cm ?

#1 |
  0


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