Les sans cervelle

21. décembre 2009
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Planifié de sang froid ou pétage de plomb ? Que ce passe-t-il avec ces jeunes qui donnent libre cours à leur haine et rouent de coups leur victime, voire les tuent ? Des réponses sont données non seulement par des psychologues mais aussi bientôt par des chercheurs sur le cerveau.

Les sirènes hurlent, les policiers verrouillent largement le terrain. Les brigades spéciales d’intervention peuvent finalement arrêter le criminel avant qu’il ne blesse encore d’autres personnes ou ne les tue. Que se passe-t-il avec les jeunes qui se laissent provoquer au moindre mot puis cognent furieusement sur leur adversaire ? Ils arrêtent seulement quand leur « ennemi » est étendu mort par terre.

90 % sont psychiquement malades et incapable de discernement ?

Les fumeurs activent leur centre de récompense dans le cerveau aussitôt qu’ils allument une cigarette, les alcooliques le font avec du vin ou de la bière. Les jeunes potentiellement violents présentent des réponses très semblables dans les amygdales et le striatum ventral quand ils observent des douleurs chez d’autres après un accident ou une bagarre. Jean Decety de l’université de Chicago publia au début de l’année dans la revue spécialisée Biological Psychology les résultats d’un examen tomographique de jeunes particulièrement brutaux âgés entre 16 et 18 ans. Les jeunes sans problème ne présente pas une telle activation forte dans les centres du cerveau correspondants.

Frank Schneider de l’université d’Aix-La-Chapelle se pencha sur le cas de la prison allemande Brackwede I près de Bielefeld et découvrit dans une étude avec environ 140 prisonniers que 9 délinquants sur 10 étaient psychiquement malades ou souffraient d’un trouble de la personnalité. Les possibilités de thérapie correspondantes font en général défaut. Ce qu’on retire de ces études : chez beaucoup de criminels, la capacité d’empathie, la compréhension des sentiments des autres, passe. S’ils n’ont pas conscience de leur culpabilité, les punitions ne les touche pas. Sont-ils vraiment responsables de leurs actes ou bien leur cerveau fait-il d’eux ce qu’il veut et à quoi est-ce prédestiné ?

Perte de contrôle dans le lobe frontal

Le contrôle des actes impulsifs se trouve dans le cerveau humain dans le cortex préfrontal qui ne laisse pas déborder les émotions dans les amygdales et l’hypothalamus. Les adultes avec des lésions dans cette région sont impulsifs et de temps à autre sans complexe. Antonio Damasio de l’Iowa aux États-Unis décrit un patient auquel des chirurgiens avaient enlevé une tumeur au front alors qu’il était âgé de 3 mois. À 9 ans, le garçon était extrêmement léthargique et piquait fréquemment des crises. Si on le provoquait légèrement, il menaçait les personnes de son entourage ou passait aussitôt à l’offensive. Sous la protection de parents pleins de sollicitude, ses frères et sœurs grandirent normalement. Damasio évoque un autre exemple de développement semblable : une victime d’un accident de la route avec un dommage au cerveau au niveau du lobe frontal.

En 1972 démarra en Nouvelle-Zélande une étude importante concernant le développement de la personnalité chez l’homme. Depuis, les chercheurs ont en observation près d’un millier de jeunes de la même année de la ville de Dunedin depuis qu’ils ont 3 ans. L’alcool et la drogue sont des facteurs de risques principaux de cette violence, avant tout chez les jeunes hommes. De plus, celui qui a déjà eu affaire à la prison voit ses chances de sortir du cercle vicieux décroitre rapidement car, selon Bernard Gesch de l’université d’Oxford, les conditions derrière les barreaux entretiennent la violence. Ses études ont eu pour résultat que l’alimentation à la prison favorise l’agressivité. Une étude sur 2 ans dans la prison de Aylesbury près de Londres montre que des compléments en vitamines et minéraux dans la nourriture réduisent d’un tiers les attaques envers les autres prisonniers et les gardiens. Une étude y faisant suite dans la prison pour jeunes de Falkirk en Écosse et dont laquelle Science parlait récemment doit maintenant expliquer encore plus précisément quels sont les manques dans la nourriture des prisonniers et quels compléments constituent un remède efficace.

L’évasion a besoin d’un esprit éveillé

Les acides gras oméga 3 semblent être ici particulièrement importants. Ils aident les cellules nerveuses à rendre le cerveau mature et favorisent ainsi l’attention et le contrôle des impulsions. Adrian Reine de l’université de Pennsylvanie distribue par exemple en Philadelphie et à Singapour des comprimés d’oméga 3 à des enfants et veut évaluer leur effet sur leur prédisposition à la violence. Avec une confidentialité absolue, le psychologue américain réussit aussi à gagner pour ses études des criminels qui étaient assez intelligents pour ne pas se laisser attraper par la police. Comparée à celle de criminels confondus, la densité de leurs cellules nerveuses dans le cortex préfrontal était sensiblement plus grande. Les psychologues observèrent aussi des différences semblables chez les meurtriers : l’homicide par passion semble être lié dans cette région du cerveau à un métabolisme de la sérotonine plus faible et à un manque correspondant alors que les meurtres prémédités tout autant que la tromperie du persécuteur nécessitent un esprit éveillé.

Une alimentation riche en vitamines serait par conséquent une approche – par ailleurs moins chère – d’éviter peut-être chez les jeunes en danger certains actes de violence. Et celui qui malgré tout commet des délits avec une pleine maturité d’esprit doit peut-être passer un scanner du cerveau ou un test sérotonine. Il lui sera à l’avenir plus difficile que tromper les experts et les juges sur son discernement.

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2 commentaires:

Dr Guy Thysen
Dr Guy Thysen

Dans les pays d’origine, on les plaçait dans des citernes pendant le temps nécessaire !

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Dr françoise ponchie gardelle
Dr françoise ponchie gardelle

des voies de recherche extrêmement précieuses à considérer, surtout par les temps qui courent

#1 |
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