Chronique fatigue: affaibli par les virus

21. décembre 2009
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Des chercheurs américains ont découvert un point commun entre les patients souffrant du syndrome de fatigue chronique : 95 % ont des anticorps contre un certain rétrovirus, deux tiers sont infectés par le virus jouant aussi un rôle dans le carcinome de la prostate. Une solution est-elle trouvée ?

Qu’il s’agisse du syndrome de fatigue chronique (SFC) ou bien d’autres maladies définies de manière peu précise comme le syndrome d’épuisement professionnel ou celui de la fibromyalgie, le constat est toujours le même : des critères objectifs tout comme un diagnostique clair et une thérapie spécifique font défaut. Par ailleurs, les symptômes des syndromes coïncident, ce qui contribue à brouiller le tableau clinique de chaque maladie.
Il existe de nombreuses théories les concernant : le psychisme, des traumatismes, des infections et facteurs environnementaux furent longtemps tenus responsables de ces maladies. On est entretemps d’accord pour dire que des dysrégulations du système immunitaire en sont la cause. Mais toujours quand on sait peu de choses sur une maladie, lui attribuer une génèse multifactorielle la rend plus importante.

Le SFC est-il une maladie infectieuse ?

Une étude actuelle menée par des chercheurs américains travaillant autour de Vincent Lombardi et Judy Mikovits du Whittemore Peterson Institute à Reno au Nevada révèle une participation du système immunitaire. Elle soutient la théorie d’une infection virale. Comme le rapporta le journal Science (Science 2009; doi: 10.1126/science.1179052), les chercheurs purent démontrer la présence de gènes du rétrovirus XMRV (Gammaretrovirus, Xenotropic murine leukemia virus-related virus) dans les monocytes du sang périphérique de 68 des 101 patients atteints de SFC (67 %). Parmi les personnes saines servant au contrôle, seulement 3,7 % de personnes étaient infectées. Le virus appartient à la même famille que le virus du SIDA et est associé à des lymphomes et des leucémies dans le monde animalier. La présence du virus put être démontrée chez l’homme dans des cellules du carcinome de la prostate (PNAS 2009; doi 10.1073/pnas.0906922106); c’est la preuve que le virus est associé à des cellules malignes chez l’homme. L’infection put être d’ailleurs prouvée dans le cas de tumeurs particulièrement graves.
Après la publication de leur travail, Lombardi et Mikovits firent une découverte : parmi les 300 patients atteints de SFC, 95 % avaient des anticorps contre le virus. De plus, ils purent démontrer dans le cadre de l’étude et à l’aide de cultures de cellules que le virus est contagieux.

Les maladies épidémiques SFC sont connues

Toutefois, les chercheurs ne peuvent et ne veulent pas tirer de conclusions à partir d’une simple relation de cause à effet en raison des nouveaux résultats. Ils considèrent qu’il est possible que d’autres facteurs jouent un rôle lorsque des personnes attrapent le virus. Les facteurs les plus divers pourraient être en cause : la fatigue elle-même ou bien d’autres ennuis de santé par exemple. Il se pourrait également que le virus puisse être découvert chez des patients non atteints d’un cancer, comme par exemple ceux atteints de fibromyalgie. De plus, on soupçonne déjà différents virus de jouer un rôle dans le SFC, notamment le virus d’Epstein-Barr et celui de l’herpès.

Les chercheurs portent un intérêt tout particulier sur la manière dont est retransmis le virus, notamment au sein de la famille. On a déjà eu affaire à de véritables irruptions de la maladie, comme par exemple au sein d’un orchestre symphonique en Caroline du Nord. Dans ce genre de « cas épidémique », on peut observer des taux d’infection semblables à ceux du XMRV selon les chercheurs. Cependant, avant de déterminer les mécanismes, il est indispensable de mener d’autres expérimentations animales.

Une thérapie en vue ?

Les nouveaux résultats sont certainement utiles aux patients qui luttent non seulement contre la fatigue mais aussi contre les préjugés. Ils permettent de mieux faire accepter une maladie qui était jusqu’à présent difficile à comprendre. Par ailleurs, un espoir de trouver des thérapies médicamenteuses efficaces existe. Il faudrait par exemple vérifier l’efficacité des différents médicaments antiviraux comme les inhibiteurs de la transcriptase inverse. S’ils agissaient, ce serait un autre indice pouvant confirmer la thèse d’une génèse infectieuse de la maladie.
À moyen terme, c’est-à-dire dans les 6 prochains mois, on envisage le développement d’un test pouvant aider les médecins à identifier le virus. Établir le diagnostic à l’aide d’un seul résultat de test peut toutefois sembler audacieux avant que la signification de cette infection ne soit vraiment clarifiée.

Le sujet fut suggéré par notre lectrice Tanja Rührmund.

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1 commentaire:

Bonjour,
Trop de « jeunes » et, moins jeunes personnes souffrent atrocement, à l’époque où « La Douleur ne PEUT plus être acceptée comme une Fatalité » Ce qui devrait être ainsi, mais,hélas, trop souvent, ne l’est pas. Comment soulager les douleurs épouvantables, conséquentes de « Belles!!! »Maladies aux noms très recherchés, mais, inconnues ?? On peut aussi, ajouter « Idiopathiques »… Si ces recherchent pouvaient aboutir et, enfin, trouver, peu à peu des traitements ! Le secret Pro. va prendre toute sa valeur « Recherches mais, encore rien » Ce qui est le cas, au demeurant. Néanmoins, pour moi, cette approche me semble beaucoup plus « étoffée » et, plus réaliste. Je pense que, si ce n’est pas la « Voie directe », c’est une direction a bien « retourner dans tous les sens « !Il y a du concret à exploiter (« Tout se Tient » Professeur SOREIL).
MERCI. Meilleurs Voeux à Tous.
Vi.

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