À la pointe du progrès avec la roue du hamster

1. février 2010
Share article

Peut-on faire du sport tout en restant à l’intérieur de ses 4 mûrs ? Les chercheurs d’un laboratoire de l’université technique de Berlin nous répondent que oui. Celui qui est trop paresseux ou trop immobile pour quitter son chez-soi peut prendre place sur un cyber ergomètre et mettre en mouvement sur Google Earth la plus grande roue : la terre.

Vous connaissez certainement Google Earth. Ce programme qui n’est pas des plus petits permet de simuler un vol à basse altitude au dessus de presque chaque coin de la terre. Il peut-être utile quand on veut s’assurer que l’hôtel envisagé pour les vacances – qui semble se trouver près d’une plage de rêve sur le catalogue – ne se trouve pas aussi tout près d’une autoroute bruyante qui ferait virer les vacances au cauchemar. On peut aussi utiliser Google Earth pour d’autres choses. Une des plus grandes innovations est par exemple une vie en réseau – dont le diminutif est IZ Connected – dans la salle de gymnastique du centre d’innovation du laboratoire DAI de l’université technique. Celui qui prend là place sur l’ergomètre peut plonger dans un monde qui se veut être le quotidien de demain et qui l’est peut-être aussi.

Le monde entier comme les 24 heures du Mans !

Imaginez une dame assez âgée qui aimerait faire un peu de sport mais qui ne peut en faire qu’occasionnellement car elle habite dans un coin non approprié. Elle pourrait bien sûr acheter un vélo d’appartement ergomètre mais c’est plutôt lassant. Ce genre d’exercice serait un peu plus amusant à plusieurs. Mais comment faire ? Les techniciens de Berlin ont trouvé une réponse intelligente à cette question. La dame ne se met pas en selle sur un vélo ergomètre banal mais sur une sorte de cyber vélo qui est en liaison avec Google Earth via Internet. Avant de commencer son tour de vélo, elle choisit son parcours, Mullholland Drive à Los Angeles par exemple ou bien une route de col dans les Andes. Elle appuie sur « Start » et pédale pendant que devant elle défile la projection de Google Earth sur un écran blanc. Elle pédale donc sur la route de son choix quelque part dans le monde sans même avoir quitté son salon.

Grâce à l’association avec l’ergomètre, le tout est plutôt réaliste : celui qui pédale plus vite voit le paysage ou les rues défiler plus vite. Le tout n’est certes pas la perspective réelle comme celle vue depuis un vélo mais une vue à moitié penchée depuis le dessus car Google Earth ne peut pas faire mieux. C’est toutefois plus amusant que les tapisseries des mûrs de la pièce. Le « must », c’est que les chercheurs ont aussi couplé le système à une sorte de plateforme Web 2.0, ce qui veut dire que, si notre dame ne souhaite pas passer le col des Andes toute seule, elle peut téléphoner à sa copine habitant à l’autre bout de la ville. Les 2 amies prennent rendez-vous à mi-hauteur au Pérou et font les mètres d’altitude ensemble avec de petits sprints pour ajouter un peu de compétition. Il est clair qu’elles peuvent en même temps discuter par Voix sur IP tant qu’elles n’ont pas de vrais points de côté.

Est-ce vraiment sain Monsieur le majordome ?

Le Professeur Sahin Albayrak, le Directeur scientifique du laboratoire DAI, est persuadé que l’association sport, cybermonde et Web 2.0 va permettre au domaine de la santé et plus précisément à la prévention de faire un grand pas en avant sur le long terme : « Les composantes sociales lors de l’entrainement sont très importantes pour pouvoir entretenir la motivation. Les appareils de fitness traditionnels sont presque toujours à court ou long terme abandonnés dans un coin ». La prévention du futur soutenue par Internet ne s’arrête pas au vélo ergomètre. Celui qui a suffisamment pédalé et qui ne souhaite plus rencontrer de personnes réelles dans le cybermonde peut aussi communiquer avec son majordome personnel numérique dans le laboratoire du futur à Berlin. Que ce soit en cuisinant, en faisant les courses ou en regardant dans le frigo ou à d’autres endroits dans la vie normale : le majordome sait ce qui est sain et bon et n’est pas en reste. Il est secondaire de savoir si l’interaction entre homme et la machine s’opère via un téléphone mobile ou l’écran d’une porte de frigo.

L’enjeu : prix abordable et adapté à la cible

Mise à part l’université technique de Berlin, d’autres entreprises se cachent derrière l’IZ Connected dont Deutsche Telekom, Loewe, EnBW et Vattenfall. Un membre fondateur est même une caisse d’assurance maladie : AOK. Le but n’est donc pas vraiment de mettre au point un gadget technique ambitieux et cher comme c’est en partie le cas dans les discussions autour du label « Ambient Assisted Living ». Il s’agit plutôt d’une solution à petit budget qui motive sans avoir à trop dépenser d’argent. L’utilisation de technologies Web 2.0 et de Google Earth se nourrit (aussi) de ce besoin. Du côté technique, on mène par ailleurs des expérimentations avec des solutions qui fonctionnent sans réseau domestique coûteux. La transmission de données sans fil est bien évidemment ici un mot-clé. Mais le courant porteur de ligne (CPL) est également intéressant car il permet de commander de manière centrale les terminaux de son choix par l’intermédiaire d’un circuit électrique banal.

À côté de la technique, il s’agit aussi de scénarios d’utilisation et de modèles économiques. On discute par exemple d’un concept pour les enfants et adolescents obèses leur permettant de gagner des points de mouvement virtuels s’ils rencontrent d’autres jeunes dans le cybermonde pour faire du sport. Cela peut s’effectuer sur l’ergomètre mais aussi sur une console de jeux équipée selon l’exemple de la Wii de Nintendo. Par ailleurs, diverses valeurs de mesure pourraient être intégrées pour les malades chroniques dans la maison intelligente. Et qu’en est-il du modèle économique ? Ce n’est pas encore clair mais le secteur du commerce et de l’industrie devrait pouvoir y participer, que ce soit par la publicité ou bien via des modèles de contrat intelligents de groupes d’entreprises de télécommunication mobile qui pourraient rendre ainsi leurs téléphones mobiles plus intéressants grâce à ces assistants de prévention.

6 note(s) (4.67 ø)
Non classé

Comments are exhausted yet.



Langue:
Suivre DocCheck: