Rhinosinusite : douche froide pour la thérapie

1. février 2010
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Les esthètes répugnent les lavages nasaux qui ont toutefois l’avantage de libérer les nez qui coulent. Ils sont très appréciés en cas de rhinosinusite chronique mais les chercheurs nous disent aujourd’hui qu’ils peuvent nous faire plus de mal que de bien : les lavages de nez pratiqués pendant des mois augmenteraient massivement le risque d’infections.

Le lavage nasal est dépourvu de « chimie ». Déjà connu des indiens d’Amérique sous le nom de « Jala Neti », il veille à ce que la respiration reste fluide et régulière pour faciliter notamment la méditation pendant le yoga. Le lavage de nez prétendu « naturel » est devenu un remède maison de prédilection pour éliminer le mucus disgracieux des nez qui reniflent. Les pharmaciens proposent entretemps une gamme étendue de lavages nasaux avec le sel qui va bien et ils ne sont pas les seuls. Le principe est simple : on dissout une pincée de sel dans de l’eau mise à une température la plus proche possible de celle du corps et on introduit la solution à l’aide d’un embout nasal dans une des narines. Si la posture est correcte, le liquide auquel s’accompagne le mucus produit par le corps sort par l’autre narine.

Selon les données de la « société allemande d’oto-rhino-laryngologie et de chirurgie de la tête et du cou« , le mécanisme du lavage nasal avec du sel de cuisine consiste à améliorer « la clairance muco-ciliaire par une fluidification de la sécrétion nasale ». Par ailleurs, le bouillon tiède resserre soi-disant les vaisseaux et décongestionne le nez. C’est pourquoi la société d’experts recommande le lavage nasal en tant qu’option de thérapie non pharmacologique pour ce tableau clinique dans sa « ligne de conduite en cas de rhinosinusite ».

Des études prouvent les bienfaits d’une courte utilisation

Les études scientifiques ont jusqu’à présent couvert cette recommandation dans le cas d’une utilisation sur plusieurs semaines. Il y a seulement quelques semaines, un travail de supervision montra que le lavage de nez pratiqué sur 12 semaines ou plus peut réduire les troubles jusqu’à 64 % dans le cas d’une rhinosinusite chronique. Ce qui est moins clair, c’est par contre ses bienfaits en cas de rhinite allergique et d’infections des voies respiratoires supérieures.

Il se pourrait qu’utiliser la solution saline quotidiennement sur une longue période ne soit pas sain. Une étude le démontre : celle présentée par le Prof. Dr. Talal M. Nsouli du Georgetown University Hospital School of Medicine lors du „American College of Allergy, Asthma & Immunology (ACAAI) 2009 Annual Scientific Meeting“ de cette année à San Diego. Soixante huit patients, tous atteints de rhinosinusite chronique et pratiquant un lavage nasal quotidien, participèrent à cette étude. Pendant 12 mois, ils s’adonnèrent à cette procédure 2 fois par jour puis arrêtèrent complètement pendant 12 mois. Un groupe de contrôle constitué de 24 personnes utilisa la solution saline une fois par jour au-delà de 12 mois.

Un lavage nasal régulier nuit à l’hygiène du nez

Contrairement à ce que l’on attendait, les volontaires qui ne pratiquaient pas de lavage nasal souffraient beaucoup moins de rhinosinusites aigües que les autres : le nombre des épisodes passa de 544 avec un lavage nasal 2 fois par jour à 204 sans lavage nasal pendant les 12 mois. La fréquence diminua ainsi de 62,5 % et passa à 3 épisodes en moyenne par an et par volontaire (p plus petit 0.001). Dans le groupe de contrôle (1 lavage nasal par jour), le nombre était environ 50 % plus élevé (p plus petit 0.001).

L’allergologue Nsouli nous livre une simple explication à ce sujet : la muqueuse nasale est non seulement une source de sécrétion du mucus mais sert aussi apparemment de première barrière de défense contre les agents pathogènes. Le directeur de l’étude est cité au congrès ACAAI avec cette phrase : si on rince ce mucus 2 fois par jour avec du sel, on dépouille alors son nez de ses défenses immunitaires. Il n’est par contre un lavage nasal fait 1 à 2 fois par jour sur une semaine mais met en garde contre ceux pratiqués sur une plus longue période. L’équipe Nsoulis projette d’ores et déjà de réaliser une plus grosse étude afin de consolider ces résultats.

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1 commentaire:

doctorat Mohamed Benbrahim
doctorat Mohamed Benbrahim

Il semble que cette étude va dans le sens du naturel. Car ce mucus qu¿on s¿acharne tant à éliminer est sans nul doute une barrière naturelle aux infections.
Je pense que les ORL qui ont réduit les indications de leur amygdaléctomies, jadis pratiquées à tout bout de champs, auront moins de mal à nous convaincre de réduire l¿indication de ces lavages nasaux réguliers.

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