Des ondes dures sur les parties molles

24. mars 2010
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L’arsenal déployé pour lutter contre le dysfonctionnement érectile est vaste : pilules, pompes et psychanalyses. Les scientifiques ont testé une nouvelle approche thérapeutique : l’application d’ondes de choc à l’abdomen.

Si l’on en croit du moins les informations des courriels qui s’engouffrent involontairement dans les boites courriels des hommes notamment, il existe toutes sortes de thérapies contre le dysfonctionnement érectile défini comme « l’incapacité persistante d’obtenir et de maintenir une érection pénienne satisfaisante pour permettre une activité sexuelle ». Des directives donnent des informations sérieuses sur ce sujet grave qui concerne 2,3 % des hommes ayant plus de 30 ans et 53,4 % des hommes ayant plus de 70 ans selon les données de la « société allemande de neurologie » (DGN). Parmi les traitements pharmaco-thérapeutiques du dysfonctionnement érectile en dehors des 5 inhibiteurs de la phosphodiestérase, la DGN désigne l’apomorphine, le yohimbine et des traitements pharmacothérapeutiques locaux comme MUSE et SKAT comme option de thérapie possible ainsi que des moyens locaux comme par exemple la pompe à pénis et les électrothérapies locales.

De faibles chocs rendent les hommes forts

Il se pourrait que des ondes de choc extracorporelles aident aussi, tout comme on les utilise dans la lithotripsie, avec seulement beaucoup moins d’énergie. C’est ce qu’affirmait du moins Yoram Vardi, Directeur d’un service d’Urologie du Rambam Medical Center à Haifa en Israël lors du « 12th Congress oft the European Society for Sexual Medicine » à Lyon. Il put recruter 20 patients souffrant de dysfonctionnement érectile d’un âge moyen de 56,1 ans et qui s’en plaignaient depuis 35 mois en moyenne pour une étude pilote au cours de laquelle il traita le corps du pénis en 5 endroits différents à chaque fois pendant 3 minutes avec des ondes de choc d’une intensité de 0,09 mj/mm2. Les candidats participants étaient des hommes dont les vaisseaux étaient probablement endommagés. Les causes du dysfonctionnement érectile d’ordre neural, psychogène et post-opératoire ont été écartées. Le traitement dura à chaque fois 3 semaines, comprenait 2 séances par semaine et fut répété après un intervalle de 3 semaines sans thérapie.

Les troubles s’améliorèrent nettement chez 14 des 20 patients : si leur taux se situait au début de l’étude dans le « International Index of Erectile Function – Erectile Dysfunction (IIEF-ED) » entre 12 et 20 points, ce taux augmentait de manière significative grâce à la thérapie des ondes de choc d’environ 6,3 points (p équivalent à 0.001). Les paramètres de tumescence nocturne du pénis (TNP) se développèrent positivement chez 15 des 20 candidats. Cela concernait avant tout la durée des érections et leur puissance. Selon le Directeur de l’étude, il n’y eut pas d’effet secondaire indésirable.

Les ondes de choc ont une puissance stimulant les vaisseaux

Vardi attribue ce succès au fait que les ondes de choc favoriseraient la formation des vaisseaux. Tout semble l’indiquer. Un groupe de travail de la Tohoku University Graduate School of Medicine au Japon a ainsi récemment démontré que les ondes de choc faibles – de l’ordre du dixième d’énergie par rapport à ce qui est utilisé pour la lithiase urinaire – favorise l’expression des facteurs de croissance endothéliaux. Les Japonais purent ainsi améliorer la vascularisation myocardique dans les expérimentations animales.
C’est pourquoi le médecin israélien Vardi précise clairement que son approche thérapeutique est adaptée seulement aux hommes dont les troubles ont une cause vasculaire évidente. Mais selon Vardi, la thérapie d’ondes de choc pourrait se transformer en une des rares options thérapeutiques sans médicament pour ce groupe. D’autres études pourraient maintenant fournir plus de données.

C’est exactement ce que réclame le Prof. Dr. Frank Sommer, Professeur spécialiste de la santé masculine à la clinique universitaire de Hamburg-Eppendorf. Il considère certes l’analyse de Vardi comme étant une approche intéressante mais il dénonce le fait qu’il n’y ait pas eu de groupe de contrôle. Le médecin de Hambourg se montre prudent : « D’autres études contrôlées scientifiquement sur un plus grand groupe de patients devraient confirmer l’effet positif de Monsieur Vardi avant que l’euphorie ne se répande ». Le Prof. Dr. Sabine Kliesch, médecin en chef du service d’andrologie clinique à la clinique universitaire de Münster et secrétaire générale de la société allemande d’urologie (DGU) reste également sur ses gardes. Les ondes de choc extracorporelles auraient seulement obtenu de bons effets dans des études non contrôlées. « Aussitôt qu’une étude contrôlée contre placebo fut menée, les effets n’étaient plus démontrables », nous dit le médecin. C’est la raison pour laquelle elle se défend de donner des avis extrêmement positifs.

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1 commentaire:

Dr Guy Thysen
Dr Guy Thysen

Des ondes de choc comme on faisait, dans le temps, avec la vieille radio qui crachotait ! mdr

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