Attention, acuponcture

7. juin 2010
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L’acuponcture est réputée pour comporter peu d’effets secondaires et rares sont les personnes qui pensent qu’elle peut engendrer de graves maladies. Mais ce qui ne vient pas vraiment à l’esprit : les aiguilles et le matériel de travail contaminés peuvent causer de graves maladies infectieuses.

Les infections contractées par l’intermédiaire de l’acuponcture sont trop peu diagnostiquées dans le monde, mettent en garde Patrick Woo, microbiologiste de l’université de Hongkong, et ses collaborateurs dans un éditorial du British Medical Journal. Ils y décrivent des cas d’infections depuis les années 70, tout comme d’autres types et sources d’infections.

Infections : de la peau jusqu’au V.I.H.

Les aiguilles d’acuponcture ne servent pas seulement à l’harmonisation du « Qi » quand elles sont introduites quelques centimètres sous la peau; elles et leurs accessoires, cotons-tiges ou serviettes, peuvent être contaminés avec des micro-organismes pathogènes qui sont ainsi transmis au patient.

Les infections les plus courantes décrites sont celles avec des bactéries pyogènes. Dans les années 70 et 80, elles représentaient 50 cas dans le monde. La plupart des infections avec des organismes pyogéniques partent de la flore cutanée des patients traités par acuponcture. La peau n’avait vraisemblablement pas été désinfectée avant l’acuponcture. Dans le cas d’infections locales apparaissent des lésions typiques spécifiques au méridien et à l’acuponcture. Après l’acuponcture se développèrent des abcès et des arthrites septiques, de graves maladies rares comme l’endocardite infectieuse, la méningite, l’endophtalmite. Le malfaiteur dans plus de la moitié des cas : le staphylocoque doré.

Plus de 80 infections d’hépatite B furent décrites. Les patients avaient été la plupart du temps contaminés par l’intermédiaire d’aiguilles ré-utilisables non ou insuffisamment stérilisées. Dans le cas d’une apparition de maladie, l’acuponcteur lui-même était apparemment la source de l’infection. Avec l’acuponcture, on peut transmettre également l’hépatite C et le V.I.H., du moins de manière hypothétique, nous dit Woo. Des études épidémiologiques et des études cas-témoins établirent un lien entre l’acuponcture et l’hépatite C. Selon les rapports de cas d’infections à V.I.H., aucun autre facteur de risque que l’acuponcture n’avait pu être exclu mais des rapports isolés ne sont pas un indice.

La mycobactériose par acuponcture comme nouveau syndrome clinique

Un nouveau syndrome de ce siècle est la mycobactériose par acuponcture, une infection de la peau avec des mycobactéries transmises par des cotons-tiges, serviettes ou autre matériel contaminé qui entre en contact avec l’endroit de la piqûre. Des abcès et ulcères peuvent apparaître seulement des semaines ou des mois après l’acuponcture. Le commencement insidieux de la maladie fait que les patients consultent souvent tardivement un médecin. En raison de l’apparition tardive, rares sont les médecins qui font un rapprochement avec l’acuponcture subie antérieurement. Pendant la période de l’étude, 2 épidémies d’infections en rapport avec l’acuponcture se répandirent. Dans le journal spécialisé BMC Infectious Diseases, Joon Young Song décrivit une épidémie de l’infection de blessure cutanée avec des mycobactéries de patients traités en 2001 par un médecin de Séoul.

Woo émet l’hypothèse que les infections citées pourraient être seulement la pointe émergée de l’iceberg. Il demande un meilleur contrôle des infections. Un premier rapport sur la transmission du staphylococcus aureus résistant à la méticilline (MRSA) apparut en 2009. L’acuponcture donna ici suite à une arthrite septique avec la destruction du cartilage des articulations et une ostéomyélite.

Des standards de qualité sans contrôle

L’expert Mike Cummings de la British Association of Medical Acupuncturists estime à 1/200 000 le risque des effets secondaires graves après l’acuponcture. L’acuponcture serait dans l’ensemble très sûre. Il n’existe toutefois aucun contrôle dans beaucoup de pays, également en Grande-Bretagne. Là-bas, chacun peut se déclarer acuponcteur. On a besoin ici de la qualification correspondante. La question reste de savoir si chaque pratiquant utilise des aiguilles jetables stériles avec lesquelles on pourrait exclure un risque d’infection. Et au-delà de la formation, chacun se sent-il aussi soumis aux critères de qualité existants ?

7 note(s) (3.29 ø)
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2 commentaires:

Dr hadda belkacemi
Dr hadda belkacemi

LOL C’est vrai qu’écrire faux le terme autour duquel tourne tout l’article,n’est pas très plaisant et prête à équivoque sur la qualité de celui ci!!!
Mais n’empêche qu’il attire l’attention sur un sujet qui ne vient pas obligatoirement à l’esprit et qui est très important. Alors ,au fans de l’acupuncture de faire gaffe et au médecin traitant d’inclure une question sur l’éventuelle possibilité que son malade ait suivi des séances d’acupuncture!!!

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Dr Daniel TETERCHEN Daniel TETERCHEN
Dr Daniel TETERCHEN Daniel TETERCHEN

Cet article est tout à fait pertinent, sauf que l’on écrit ACUPUNCTURE et non acuponcture (c’est un nom latin donné par les missionnaires jésuites qui l’avait ramenée de Chine dans les années 1600)

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