Enceinte et chimio : compatible ?

17. juin 2010
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Les femmes atteintes d’un cancer du sein et qui sont enceintes peuvent-elles être rapidement traitées par chimiothérapie et peut-on écarter la menace pour le fœtus ? Une étude présentée à la "European Breast Cancer Conference" ouvre de nouvelles perspectives.

Sibylle Loibl, gynécologue et professeur de médecine à la clinique universitaire de Francfort, présenta à Barcelone des nouveautés en matière de cancérologie devant un public de professionnels ébahis. Son principal propos concerne les femmes enceintes atteintes d’un cancer du sein : contrairement à l’avis général, elles peuvent être traitées par chimiothérapie traditionnelle – le lobe chimique ne serait pas nuisible au fœtus.
Loibl prétend que c’est novateur. Loibl, qui est membre du German Breast Group (GBG), un établissement de recherche pour la planification, l’organisation et l’exécution d’études nationales et internationales pour la prise en charge du cancer du sein, se réfère aux données du GBG. 235 patientes qui furent traitées entre 2003 et octobre 2009 constituèrent la base des données pour l’évaluation des effets secondaires thérapeutiques de la chimiothérapie. Les femmes étaient en moyenne âgées de 33 ans – et enceintes de 23 semaines. 91 patientes se soumirent aussitôt à 2 cycles de chimiothérapie pour pouvoir mettre au monde leur enfant quand la date prévue d’accouchement serait arrivée.

L’analyse des résultats laissaient certes tout d’abord place aux craintes car pratiquement tous les enfants pesaient – avec en moyenne 2 636 grammes – moins que les bébés des mères qui n’avaient pas subies de chimiothérapie malgré leur cancer du sein. Trois des nouveaux habitants de la Terre présentèrent une alopécie, un enfant vint au monde avec une trisomie 18 et mourut une semaine après. Un enfant souffrit d’une entérocolite nécrosante et succomba. De plus, il y eut un cas de septicémie et de neutrophénie et 2 cas d’anémie. Mais comparés à ceux des bébés sans chimiothérapie, les dommages pour la santé relèvent, d’un point de vue statistique, de la normalité. Des enfants dont la mère avait, malgré son cancer du sein, refusé d’utiliser les substances rallongeant la vie souffraient de gastro-entérite ou de taux de CRP (protéine C réactive) trop élevés. « Les problèmes ne sont pas à imputer aux chimiothérapies subies précédemment par la mère », c’est ce que Loibl fit savoir au monde des professionnels à Barcelone. Le taux des complications apparaissant naturellement s’élèverait de toute façon à 1-2 %.

Une acceptation hésitante – malgré de nouvelles données

Les déclarations tombent à un moment surprenant après que Loibl ait déjà essayé en 2008 d’attirer l’attention sur les premiers indices au cours de la 6ième conférence sur le cancer du sein européen à Berlin : ces indices avaient été autrefois ignorés mise à part quelques exceptions. La société allemande sur le cancer et le « Ärzte Zeitung » faisaient certes brièvement état des premières tentatives d’explications il y a 2 ans. Mais c’est finalement tout. La clinique universitaire de Bonn par exemple postule toujours la thèse selon laquelle la chimio et le fait d’être enceinte représentent une situation délicate. C’est ce qui est dit dans une publication sur Internet de l’université rénommée : « les risques en cas de grossesse après que la femme ait reçu une transplantation de la moelle épinière et une chimiothérapie forte avec ou sans traitement par radiothérapie sont inconnus mais il pourrait exister un risque d’accouchement prématuré et de poids de naissance faible pour le fœtus ».

Le centre du sein de la clinique universitaire pour les femmes de Düsseldorf expliquait en revanche lors du colloque d’automne en 2009 qu’une chimiothérapie chez les femmes enceintes devrait être envisagée après le premier trimestre. Mais c’est exactement ce qui pourrait ne plus être actuel après les premières réalisations à Barcelone. Les données tangibles de Loibl montrent en effet que la carence trimestrielle acceptée de toute façon de manière seulement hésitante relève possiblement de l’histoire de la médecine : la conférence recommanda de démarrer la chimiothérapie dans un temps le plus proche possible des plans de la thérapie des femmes n’étant pas enceintes.

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