Le retour du Jedi

17. juin 2010
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Ceux qui n’arrivent pas à avaler de comprimés et qui craignent les piqûres comme le diable craint l’eau bénite vont être sauvés. Grâce à une épée laser thérapeutique, nous pourrons à l’avenir perforer notre peau pour acheminer des médicaments de manière sûre et directe dans le corps.

Celui qui pense que le Liechtenstein n’est bon qu’en matière bancaire se trompe. Du Liechtenstein provient notamment l’entreprise Pantec Biosolutions qui entreprend de révolutionner l’application de médicaments par l’utilisation des technologies laser les plus modernes. Au lieu de torturer toutes les substances thérapeutiques chères à produire avec un transit intestinal beaucoup trop acide ou de les injecter dans les tissus adipeux sous-cutanés ou dans le muscle sans ménager les vaisseaux sanguins, Pantec souhaite administrer le médicament par la peau de manière douce par l’intermédiaire d’un laser. Selon Pantec, c’est possible à l’aide d’un appareil qui, dans sa version actuelle, ressemble à un appareil de massage à utilisation domestique.

Perçage avec une lunette de tir

Le principe s’en rapproche : pour mettre le plus de chances de son côté dans le combat mené par des systèmes thérapeutiques transdermiques conventionnels avec l’épiderme coriace de la peau de l’homme, le patient applique sur la peau un des appareils fabriqués par Pantec qui porte le nom P.L.E.A.S.E.. P.L.E.A.S.E. est une de ces abréviations pas complètement convaincantes dans leur sémantique qui signifie « Painless Laser Epidermal System ». P.L.E.A.S.E. démarre quand on appuie sur le bouton et perfore la peau avec des rayons laser ou plutôt constitue des micropores à travers lesquels de grosses molécules du médicament peuvent parvenir sans obstacle à l’intérieur du corps. Ce qui rend ce système attractif, c’est que le nombre et la profondeur des pores sont variables. Le nombre des pores peut être ainsi adapté à chaque besoin, c’est-à-dire à la quantité de substance à appliquer. Par rangée, le système peut produite jusqu’à 5 000 pores d’un diamètre s’approchant des 200 micromètres. La profondeur des pores aussi est variable, ce qui est d’autant plus important que P.L.E.A.S.E. a été conçu pour que les pores ne perforent que la corne et l’épiderme et non le derme riche en vaisseaux et en nerfs. Le laser perce ainsi par étapes de 5 à 10 micromètres la couche supérieure de la peau et s’arrête quand l’environnement ressemble au derme. Cette vidéo permet de voir le processus en détail.

Étude : quelque chose de gros passe à travers les trous.

Le fabricant présente actuellement les premières données de l’étude, une étude clinique de phase I avec des volontaires en bonne santé. Le but de l’étude était d’évaluer la sécurité et la tolérance d’une combinaison comprenant un traitement laser et un patch de FSH. FSH, l’hormone folliculo-stimulante, a été choisie car elle constitue un scénario d’utilisation possible pour le laser P.L.E.A.S.E.. FSH est utilisée entre autres dans le cadre de la fécondation in vitro pour stimuler la croissance des follicules. C’est une hormone grosse et relativement sensible qui est injectée jusqu’à présent de manière sous-cutanée ou intramusculaire. Compte tenu des cycles de fécondation in vitro qui se répètent souvent, ce n’est sûrement pas une partie de plaisir.

Dans l’étude, la peau des hommes fut tout d’abord perforée à l’aide de la technologie laser. Le patch FSH fut alors appliqué sur la région perforée. Le résultat : grâce au taux de sérum FSH, on put démontrer que la protéine de 32 KDa fut effectivement absorbée via la peau. L’absorption se produit avec une pharmacocinétique reproductible qui montrait peu de variations inter-individuelles. « Cette étude montre pour la première fois que P.L.E.A.S.E. permet de transmettre de grosses protéines comme la FSH en quantité thérapeutique à partir d’un pansement stable », souligne le PDG de Pantec, Christof Boehler. « L’étude est pour nous un jalon important sur le chemin de la commercialisation ».

Auparavant, une étude avec 12 volontaires s’était intéressée au fait de savoir si les candidats supportaient la perforation de la peau. C’était le cas. 20 % indiquèrent ne pas avoir ressenti de désagrément pour 150 micropores constitués. 70 % parlèrent de légers désagréments. Objectivement, un rougissement de la peau apparut et disparut après quelques heures ou jours. L’examen histologique de la région des pores ne présenta aucun dommage dû à la chaleur. Le départ semble être pris.

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1 commentaire:

christiane moisson
christiane moisson

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