Quand les diagnostics tuent

30. juin 2010
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Il se pourrait que les urologues doivent être encore plus prudents à l’avenir lorsqu’ils établissent un diagnostic de cancer de la prostate : les personnes atteintes décident souvent de se suicider 2 jours après avoir appris la mauvaise nouvelle ou meurent d’un infarctus du myocarde en l’espace d’un an.

Le rapport n°1 concernant « l’épidémiologie du cancer de la prostate dans la circonscription administrative de Munster » est une lecture médicale importante depuis la parution en 2006 de la publication tirée du registre épidémiologique du cancer de Rhénanie Westphalie. Répartis par état d’avancement, type de tumeur et représentés dans des diagrammes multicouches, les taux de survie des personnes masculines touchées peuvent être interprétés. Quoi qu’il en soit, environ 80 % des patients atteints d’un cancer vivent encore 5 ans après le premier diagnostic.

Mais ce qui compte pour Munster et ce qui semble aussi transposable à l’échelle fédérale ne se termine pas aussi bien pour tous. Car seulement quelques jours ou mois après le diagnostic, les hommes prennent parfois la décision de se suicider ou bien meurent d’un infarctus du myocarde en raison de l’énorme charge. C’est ce qu’atteste une étude actuelle du « Journal of the National Cancer Institute ». L’étude menée à l’Harvard Medical School Boston sous la direction de Fang Fang repose sur plus de 340 000 données patients du registre du cancer américain et couvre la période de 1978 à 2004. À la surprise de Fang, 6 845 hommes moururent surtout d’un infarctus du myocarde dans les 3 premiers mois suivant l’établissement du diagnostic, 148 patients souffrants d’un cancer de la prostate se suicidèrent.

Une différence plus que significative

Ces chiffres seuls ne veulent pas dire grand chose. En effet, Fang n’a pu savoir si les patients avaient tout simplement mis fin à leur vie à San Francisco, Detroit ou Seattle ou si cette décision avait un lien avec la découverte du cancer. Il se servit pour cela des statistiques sur les suicides pendant le même intervalle de temps et du chiffre des suicides à attendre qui en résulte. Dans la cohorte étudiée, ce ne sont pas 148 mais seulement 105 hommes qui auraient dû opter pour le suicide; rapporté au nombre total extrêmement élevé de patients, la différence est plus que significative d’un point de vue statistique.
Les médecins rapportent depuis un certain temps qu’un diagnostic de cancer peut entraîner le suicide. Les chercheurs de l’université de Washington publièrent ainsi en 2008 une étude dans laquelle était examiné le taux de suicides de plus de 2 millions de patients. Constat alarmant : le taux de suicide était 2 fois plus élevé que de manière générale. Avant tout les hommes avec un cancer de l’estomac ou des poumons et de la tête préférèrent la mort rapide.

Femme et enfant comme aide à la survie

Mais parce que mis à part le suicide, la mort cardiaque semble jouer également un rôle important, les médecins concluent maintenant qu’il y a une relation très profonde entre la maladie primaire et les facteurs secondaires comme des états de peur et autres charges extrêmes psychiques. Ce qui serait par conséquent explicable serait aussi le fait que les hommes dans des conditions familiales stables seraient bien moins touchés par la mort cardiaque, nous dit Fang – Femme et enfants s’avéreraient être une aide à la survie.

Mis à part l’affection et l’amour de la famille, la médecine moléculaire prolonge également la vie. Le taux des morts cardiaques aurait ainsi diminué après l’introduction des tests PSA, écrit Fang, parce que les diagnostics sont ressentis de manière plus douce et ont pour conséquence que la pression sur les patients diminue.

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1 commentaire:

Dr israël abemonty
Dr israël abemonty

Voilà qui incite à l’humilité.

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