D’abord une défaillance du pantalon puis du cœur

29. juillet 2010
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Les hommes ayant une dysfonction érectile ont un risque plus élevé de maladie coronarienne. Une analyse montre que, chez les patients atteints de troubles de l’érection, les premiers symptômes cardio-vasculaires apparaissent souvent dans les 2 à 3 ans suivant le début des troubles.

On thématise déjà depuis quelques temps le fait qu’il existe un lien entre la dysfonction érectile (DE) et les maladies coronariennes (MC). Une méta-analyse d’une équipe internationale de chercheurs publiée récemment a maintenant étayé ce rapport avec des données actuelles – elles prouvent avec évidence qu’il existe une alliance de la DE et des MC et qu’elle abrite un explosif nuisible pour la santé. Selon le cardiologue londonien, le Dr. Graham Jackson, Directeur du groupe des 11 scientifiques, les troubles conditionnés de l’érection et les maladies coronariennes sont organiquement liés étroitement les uns aux autres : « Les deux résultent de la même pathologie endothéliale qui provoque des restrictions dans la circulation sanguine ». En conséquence, on identifia des facteurs de risque semblables aux 2 maladies : hypertension, surcharge pondérale et troubles du métabolisme des lipides. Le Dr. Jackson raconte : « Dans notre étude, nous voulons vérifier si les troubles de l’érection sont révélateurs de maladies coronariennes et si oui, comment les risques sont gérables pour les patients touchés ».

Les signes avant-coureurs d’une maladie coronarienne

Comme le découvrit l’équipe du Dr. Jackson, la dysfonction érectile est clairement à considérer comme un « prédicteur décisif » des maladies coronariennes – à commencer chez les plus jeunes hommes d’un âge compris entre 40 et 69 ans. Selon les mots du cardiologue londonien, c’est une évidence qui fut clairement prouvée dans les données de l’étude : chez deux tiers des patients, les troubles de l’érection précèdent la manifestation d’une maladie coronarienne. La plupart des patients atteints de DE ont des symptômes précoces d’une MC tels qu’une réduction de la réserve coronaire, une vasodilatation et une calcification coronarienne. Les dommages sur les vaisseaux du pénis s’accompagnent par ailleurs de « changements significatifs des paramètres de risques cardiovasculaires comme le glucose, l’homocystéine et la protéine C réactive ». En outre, il apparut que les patients souffrants de DE développent de manière générale une MC plus gravement prononcée que leurs camarades du même sexe en bonne santé et que la gravité de la DE est en corrélation avec celle de la MC. L’intervalle entre l’apparition des troubles de l’érection et les symptômes d’une MC se monte en moyenne à 2-3 ans et il s’écoule en moyenne 3 à 5 ans jusqu’au premier évènement cardiovasculaire comme un infarctus du myocarde ou une apoplexie. « Le risque d’une MC augmente d’environ 14 % pour les patients atteints de DE et âgés entre 30 et 39 ans et de 21 % pour ceux âgés entre 60 et 69 ans », nous dit le Dr. Jackson.

Les données de la Massachusetts Male Aging Study (MMAS) qui comptait 1 709 hommes sont particulièrement impressionnantes. Ceux avec des troubles de l’érection avaient un risque de mortalité plus élevé de 26 % d’une manière générale. La mortalité du fait des maladies coronariennes était même 43 % plus élevée chez les patients souffrants de DE. La dysfonction érectile se montra tout aussi révélatrice d’une mortalité cardiovasculaire dans l’étude ONTARGET/TRANSEND.

Il y a des raisons anatomiques au fait que les dommages endothéliaux sur la meilleure partie de l’homme soient identifiables plus tôt : les artères dans le pénis sont plus petites que celles dans le myocarde. Par conséquent, les changements athérosclérotiques sont ainsi ici plus remarquables. Selon le Dr. Jackson, le fait que les hommes avec des troubles de l’érection se plaignent rarement de troubles cardiovasculaires parle aussi en cette faveur. Les patients atteints de MC relatent par contre très souvent des problèmes précédents avec leur érection.

Une marge de manœuvre suffisante pour une action globale

Un bon nombre de conséquences sont à tirer des résultats de la méta-analyse – surtout que l’intervalle entre la manifestation des troubles de l’érection et une MC rend possible une intervention à temps. C’est la raison pour laquelle le groupe autour du Dr. Jackson lance un appel urgent pour que les patients souffrants de DE subissent sans exception un examen médical intensif. Le risque cardiovasculaire des personnes affectées doit être là stratifié. Les hommes avec un risque plus élevé de MC devraient être examinés de manière approfondie par électrocardiographie ou tomographie par ordinateur notamment. Ces patients à risque devraient également respecter une carence sexuelle tant que leur statut cardiovasculaire n’est pas stabilisé.

Selon l’avis du groupe d’experts, il est aussi indispensable de déterminer le taux de testostérone : « Tous les patients DE doivent être examinés au regard de leur niveau de testostérone libre et liée ». Le syndrome de déficience en testostérone (SDT) est une cause connue des troubles de l’érection et va ainsi évidemment de pair avec un risque cardiovasculaire plus élevé. Étant donné que le SDT est associé à un diabète de type 2, un syndrome métabolique, des troubles du métabolisme des lipides tout comme une coagulation anormale, il possède « clairement la même importance que d’autres facteurs de risque cardiovasculaire », nous dit le Dr. Jackson. Quand on constatait un taux de testostérone bas, on recommandait une thérapie de remplacement de la testostérone – celle-ci stimule également l’effet des inhibiteurs de la PDE 5.

Essentiel : un style de vie plus sain et une médication individualisée

Les améliorations du style de vie jouent un rôle important. Selon les mots du Dr. Jackson, elles sont très efficaces « pour prévenir d’événements cardiovasculaires futurs ». Un apport réduit en calories et une activité corporelle croissante fait baisser la concentration de substances inflammatoires comme la CRP et améliore la capacité d’érection. Ce n’est pas un hasard si « l’incidence des troubles de l’érection chez les hommes d’un poids normal avec un style de vie actif est beaucoup plus basse que chez les hommes du même âge moins soucieux de leur santé », nous dit le Dr. Jackson. Outre le passage à un style de vie plus sain, les facteurs de risque cardiovasculaires comme l’hypertonie, le diabète de type 2 et les troubles du métabolisme des lipides sont gérables grâce à une médication adaptée. La thérapie devrait être adaptée précisément aux besoins individuels des patients, « étant donné que certains médicaments cardiovasculaires efficaces aggravent la dysfonction érectile ». Selon le Dr. Jackson, les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II chez les patients DE avec hypertonie se sont révélés être un médicament de premier choix. Pour des troubles du métabolisme des lipides existants en même temps, on recommande de prendre des statines : « elles corrigent efficacement le taux de lipides dans le sang et améliorent la fonction érectile ».

Les inhibiteurs de la phosphodiestérase 5 sont une thérapie de première ligne

Conformément à l’évidence clinique, le premier traitement des patients souffrant de DE et de MC devrait s’effectuer dans tous les cas avec des inhibiteurs de la phosphodiestérase 5 : « Leur efficacité et sécurité pour améliorer la fonction d’érection chez les patients avec une MC manifeste ou des facteurs de risque cardiovasculaire a été prouvée dans de nombreuses études cliniques randomisées », nous dit le cardiologue londonien. Il a été de plus prouvé que le sildénafil et le tadalafil ne sont pas associés à un risque élevé d’événements cardiovasculaires.

Selon le Dr. Jackson, on recommande également chez les diabétiques de type 2 avec une dysfonction érectile la thérapie de première ligne avec des inhibiteurs PDE 5. Les hommes avec une insuffisance cardiaque légère ou moyennement grave ou une MC stable devraient prendre du sildénafil car cet inhibiteur PDE 5 a seulement peu d’effets secondaires cardiovasculaires. Vardénafil et sildénafil sont bien supportés par les patients DE qui prennent divers antihypertenseurs. L’équipe autour du Dr. Jackson recommande vardénafil chez les patients qui souffrent aussi de troubles du métabolisme des lipides en plus de l’hypertension. Tadalafil est revanche adapté pour les patients DE souffrants d’hypertension traitée avec des diurétiques thiazidiques. Les inhibiteurs PDE 5 sont contre-indiqués dans le cas d’une thérapie avec des nitrates étant donné qu’ils démultiplient leurs effets. Dans de tels cas, le patient devrait, selon le Dr. Jackson, « être mis sous traitement alternatif anti-ischémique ». Une pause d’au moins une semaine doit cependant être faite entre le moment où l’on arrête les nitrates et la première prise des inhibiteurs du PDE 5.

Si les médicaments oraux s’avèrent inefficaces pour le traitement du DE, les stratégies de thérapie comme par exemple les pompes pour pénis, l’injection intracaverneuse ou l’implantation d’une prothèse pénienne sont indiquées.

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