SARM : Attention, stéthoscope dégoûtant

20. mai 2014
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Les médecins hospitaliers font attention à la bonne hygiène des mains afin de s’assurer qu’aucun germe hospitalier dangereux ne soit transmis. Mais le stéthoscope aussi pourrait être une source dangereuse de germes, comme des médecins de Genève ont pu le montrer.

Les pathogènes hospitaliers tels que le staphylocoque doré résistant à la méthicilline (SARM) sont les plus craints et sont la cause d’environ 100 000 infections par an dans les hôpitaux allemands. Lorsque l’agent pathogène déclenche une pneumonie ou une septicémie chez des patients affaiblis, la plupart des infections sont mortelles. Jusqu’à présent, les mains du personnel hospitalier ont été la principale source de transmission de ces bactéries. Dans certains centres, il a donc déjà été décidé de ne pas saluer ou dire au revoir aux patients par une poignée de main. Mais il n’y a pas que les mains du médecin qui entrent en contact avec le patient lors de chaque examen, le stéthoscope est aussi presque omniprésent. Des médecins de Genève sont arrivés récemment à la conclusion suivante dans le cadre d’une étude sur 83 patients : « Le stéthoscope est la prolongation de la main du médecin et doit être désinfecté après chaque contact avec un patient ».

Poignée de main, palpation, auscultation, palpation, poignée de main

Sous la supervision des chercheurs, 83 patients de l’Hôpital Universitaire de Genève furent examinés avec des stéthoscopes stériles selon le même schéma. Tout d’abord, les médecins participants devaient se désinfecter les mains soigneusement et accueillir leurs patients avec une poignée de main. Puis ils devaient palper l’artère radiale et les ganglions lymphatiques cervicaux et sus-claviculaires de leurs patients. Après avoir écouté le cœur et les poumons, les médecins examinèrent les organes de l’abdomen par percussion et palpèrent la surface du corps et les extrémités inférieures du patient. Puis ils dirent au revoir à leurs patients avec une poignée de main.

La charge microbienne et le SARM

Cette procédure fut réalisée par deux groupes différents : un groupe de médecins portant des gants stériles, qui fournirent des informations sur le nombre total de bactéries ; le deuxième groupe ayant les mains nues et désinfectées. L’échantillon de contact des gants stériles fut étudiée par les scientifiques de Genève pour une contamination par le SARM après que l’échantillon de contact du gant des médecins avant l’examen ait été contrôlé négatif pour le SARM. En moyenne, la dernière douche ou la dernière toilette des patients avait eu lieu dix heures avant l’examen. Après chaque examen normalisé d’un patient, les médecins de l’étude ont pris pour chacun des médecins traitant six échantillons de contact : sur la membrane de stéthoscope et le tube du stéthoscope, le bout des doigts, le dos de la main, du pouce et le petit doigt. Les scientifiques laissèrent toutes les unités formant colonie (ufc) des 489 échantillons prélevés croître sur un milieu de culture standard.

Le bout des doigts et la membrane de stéthoscope sont les plus contaminés

Le résultat n’est guère surprenant et n’a laissé aucune question sans réponse : les gants auparavant stériles présentaient des microorganismes totalement éparpillés après étude. Sur le bout des doigts, les enquêteurs furent en mesure de trouver 467 ufc. La pulpe du pouce et le petit doigt furent nettement moins touchés avec 37 et 34 ufc, il y en avait le moins sur le dos de la main avec 8 ufc. De ces données, les chercheurs voient la confirmation de la nécessité de règles d’hygiène strictes qui exigent la désinfection régulière des mains. La charge microbienne totale de la membrane de stéthoscope était en corrélation avec la contamination du bout des doigts et était même supérieure à la charge de germe du reste de la main avec une moyenne de 89 ufc. Même les médecins qui avaient mené leur auscultation avec les mains nues, mais désinfectées, eurent un résultat similaire. Dans ce groupe, les enquêteurs cultivèrent sur un milieu sélectif les Staphylococcus aureus résistants à la méthicilline. Encore une fois, les doigts de médecins ont été les plus contaminés avec une moyenne de douze ufc, le diaphragme du stéthoscope suivant avec sept ufc.

Il faut désinfecter le stéthoscope, mais comment ?

Les résultats de cette petite étude semblent clairs : pour éviter l’infection par le SARM, la désinfection des mains ne suffit évidemment pas. Les médecins de l’étude recommandent que le stéthoscope passe donc aussi par une désinfection de routine, comme les mains. Cependant, leur étude a aussi quelques faiblesses : elle a été menée dans un seul hôpital avec relativement peu de médecins et de patients. Un patient sur deux portait apparemment le germe dangereux du SARM sur sa peau, mais les médecins de l’étude ne cherchèrent pas la source de contamination bactérienne dans l’étude. De plus, en raison de cette étude, il n’y a aucun témoignage de médecins praticiens sur ​​l’exposition des stéthoscopes. Même ceux qui sont maintenant prêts à désinfecter leur stéthoscope après chaque examen n’ont jusqu’à présent pas de données fiables sous la main. Il n’a pas encore été étudié comment cette procédure pourrait être réalisée en toute sécurité et efficacement.

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1 commentaire:

La on a de la théorie mais la pratique est totalement différente, vous croyez que le médecins vont nettoyer leurs stéto. Ils ne savent déjà pas laver leurs mains………………..

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