La thérapie magnétique : le rembobinage

18. août 2010
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Les thérapies par champ magnétique comptent parmi les plantes tenaces dans la jungle des méthodes à l’écart du chemin de la médecine traditionnelle. L’éventail est large et la recherche apporte en partie des résultats intéressants. Deuxième partie de la série sur la médecine alternative.

Les champs magnétiques sont fascinants, cela ne laisse aucun doute. Celui qui a eu une fois le plaisir et la permission de pouvoir jouer avec des parties métalliques à l’entrée d’un IRM 3 Tesla moderne le confirmera. Les forces invisibles qui agissent là sont tellement énormes que l’on peut imaginer pouvoir aussi produire des effets thérapeutiques sur l’organisme humain avec l’aide d’un champ magnétique.

Se blottir contre des aimants n’apporte pas grand chose

Le monde du magnétisme dans la médecine est toutefois relativement coloré. Outre les aimants conventionnels, statiques qui produisent des champs magnétiques d’une force située entre 30 et 500 millitesla, il existe des aimants dynamiques qui constituent électriquement des champs magnétiques changeants en intensité ou direction à l’aide de bobines. Les aimants statiques sont bien les plus proches de la fascination associée au romantisme avec le magnétisme. Et ils sont avant tout utilisés pour combattre la douleur dans la réalité des thérapies de médecine alternative. Enveloppé dans des bandages, déposé sous des matelas, transformé en collier ou intégré dans une semelle de chaussure : en matière d’approche thérapeutique d’aimants, tout existe. Cette forme de thérapie est particulièrement appréciée dans la zone anglo-américaine.

Pour faire suite à une publication dans les « Annals of Internal Medicine », jusqu’à 28 % des patients avec des douleurs articulaires rhumatismales utilisent des aimants aux U.S.A. ou une variante de cette méthode : des bracelets en cuivre comme thérapie accompagnatrice pour lutter contre la douleur. « Les indices sur des données scientifiques ou des mécanismes biologiques qui justifieraient cette approche sont néanmoins très limités », écrit le Dr. Max Pittler, dirigeant autrefois la chaire de médecine alternative à l’université Exeter dans le sud de l’Angleterre, aujourd’hui Cochrane Collaboration, dans un rapport publié en 2007 dans le magazine CMAJ de la Canadian Medical Association sur cette thématique. Dans ce travail, les auteurs ont identifié 29 études pertinentes potentielles, parmi lesquelles 9 études contrôlées randomisées dans lesquelles les patients quantifiaient la douleur avec une échelle analogue visuelle. Les résultats étaient au demeurant peu encourageants : dans la plupart des études, il n’y avait pas de différence significative entre les vrais aimants et les aimants placebo et la vue d’ensemble était de cette manière aussi clairement négative.

Apprécié depuis récemment dans l’oncologie

Un regard plus précis sur les données donne une image très peu nuancée : l’arthrose des articulations périphériques est l’indication pour laquelle les données pour les aimants statiques ne sont pas si clairement négatifs que pour d’autres indications. Les auteurs voient ici des chances d’autres études cliniques. Depuis la publication du travail en 2007, il ne s’est pas passé grand chose : « le nouveau remaniement des données n’a pas eu lieu jusqu’à présent et je ne sais pas vraiment si de nouvelles études se sont rajoutées », dit Pittler à DocCheck.

Le paysage de la science est un peu plus dynamique dans le domaine des champs magnétiques dynamiques. Ce champ s’est considérablement élargi ces dernières années. Beaucoup de ce qui est examiné en ce moment n’a plus grand chose à voir avec la médecine alternative classique. Avant tout l’oncologie a découvert les champs magnétiques pour elle-même – même si de manière différente de ce que l’on attendait. C’est ainsi que le groupe de travail berlinois autour d’Andreas Jordan de la MagForce Nanotechnologies AG est sur le point d’obtenir une autorisation pour une thérapie par champ magnétique pour des patients avec glioblastome. Le principe : les médecins injectent des particules d’oxyde de fer qui produisent de la chaleur par champ magnétique externe. Celle-ci tracasse à son tour la tumeur. Dans une étude avec 59 patients avec récidive d’un glioblastome présentée il y a 6 mois, la survie moyenne est de 13,4 mois, le double de la normale.

Les champs électriques changeants influencent même les cellules cancéreuses

Si l’on reconnait que la production de chaleur par champ magnétique et par particules nano n’est pas tout à fait ce que les romantiques du champ magnétique veulent en fait dire quand ils parlent de champs magnétiques thérapeutiques, il y a toutefois aussi des approches qui sont proches de l’original, notamment dans le cas d’une récidive du glioblastome. L’entreprise israélienne NovoCure a présenté il y a seulement quelques semaines au congrès annuel de la « American Society of Clinical Oncology (ASCO) » les résultats d’une étude de phase III pour laquelle 237 patients furent traités soit avec des champs électriques changeants ou bien avec une chimiothérapie standard. Les champs électriques sont produits par l’appareil NovoTTF-100A. L’application s’effectue à l’aide d’électrodes fixées sur le cuir chevelu. Le tout ressemble un peu à un bonnet de bain.

Les résultats étaient positifs dans la mesure où la survie entre les 2 groupes dans l’intention to treat-Analyse avec en moyenne 6 mois pour chacun ne se différencie pas de manière significative. Si l’on suppose donc que la chimiothérapie est efficace, la stimulation transcranienne était alors pas moins inférieure. Dans la population per protocole, la survie totale était même meilleure avec 7,8 contre 6,1 mois. Il va de soi qu’il y avait pour le reste certains avantages pour la stimulation dans le cas de la tolérance. Actuellement se déroule malgré tout aussi encore une étude européenne sur l’association de la thérapie de champ magnétique avec le témozolomide pour identifier un effet additif possible.

Résumé :

La science sérieuse fonctionne aussi avec des concepts de thérapie apparemment singuliers. On doit seulement le faire. Et l’on a besoin dans ces circonstances d’une longue respiration. Le pionnier du champ magnétique nano Andreas Jordan connait la chanson : « Nous avons eu besoin de plus de 20 ans pour pouvoir nous trouver maintenant juste avant l’autorisation ».

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Dr Jean SURZUR
Dr Jean SURZUR

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