Burnout du médecin : les médecins en cabinet explosent aussi

5. mai 2014
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Jusqu’à présent, un mythe persiste selon lequel les médecins en hôpitaux ont un risque plus élevé de burnout que ceux en cabinet. Daniel Roberts et ses collègues de la Mayo Clinic ont récemment démontré que les médecins en cabinet privé sont aussi touchés que ceux en hôpitaux.

Un burnout affecte tous les domaines de la vie – plus rien ne fonctionne. Le psychanalyste Herbert Freudenberger (1927-1999) a utilisé le terme « burnout » pour la première fois en 1974. Toute personne qui explose devient cynique, isolée et ne travaille plus efficacement. Cela peut avoir des conséquences particulièrement graves pour les professions médicales.
Les médecins en hôpitaux sont souvent soumis à des temps de service imprévisibles. Ils travaillent avec des patients gravement malades et les proches concernés. Leur vie privée est parfois considérablement réduite. Les heures de travail élevées sont en corrélation avec le taux de malades en burnout chez les praticiens en médecine interne, les médecins généralistes, les médecins en soins palliatifs, les jeunes médecins en formation et les radiologues, selon ce qu’une étude a montré. En outre, les médecins hospitaliers sont souvent jeunes et inexpérimentés, ce qui augmente leur stress. Les hiérarchies fortes à l’hôpital et la pression « par au-dessus » s’ajoutent à tout cela. Des études ont montré que les jeunes médecins sont plus souvent concernés par le burnout que les plus âgés en raison de leur inexpérience. Les médecins en hôpital se montrent aussi susceptibles que les médecins en cabinet de souffrir d’un burnout d’après les études.

D’autre part, le travail à l’hôpital peut protéger de nombreuses façons contre l’épuisement professionnel : Si les plans de service sont bien organisés et maintenus, ils sont un cadre fiable. Les relations sociales avec les collègues protègent de l’isolement. De plus, la possibilité de faire de la recherche, d’enseigner et de se former en permanence réduit le risque de burnout.

Burnout et insatisfaction au travail ne sont pas la même chose

Daniel Roberts et ses collègues ont présenté sur la base des résultats précédents l’hypothèse suivante : les praticiens hospitaliers sont plus souvent touchés par le burnout que les médecins en cabinet. Ils ont sélectionné des études sur le burnout chez les médecins dans le monde entier. Sur plus de 1800 articles, ils ont choisi 54 études qui ont été adaptées pour tester leur hypothèse. Ils soulignent que « burnout » et « dépression » ne doivent pas être assimilés : alors que le burnout couvre habituellement un champ spécifique, comme le travail, la dépression comprend tous les aspects de la vie. En outre, « l’insatisfaction au travail » ne correspond pas au « burnout » : une étude sur les médecins ORL opératoires a montré que 97 pour cent d’entre eux étaient satisfaits du travail. Du même groupe, cependant, 34 pour cent se sentaient en burnout.

Questionnaires qui détectent le burnout

Afin de détecter un burnout, il existe plusieurs questionnaires disponibles. Le plus accessible est le Maslach Burnout Inventory (MBI), composé de 22 articles, qui analyse trois composantes « épuisement émotionnel, dépersonnalisation et effort/rendement personnel ». En outre, le Copenhague Burnout Inventory est souvent utilisé : il se compose de 19 items et s’interroge sur les composants « burnout personnel, burnout lié au travail, et burnout lié aux clients ». Le « questionnaire sur le comportement et l’expérience liés au travail » est un questionnaire détaillé en 66 points sur l’engagement professionnel, la résistance au stress et le bien-être émotionnel.

Les deux groupes de médecins sont comparables

Les auteurs ont finalement évalué 54 études appropriées. 15 de ces études comparent directement les médecins des hôpitaux et les médecins en cabinet. 22 études ont porté sur les cabinets privés et 17 études sur les médecins en hôpital.

Les auteurs ont comparé, entre autres, 9 études directement. Ces essais ont inclus 1390 médecins en cabinet et 899 médecins hospitaliers. Les praticiens en hôpital et ceux en cabinet sont ainsi également touchés par le burnout : sur une échelle de 54 point, les valeurs diffèrent de seulement 0,11 points de la moyenne. Les deux groupes de médecins souffrent également fréquemment de « dépersonnalisation », c’est à dire le sentiment de ne plus être soi-même. De même, les deux groupes de médecins ne diffèrent pas en fonction de leur efficacité et de l’engagement personnel. Certaines études ont montré que le stress émotionnel des médecins en cabinet était supérieur à celui des médecins hospitaliers, mais cela est particulièrement vrai pour les médecins américains. Cependant, les auteurs ont comparé les diverses études de manière statistique, et de cette manière, ils n’ont pas pu montrer de différence.

Daniel Roberts et ses collègues ont donc réfuté leur propre hypothèse. Ils ont pu montrer que les médecins des hôpitaux et les médecins généralistes ont un risque sensiblement égal de souffrir de burnout.

3 note(s) (3.67 ø)
Études, Médecine, Psychiatrie

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