Adam avec Padam

31. août 2010
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Le fait de savoir dans quelle mesure un taux de testostérone bas est un signe d’hypogonadisme fait l’objet de points de vue controversés et a scientifiquement peu de fondement. De nouvelles études instaurent le doute quant au traitement à la testostérone en tant que remède universel.

Indépendamment des controverses, on peut gagner beaucoup d’argent avec l’andropause. Manque d’énergie, problème de concentration, performance décroissante, dépression, troubles de l’érection, etc… ; les troubles typiques d’un fonctionnement déficient des gonades apparaissant avec l’âge sont traités depuis des années sous le terme médical « PADAM » (partial androgen deficiency in the aging male) avec des injections, des comprimés ou des patchs de testostérone. Depuis, l’âge critique et les thérapies qui y remédient ne sont plus le droit exclusif de la femme. Les magazines de santé encouragent à ne plus subir l’andropause, le climatère viril ou la crise de la quarantaine. Mais le traitement à la testostérone est-il vraiment judicieux ? Les endocrinologues mettent en garde contre l’emploi de l’hormone de manière peu critique et sans l’avis d’un spécialiste.

Un taux de testostérone plus faible, pas d’indice d’hypogonadisme

Pour pouvoir éclaircir la situation, les chercheurs autour du Professeur Frederick Wu de l’université de Manchester ont réalisé une grosse étude visant à analyser précisément les liens entre les symptômes de l’andropause et le manque en testostérone. Les chercheurs interrogèrent environ 3 300 hommes d’un âge compris entre 40 et 79 ans sur leurs troubles et les mirent en relation avec le taux de testostérone de chacun d’entre eux. L’évaluation, qui fut publiée dans le « New England Journal of Medicine« , montra que seulement 3 symptômes sexuels étaient un indice d’hypogonadisme lié à un taux de testostérone faible : érection matinale rare, désir sexuel faible et troubles de l’érection.

La différence entre les hommes sans et les hommes avec des symptômes relatifs sexuels aurait été minimale, nous dit Wu. Des troubles de l’érection auraient été aussi constatés chez les hommes avec un taux de testostérone élevé. Un taux d’hormone bas en tant qu’indice d’un fonctionnement déficient des gonades a été établi chez seulement 2 % des volontaires plus âgés. Cela voudrait dire qu’il n’existe aucune association directe entre le manque de testostérone et la force musculaire voire la performance s’affaiblissant, le manque d’énergie, les problèmes de concentration, la surcharge pondérale ou les troubles de l’érection. Pour le dire simplement : l’andropause sont plutôt un emballage trompeur.

Et quelle est la conséquence de ce résultat ? « Par le passé, il y eut toute une série d’études dans lesquelles par exemple le lien entre les maladies du métabolisme lipidique et le manque en testostérone ont été analysés. Les résultats étaient contradictoires la plupart du temps », dit le Professeur Dr. Christof Schöfl, Directeur de l’endocrinologie et de la diabétologie à la clinique universitaire d’Erlangen. « Il n’y a jusqu’à présent pas eu d’étude comme celle des chercheurs autour de Wu. Le résultat est donc très important. Cependant l’étude de Boston, présentée aussi récemment, va encore plus attirer l’attention des collègues ».

Risque cardiovasculaire pour les maladies chroniques

L’étude clinique de l’université de Boston avec des hommes plus vieux limités dans leur mobilité aboutit sur le fait que les traitements à la testostérone pourraient aussi avoir des effets secondaires dangereux. Les endocrinologues auraient prescrit pour un groupe un gel placebo et pour l’autre, un gel en testostérone à utiliser plus de 6 mois. Ils constatèrent que l’application du gel de testostérone chez les hommes qui souffraient en plus de maladies chroniques comme l’hypertension, le diabète ou la surcharge pondérale était liée à un risque cardio-vasculaire plus élevé. « Le résultat ne rend pas la décision plus facile », nous dit l’endocrinologue Schöfl, « quand d’autres études suggèrent à leur tour les effets bénéfiques d’un traitement de remplacement à la testostérone ».

Les liens laissent les causes incertaines

L’institut de chimie clinique et médecine de laboratoire à l’université Greifswald par exemple avait découvert cette année dans une étude à laquelle Schöfl avait aussi participé qu’il existe un lien pertinent entre les concentrations faibles en testostérone et la mortalité précoce chez les hommes. Mais on ne put pas en déduire que le taux faible de testostérone est la cause de la mortalité précoce. Les chercheurs avaient aussi démontré que les hommes avec un taux de testostérone faible souffraient plus souvent d’obésité, de stéatose hépatique, d’hypertension ou de diabète. « Aussi longtemps que les causes ne sont pas connues, la question qui est de savoir si le traitement à la testostérone est bénéfique demeure », nous dit Schöfl. Comme deuxième facteur d’incertitude s’ajouterait le fait que les mesures du taux de testostérone ne sont pas fiables. Résumé de l’endocrinologue : « Certaines associations concernant le manque en testostérone ne doivent pas entraîner une prescription de la testostérone sans esprit critique. Le traitement doit être décidé au cas par cas et contrôlé régulièrement. En tout cas, ce qui est judicieux pour des facteurs de risque prévisibles est de changer de style de vie, c’est-à-dire bouger suffisamment, se nourrir de manière équilibrée et boire peu d’alcool ».

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1 commentaire:

tres bien! prudence

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