Hypnothérapie : pas de clic clac

30. septembre 2010
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La décontraction profonde et la concentration sur des images intérieures ont beaucoup plus de force que ce que pensent les médecins de médecine traditionnelle. Celui qui est prêt à confier sa santé entre les mains d’un hypnothérapeute expérimenté a de fortes chances de pouvoir se débarrasser de ses peurs et de surmonter des opérations sans anesthésiants.

Le magazine « Spiegel » reproduisait récemment une petite annonce du Journal « Rheinische Post » : « Patiente recherche autres patients ayant été hypnotisées de manière misérable par un naturopathe, sans succès ». On a pourtant vu si souvent à la télévision un hypnotiseur professionnel mettre une victime du public en transe involontaire. Complètement livré à l’hypnotiseur, elle fait tout ce qu’on lui demande de faire avant que la démonstration ne soit terminée par un claquement de doigts. Tout semble être très facile.

Des images réelles de l’intérieur

La Suède, le Danemark et Israël sont les seuls pays au monde où seuls des médecins et des psychologues formés ont le droit de mettre leurs patients sous hypnose. Au delà de l’abracadabra, il y a aussi chez nous un tout autre côté de la méthode de traitement. Celui qui libère des douleurs et des peurs et qui peut contrôler le métabolisme. L’homme sous hypnose peut influencer la pression sanguine, le taux d’hormones et même l’activation de son système immunitaire. Environ 10 000 médecins et thérapeutes utilisent la méthode reconnue entretemps en psychothérapie pour le traitement des maladies corporelles influencées psychiquement. On compte parmi elles entre autres aussi l’insomnie et la dépendance à la nicotine.

Celui qui croit que l’hypnose est une perte de conscience induite se trompe. Guidé par le thérapeute, le patient se procure un état de relaxation profonde. Il s’ouvre à des images et sentiments intérieurs qu’il perçoit de manière beaucoup plus intensive qu’en étant éveillé. Il entrevoit des possibilités et des chemins qu’il ne remarque pas au quotidien car ses contraintes mais aussi de temps à autre sa « pensée logique » lui barrent le chemin. Ils semblent réels à la personne relaxée et concentrée.

Consolidée scientifiquement

Non seulement la demande croissance mais aussi des études cliniques – au nombre de 200 environ – prouvent que l’hypnose agit. La majorité d’entre elles montre que la méthode ne repose pas seulement sur un effet placebo comme on le dit de certaines autres méthodes de traitement alternatives. Déjà en 2002, une méta-analyse avec plus de 40 études du professeur de psychologie de Constance, Walter Bongartz, montre que le taux de réussite pour les maladies avec l’hypnothérapie est d’environ 60 % et s’élève par contre sans elle à environ 40 %. Une étude suisse montre un succès mesurable pour les rhumes des foins et une autre étude allemande indique qu’il y aurait moins d’accouchements prématurés quand les femmes s’entraînent lors de la préparation à l’accouchement à la contraction et décontraction nécessaire par hypnose. D’autres domaines d’utilisation avec de bons résultats mesurables : réorganisation des habitudes de vie en cas d’adiposité et de dépendance à la cigarette, d’insomnie, de mal de l’air et peur d’examens ou d’énurésie chez les enfants. Celui qui a peur des douleurs d’un traitement dentaire et évite depuis des années dans le pire des cas le fauteuil redouté est ainsi aidé 1000 fois plus par des dentistes spécialistes en hypnose que celui qui n’a pas peur de la roulette et se fait traiter. Autre avantage de la transe avec peu ou pas d’anesthésie locale : la gencive est irriguée de nouveau en sang plus rapidement après le traitement, la guérison est beaucoup plus courte, le sentiment de rugosité n’apparait pas.

Découpler et reprogrammer

D’où provient la force qui se cache derrière l’hypnose ? Malgré son côté « relaxation », la transe est un état de grande attention. La concentration ne se tourne cependant pas vers l’extérieur mais vers l’intérieur. Ce qui est typique pour les patients sous hypnose, ce sont les processus dissociatifs : les mouvements se font indépendamment de la perception consciente de l’extérieur. Les patients qui ont peur ont par exemple appris à adopter un type de comportement rôdé par rapport à certains stimuli. L’hypnose permet de séparer la cause et le déroulement. Le thérapeute et le patient peuvent « reprogrammer ». C’est la même chose pour les douleurs. Une piqûre d’aiguille ne fait plus forcément mal.
À l’aide de la TEP et de l’IRM fonctionnels, les processus correspondants dans le cerveau sont visibles. Dans l’hypnose, la connectivité des différentes régions du cerveau est fortement diminuée et le « centre de prise de décision » dans le cortex frontal est freiné. La transe découple le « centre d’attention » dans le cortex cingulaire antérieur (CCA) du cortex préfrontal latéral. Le centre de perception des sens et la réaction correspondante n’obéit ainsi plus à la logique de l’hypnotisé mais plutôt à celle de l’hypnotiseur et des images intérieures produites. Stephen Kosslyn de l’université d’Harvard montra dans une étude à ses volontaires une série d’images colorées et leur correspondance en noir et blanc. Dans le cas de ces dernières, les centres correspondants dans le centre de la vue répondaient nettement moins. En hypnose – quand il suggérait à ses volontaires que les tons de gris étaient maintenant colorés – il activait ainsi le centre de la vue aussi bien qu’en réalité. Le groupe de contrôle éveillé ne réagissait par contre pas.

Pas la panacée

Mais cela ne fonctionne pas chez n’importe qui. Environ 10 % de la population ne peut pas être hypnotisée. Selon les résultats les plus récents, les gènes en sont aussi responsables. Une confiance absolue dans les thérapeutes est aussi indispensable pour se livrer à lui en transe. L’hypnose n’a pas de prise ou est dangereuse sur celui qui souffre d’une psychose ou de douleurs chroniques en raison d’une neuropathie. Les espérances sont aussi entretemps plus grandes que ce que la méthode peut réaliser. Un Cochrane Review ne voit ainsi aucun avantage évident dans le sevrage de la cigarette par rapport à d’autres stratégies. Également dans le traitement du colon irrité, les meneurs de la Cochrane-Review voient encore un énorme besoin de recherche comme pour beaucoup d’autres états pour pouvoir avoir des arguments solides pour ou contre la guérison par la transe.

Finalement, encore beaucoup de moutons noirs pratiquent en Allemagne. Ils sont le plus grand soucis des diverses communautés spécialisées (les plus importantes sont DGH, DGZH, MEG et DGÄHAT). Celui qui n’aime pas utiliser l’hypnose au cabinet médical et pas en spectacle doit suivre une formation de plus de 200 heures. Une charge en temps et en argent importante que les caisses n’honorent jusqu’à présent que de manière extrêmement réticente. Mais celui qui en tant que patient s’est engagé dans cette méthode de guérison très ancienne recourra aussi à l’avenir plutôt à la relaxation profonde qu’à un tranquillisant et un antidouleur.

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5 commentaires:

Docteur Jean-Luc HONORE
Docteur Jean-Luc HONORE

Une solution à bien des problèmes, comme le souligne cet article. Mieux vaut débuter par l’hypnose avant d’entreprendre une thérapie médicamenteuse.
J’ai organisé plusieurs conférences dans des services-clubs (Fifty-One, Lion’s, …) sur ce sujet : « L’HYPNOSE » qui se terminaient par des petites démonstrations qui impressionnaient le public.
Je suis passé à la pratique individuelle, dans un but expérimental, avec de très bons résultats et je vais maintenant mettre cette pratique expérimentale à la disposition de patient intéressé par cette technique.

#5 |
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DOCTEUR  ABDERRAHMANE AMROUCH
DOCTEUR ABDERRAHMANE AMROUCH

UN SUJET à controverses mais un intérêt bien réel

#4 |
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samia mazille
samia mazille

j’ai bénéficié de séances d’hypnose dans le cadre d’une démarche de développement personnel,c’est une méthode très efficace pour vaincre certaines peurs pour améliorer ses performances ,ceci permet de faire un profond travail sur soi durable.Ceci suppose d’admettre que l’on a tous des ressources et des richesses pour progresser. Lorsque on a compris qu’il est illusoire de vouloir changer l’environnement ou son entourage mais plutot le regard que l’on porte sur cet environnement on est sur le chemin de la SERENITE!!

#3 |
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michèle Leclercq
michèle Leclercq

Certes, mais si cela peut offrir une alternative au bien être alors pourquoi pas pourvu que l’espèce y trouve un équilibre.

#2 |
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Dr Guy Thysen
Dr Guy Thysen

Un hôpital universitaire local proposait il n’y a pas si longtemps d’apprendre l’auto-hypnose. Le placebo n’est-il pas lui-même une preuve de la force du paranormal. La foi déplace les montagnes et vice-versa. Rien de neuf sous le soleil.

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