L’OMS appelle à une chasse au sucre

22. avril 2014
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Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’humanité devrait réduire sa consommation de sucre de façon drastique. Cependant, cette entreprise ambitieuse doit encore être discutée.

En ce moment, rien ne va plus pour le sucre. Partout, il est dénigré, les discours le qualifiant de drogue ou de dangereuse bombe à retardement. Périodiquement, des études sur ses effets indésirables sur notre corps apparaissent. Il serait responsable de surpoids, de diabète, de troubles cardio-vasculaires, en plus des caries dentaires et même de cancer. Depuis des années, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) conseille de ne pas prendre plus de 10 pour cent de ses besoins énergétiques à partir de sucre. Pour un adulte de poids normal avec une consommation moyenne en énergie, cela correspondrait à peu près à 50 grammes de sucre par jour, soit douze cuillères à café. Mais elle s’est récemment repositionnée. Dans une publication que l’Organisation des Nations Unies a présentée récemment à Genève, l’OMS plaide pour une réduction encore plus grande de la consommation de sucre. Pas plus de cinq pour cent de la demande d’énergie ne doit maintenant être couverte par ​​le sucre.
Les exigences de l’OMS comprennent tous les mono-et disaccharides qui sont naturellement trouvés dans les aliments, utilisés « purs » ou sont ajoutés aux aliments. Enfin, elles comprennent également le miel ou les jus de fruits concentrés.

Augmentation rapide du diabète

L’OMS veut ainsi contrer le problème mondial croissant de maladies telles que l’obésité et le diabète qui deviennent courantes. En particulier dans les marchés émergents, une augmentation rapide du diabète a été observée. Les estimations de la Fédération Internationale du Diabète (FID) vont de 371 millions de diabétiques actuels dans le monde entier à, dans les prédictions les plus sombres, 187 millions de plus. Quatre patients sur cinq vivent dans des pays à revenu faible ou moyen. En Allemagne aussi, la maladie est un problème depuis longtemps. Tandis que la proportion de diabétiques en Allemagne en 1960 était de 0,6 pour cent, elle a augmenté dans la fin des années quatre-vingt à plus de quatre pour cent. Aujourd’hui, plus de sept pour cent des adultes vivent avec un diagnostic de diabète. À ce chiffre, il faut probablement ajouter environ deux pour cent. Ce sont les personnes qui ont développé un diabète mais ne le savent pas. De plus, le problème croissant de l’obésité continue à créer de nouveaux diabétiques. Actuellement, un quart des adultes en Allemagne sont considérés comme obèses.


Un objectif important : la prévention de la carie dentaire

Mais l’obésité et ses conséquences ne sont pas les seuls objectifs abordés par l’OMS. Un de ses principaux objectifs est la prévention de la carie dentaire. Le traitement des maladies dentaires dans les pays industrialisés compte pour 5 à 10 pour cent de leurs budgets de santé, indique l’OMS. Les pays pauvres n’ont pas encore l’argent disponible pour se soucier des dents malades des enfants. Le Professeur Susan Jebb, de l’Université d’Oxford a dit: « Les recommandations de l’OMS envoient au consommateur un message clair sur les risques du sucre ». Cependant, le plus grand défi est de montrer aux gens ce qu’est une alimentation saine.

Inscriptions sur l’emballage souvent incompréhensibles

La plupart des personnes ne connait probablement pas la quantité de sucre ingérée chaque jour. Le sucre se cache notamment dans les produits préparés, même dans les aliments qui ne sont pas perçus comme particulièrement sucrés, selon l’OMS. Ainsi, une cuillère à soupe de ketchup contient une cuillère à café de sucre, donc environ quatre grammes. Un verre de limonade peut même contenir jusqu’à 10 cuillères à café de sucre. Il est parfois difficile de savoir la quantité de sucre contenue dans un aliment particulier. Les indications sur les paquets sont souvent incompréhensibles. Presque personne ne sait combien de noms différents peuvent correspondre à un édulcorant.
Les scientifiques ont déjà montré que renoncer au sucre apporte des avantages. Avant que l’OMS n’ait exprimé de nouvelles recommandations, ils ont évalué la littérature sur ce sujet, 9000 études ont été analysées. La méta-analyse de l’année écoulée commandée par l’OMS en fait partie : la nutritionniste Lisa te Morenga et Jim Mann de l’Université néo-zélandaise d’Otago ont passé en revue 71 études de haute qualité. Bien que la durée des études ne fût pas particulièrement longue, un effet est tout de même apparu : les personnes qui ont ajustés leur consommation de sucre aux recommandations actuelles de l’OMS ont perdu dans un délai de dix semaines à huit mois en moyenne 0,8 kg de poids corporel. Les auteurs de l’étude avaient, déjà à cette époque, conclu qu’il serait raisonnable de contrôler la consommation de sucre pour réduire le risque de surpoids et d’obésité dans la plupart des pays.

Politique d’avenir : commentaire permis !

Cette nouvelle entreprise est ambitieuse. Même les anciennes recommandations étaient loin de la réalité. L’Allemand moyen ne doit pas se priver de 20 ou même 50 grammes, mais 90. Jusqu’à la fin mars, les professionnels intéressés peuvent commenter les nouvelles recommandations. Parallèlement à cela, l’OMS met en place une revue par les pairs. Les résultats de ces deux voies seront intégrés dans la future politique.
Tout le monde ne devrait pas être heureux de ces revendications. Les nouvelles règles de l’OMS pourraient mettre en danger les affaires de nombreux industriels alimentaires. Les aliments sucrés se vendent tout simplement mieux. Le consommateur aime la dose supplémentaire de sucre. C’est pour cela que l’industrie aimerait la maintenir. Il y a déjà quelques années, quand l’OMS avait recommandé de consommer moins de dix pour cent de ses calories quotidiennes dans le sucre, l’industrie de la confiserie s’était rebellée. Elle a exhorté le Congrès Américain à couper les fonds pour l’OMS. Il reste à voir si, cette fois aussi, de telles réactions surexcitées auront lieu.

Définitions ambiguës de l’OMS

Cependant, la plupart des experts de la santé acclament cette réduction de sucre. Mais il y a encore un désaccord sur la manière de procéder. Le professeur Tom Sanders du King College de Londres a souligné qu’il n’y avait pas d’études connues qui montrent qu’un tel objectif est réalisable. De plus, il considère les définitions de l’OMS confuses. Ainsi, le sucre dans le lait ou les fruits ne serait apparemment pas inclus. Avec un peu de fruits et un grand verre de lait on arriverait, cependant, à 60 grammes de sucre. Et le Dr Nita Forouhi, de l’Université de Cambridge considère la cible initiale de 10 pour cent plu

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2 commentaires:

encore une fois des mesures à l’échelle de la population et non adaptées à l’individu; entre un sédentaire et un sportif de haut niveau, la marge est énorme.
On devrait plutôt obliger les gens à « bouger »

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Dr Hugues Versailles
Dr Hugues Versailles

n’oublions pas la farine blanche : index glycémique deux fois plus rapide que le sucre de betterave

#1 |
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