L’halitose : fermez la bouche, ça schlingue !

21. janvier 2013
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L’halitose peut conduire les patients à l’isolement social. Cela ne devrait pas être le cas : malgré les croyances populaires, des actions simples peuvent avoir un effet positif. Ce n’est que rarement qu’une maladie grave se cache derrière la mauvaise haleine.

Tout le monde le sait : si la veille, on a mangé un bon dîner dans un restaurant grec avec des oignons et de l’ail, le lendemain, les gens gardent leur distance. Alors que l’effet dissuasif de divers aliments disparaît après quelques heures ou jours, certains patients souffrant de mauvaise haleine subissent une stigmatisation sociale.

Plus de 25 pour cent des Allemands en sont affectés par phases, et six pour cent subissent ce problème de façon permanente. Sur la base de la littérature en langue anglaise, l’halitose est devenue un terme médical, peu importe les mécanismes qui sont par la suite derrière. L’analyse moderne révèle ainsi beaucoup de molécules malodorantes variées.

Dans les griffes du chimiste

Dans le souffle des patients atteints d’halitose, des chimistes rapportèrent par chromatographie en phase gazeuse couplées à la spectrométrie de masse (GC-MS) près de 700 substances volatiles. Toutes ces molécules ne sont pas responsables de la mauvaise odeur. Cependant, le sulfure d’hydrogène, le méthyl mercaptan, le sulfure de diméthyle et d’autres composés soufrés volatils sont considérés comme coupables. De plus, les amines, les composés aromatiques, les alcools à chaîne courte et les acides carboxyliques ont le même effet d’un pot-pourri peu enviable au sein de l’haleine. De tels produits de dégradation correspondent à environ 85 pour cent de ceux présents dans la cavité buccale. Cela n’est que rarement la conséquence de processus ORL pathologiques (dix pour cent) ou d’un dysfonctionnement des organes internes (cinq pour cent).

Zone de confort pour les bactéries

Des germes comme Solobacterium moorei (Bulleidia moorei) sont actifs dans la cavité buccale. Ils ne sont sas seuls : plus de 80 espèces libèrent du sulfure d’hydrogène des acides aminés contenant du soufre tels que la cystéine, ou synthétisent du mercaptan. Comme sources, on retrouve des débris alimentaires, de la salive ou du sang, pour lesquels les protéases dans la salive entrent également en jeu. Elles dégradent les protéines en acides aminés, entre autres la cystéine – un substrat idéal. Les microbes se sentent particulièrement à leur aise chez les patients ayant un flux salivaire réduit. Derrière ce problème, on trouve à côté d’un apport réduit en fluides divers médicaments, tels que les anticholinergiques, les antidépresseurs, les antiallergiques ou les antihypertenseurs. Rarement les xérostomies sont le signe de maladies sous-jacentes, telles que le syndrome de Sjögren, le diabète ou les troubles thyroïdiens. Après radiothérapie, les patients se plaignent également de sècheresse buccale.

Bien à l’abri

Dans la cavité buccale, les germes colonisent les espaces peu accessibles, comme les obturations en mauvais état, les lésions carieuses ou les poches parodontales. Les parodontites, les gingivites ou des infections localisées conduisent à des résultats similaires. Jusqu’à 80 pour cent de toutes les bactéries de la cavité buccale s’accumulent sur la langue. En cas d’enduit lingual visible, il y a environ 25 fois plus de microbes actifs au niveau local que la normale. Bien que les soins dentaires soit déjà à l’ordre du jour en maternelle, l’organe du goût est souvent lamentablement négligé. À la recherche de stratégies efficaces, les chercheurs ont comparé l’efficacité de différentes méthodes de nettoyage : un nettoyage dentaire avec un dentifrice et une brosse à dents, auquel s’ajoute un nettoyage de la langue avec des brosses disponibles dans le commerce et du dentifrice, ainsi que l’utilisation d’un gel spécifique pour la langue. En plus des évaluations sensorielles, les composés volatils du soufre ont été déterminés par une mesure – à la fois avant et après le nettoyage. Ainsi, une combinaison de brossage des dents et un nettoyage de la langue avec les gels fournirent les meilleurs résultats. Les ingrédients actifs sont aussi intéressants.

Massues chimiques

Afin de réduire le nombre de micro-organismes indésirables, il est logique d’utiliser des antibactériens. La chlorhexidine est l’étalon-or, mais une utilisation prolongée entraîne des changements de couleur et parfois, elle peut avoir un goût irritant. Par conséquent, certains produits contiennent du chlorure de cétylpyridinium, du fluorure d’étain ou du fluorure d’amine, du triclosan, ou du peroxyde d’hydrogène fortement dilué comme une alternative. Et des sels de métaux lourds tels que le zinc ou l’étain forment des composés soufrés volatils dans lesquels les sulfites sont difficilement libérables. Mais le mélange est important : comme une étude de Cochrane le montra déjà en 2008, la chlorhexidine, plus le cétylpyridinium, plus le lactate de zinc réduisent de manière significative l’halitose par rapport au placebo. Et l’huile d’arbre à thé montra, au moins dans des études à moindre échelle, un effet antimicrobien significatif, en particulier contre Solobacterium moorei. Mais tous les produits ne sont pas à la hauteur de leurs slogans publicitaires connus. Des collègues brésiliens examinèrent dans quelle mesure les bains de bouche contenant des extraits de zédoaire (Curcuma zedoaria) ou de thé vert (Camellia sinensis) neutralisent les composés soufrés volatils. Ils ne trouvèrent aucun effet. De plus, les dentistes discutent aussi de manière controversée la question de la durée durant laquelle les substances antibactériennes doivent être appliquées. En effet, utilisées comme thérapie à long terme, elles diminuent aussi la flore buccale utile.

Le grand mal

Il n’y a que quelques rares maladies d’autres systèmes d’organes, telles que la rhino-sinusite ou l’amygdalite, qui se cachent derrière les odeurs désagréables. Après un assainissement réussi, les symptômes primaires en plus de l’halitose s’améliorent. Les profanes pensent d’avantage à des troubles gastro-intestinaux en cas de mauvaise haleine – ce qui est peu probable, même si cela a été pris en charge pendant de nombreuses années. Dans une étude prospective, des collègues turcs examinèrent 121 hommes et 237 femmes avec des symptômes dyspeptiques. Les patients du groupe « halitose » étaient significativement plus susceptibles d’être en proie à des éructations, flatulences et nausées. Le diagnostic ne montra cependant pas de signes cliniques de surcharges gastriques habituelles telles que l’œsophagite, d’insuffisance cardiaque, d’hernie hiatale, de gastrite ou de duodénite. Helicobacter pylori n’a clairement aucun effet sur la formation de composés soufrés odorants. Dans certains cas, cependant, des corrélations entre l’halitose et des diverticules œsophagiens ont été détectées.

Métabolisme hors de contrôle

Différents processus métaboliques – bien que rarement – peuvent causer une mauvaise haleine. À cause d’un manque de sucre, le foie métabolise les acides gras en corps cétoniques, et donc en acétone. La molécule n’est pas utilisée, mais libérée par l’urine ou le souffle – il en résulte une odeur caractéristique. Chez les patients diabétiques, cette acidocétose peut conduire au coma. Et, dernier point mais pas le moindre, les patients ayant une triméthylaminurie, connus dans les pays anglo-américains comme le « Fish-Odor-Syndrom », sentent la triméthylamine.

Derrière cela se cache une maladie génétique, un défaut d’enzyme incurable. Les maladies du foie et des reins, en raison de changements dans le métabolisme, produisent parfois une halitose – uniques cas de médecine interne. Dans la plupart des cas, les médecins et les dentistes peuvent aider leurs patients à chasser cette odeur désagréable de leur monde.

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2 commentaires:

Docteur Xavier Van der Brempt
Docteur Xavier Van der Brempt

Très bon article en effet.
Mais dans la pratique quotidienne, on note toutefois, surtout chez les jeunes enfants, qu’une halitose MATINALE est le plus souvent causée par un reflux gastro-oesophagien, avec CORRECTION DE L’HALITOSE après traitement, mais attention: uniquement le traitement par le domperidon ! Et il doit être pris juste avant le coucher, donc pas comme préconisé dans la notice… Les IPP n’ont évidemment aucune action sur la motilité du cardia.

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Très bon résumé

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