RCP : la véritable pression du sauveteur

15. octobre 2010
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En réanimation cardio-pulmonaire, le rythme ne fait pas tout. Une forte compression du thorax est nécessaire pour que le massage atteigne le cœur. Des gadgets simplifient le quotidien du sauveteur. Et une version iPhone quelque peu douteuse existe déjà aussi.

La réanimation cardio-pulmonaire (RCP) fait partie des mesures médicales pour lesquelles il est difficile de s’entrainer sur un cas réel, c’est-à-dire dans l’urgence. La plupart des médecins et un bon nombre de non-initiés ont théoriquement en tête les quelques mesures qui sont recommandées en cas de première urgence pour un arrêt cardiaque. Mais quand la situation devient sérieuse, le résultat n’est souvent pas optimal. Les nerfs vibrent et il n’est pas rare que, faute d’entrainement, la mesure des gestes ne soit pas bonne, notamment en ce qui concerne la compression du thorax.

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Pour cette raison sont proposés des cours d’entrainement avec des mannequins où plus on se rapproche de la réalité, plus le prix du mannequin est élevé et donc souvent le prix du cours aussi. À l’époque des équipements mobiles, une tendance s’est par ailleurs développée : elle occupe déjà les autorités d’immatriculation au moins en Amérique du Nord : il existe toujours plus de solutions mobiles qui prétendent aider le secouriste en herbe, qu’il soit du domaine médical ou non, lors d’une éventuelle situation de réanimation. Les moins spectaculaires sont des solutions logicielles pour le portable qui reproduisent plus ou moins bien les recommandations de la American Heart Association (AHA) concernant les réanimations cardio-pulmonaires pour les novices. On peut les imaginer comme une sorte de mini présentation pouvant être mise à côté de soi dans des situations d’urgence pour être capable d’agir pas à pas selon les instructions du logiciel. Les meilleures solutions fournissent des instructions sonores : elles « disent » au sauveteur ce qu’il a à faire, quand et comment. Un autre élément multimédia : une sorte de métronome qui donne le rythme de « 100 par minute » lors du massage cardiaque externe (MCE). L’appareil PocketCPR de la taille de la paume de la main est un exemple de système aussi sophistiqué. Il est commercialisé par l’entreprise américaine Zoll Medical qui produit entre autres des défibrillateurs. Il fut même autorisé sur le marché par l’autorité d’immatriculation FDA comme instrument en vente libre pour les urgences médicales.

Appuyer jusqu’à ce que le capteur couine

Une mauvaise fréquence de compression est l’une des erreurs les plus fréquentes que les « secouristes » inexpérimentés font lors d’un MCE. Avant tout quand la force s’épuise, la fréquence de compression retombe alors souvent. Une bonne fréquence ne fait cependant pas tout. La force de compression est également décisive : le sauveteur doit exercer un peu de pression pour pomper les 30 % du volume sanguin normal par le corps; selon des études scientifiques, c’est faisable grâce à un MCE correct.

Mais comment peut-on s’assurer que le secouriste appuie avec suffisamment d’énergie ? Zoll Medical a trouvé une réponse : l’entreprise équipe son système PocketCPR d’un accéléromètre qui fut développé par l’entreprise informatique Analog Devices. Quand l’appareil est mis sur la poitrine pendant la réanimation et « accompagne dans la réanimation », le capteur calcule la force de la compression à partir de l’accélération et de la fréquence de compression grâce à un algorithme. Une technique semblable est utilisée sur certains défibrillateurs qui ont fait leur preuve du même fabricant. Il existe aussi la version miniaturisée et sans électrode. Selon les données de la société, le système est calibré pour des personnes âgées de plus de 8 ans. Il peut enregistrer de manière sûre les profondeurs de compressions recommandées par l’AHA de 1,5 jusqu’à 2 pouces (3,8 à 5,1 cm). Mark Totman, Président de la filiale de Zoll Medical Bio-Detek et responsable du système PocketCPR, est persuadé que la qualité des réanimations peut être améliorée par l’accompagnateur numérique : « Beaucoup de personnes ne veulent pas réanimer car elles ont le sentiment de n’être pas assez entraînées. Notre appareil peut leur donner l’assurance nécessaire pour pouvoir agir en cas d’urgence ».

La version iPhone obtient des mauvaises notes

Le système PocketCPR-System avec les capteurs d’accélération coûte 129 dollars américains. – ici une vidéo produit qui n’est pas peu dramatique… Les détenteurs d’un iPhone peuvent économiser cet argent car Zoll Medical propose aussi une application pour l’iPhone coûtant 2,99 euros et qui peut aider à faire un MCE en cas d’urgence. La app qui est déjà disponible depuis 2009 utilise l’accéléromètre intégré dans le iPhone pour évaluer la force de la compression. Mais en cas d’urgence, l’iPhone ne peut pas être facilement placé sur la poitrine pendant que celle-ci est comprimée avec force. Il est trop gros pour cela, trop plat et est composé de trop de verre.

Au lieu de cela, il est fixé au poignet. Cette solution ne fait pas l’objet d’une autorisation de la FDA. Est-ce donc plus un gag qu’une aide réelle ? Les utilisateurs sont du moins plutôt critiques : dans 28 évaluations, la app dans le Apples AppStore a obtenu une note moyenne de 2,5 étoiles sur 5. Mais il faut être juste : la version iPhone du PocketCPR est présentée non pas comme une aide d’urgence pour une réanimation mais comme un instrument pour l’entrainement. Alors aux coussins, c’est parti !

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1 commentaire:

Dr Martine Espouy
Dr Martine Espouy

bon résumé…

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