Cytomégalie – méga risquée pour les fœtus

30. novembre 2010
Share article

Que ce soit des boutons à la lèvre ou la varicelle : les virus de l’herpès sont omniprésents. Dans environ 90 % des cas, les virus de la cytomégalie ne provoquent pas de maux ou presque. Les futures mamans et les patients ayant une immunodéficience sont cependant en danger.

Environ 70 % des adultes sont en contact avec le virus cytomégalique (VCM) au cours de leur vie et produisent les anticorps correspondants. Après la première infection, ils se plaignent occasionnellement de maux de tête et de membres, de ganglions lymphatiques gonflés ou d’une température corporelle élevée – des symptômes qui rappellent plutôt une infection grippale.

« Tant que notre système immunitaire est intact, les virus sont inoffensifs », sait le Prof. Dr. Bodo Plachter, virologue à l’université de Mayence. Même après la disparition des maux, le virus survit toute une vie dans le corps. « Ils sont dangereux en cas d’immunodéficience, par exemple quand les réactions de rejet doivent être réprimées après une transplantation d’organes ». Les patients souffrants de la maladie de Crohn ou d’une colite ulcéreuse sous thérapie immunosuppressive font ainsi également partie des groupes à risque. Et les patients atteints du V.I.H. sont avant tout en danger quand le nombre important des lymphocytes du système immunitaire est bien affaibli. Dans ce cas peuvent apparaître des inflammations dangereuses des organes internes. Des médicaments comme le foscarnet, le ganciclovir ou le valganciclovir tiennent cependant le VCM en échec.
Il y a du nouveau du côté de la prophylaxie : une prise sur 100 jours d’antiviraux était auparavant le remède de prédilection. Des études viennent de montrer que les patients profitent d’une prolongation de la durée du traitement pour ne pas contracter encore une infection virale tardive. Avec une thérapie préventive 2 fois plus longue avec du valganciclovir en prise orale, l’apparition d’une maladie VCM après une transplantation des reins pourrait être réduite de 56 % en l’espace de 12 mois. « Les résultats montrent que le traitement rallongé avec le valcyte pourrait entraîner une amélioration », nous dit le Dr. Atul Humar de l’université d’Alberta au Canada. Mais tous les antiviraux ne peuvent pas être utilisés auprès de futures mamans.

Une immunoglobuline sauve des vies

Des dangers liés au VCM menacent particulièrement pendant la grossesse : avec jusqu’à 2 %, la cytomégalie est considérée comme l’infection la plus fréquente chez les fœtus – bien avant la rubéole et la toxoplasmose. Et chez environ 40 % des cas infectieux, le virus est transmis au fœtus. Les futures mères qui n’ont jamais été en contact avec le VCM sont particulièrement en danger. Elles représentent tout de même la moitié des femmes enceintes. On leur recommande d’éviter si possible un contact avec de grands groupes d’enfants, que ce soit à l’école maternelle, à la crèche ou au service de soins pour les nouveaux-nés. Car le virus s’y trouvera probablement tôt ou tard. Si une infection surgit malgré tout, les conséquences sont graves, notamment au début de la grossesse : déficience d’organes, troubles du développement tardifs ou handicap mental. Selon les données du privat-docent le Dr. Andreas Clad de Freiburg, environ 600 à 800 enfants naissent avec des dommages irréversibles dûs à une infection du VCM tous les ans seulement en Allemagne.

Les immunoglobines, des anticorps contre le VCM, offrent une protection efficace au fœtus et à la future mère. Elles sont autorisées depuis 1982 dans le traitement des infections chez les patients ayant subis une transplantation. Des firmes spécialisées extraient les préparations à partir du sang des patients qui purent repousser le VCM avec succès. Et en tant qu’anticorps, les immunoglobines se lient aux virus de la cytomégalie lors de la thérapie et les inactivent.
Des chiffrent en prouvent l’efficacité de manière impressionnante : dans une étude avec 181 femmes enceintes et infectées par le VCM, seulement 3 % des enfants du groupe de thérapie présentèrent des anomalies médicales importantes. Dans le groupe de contrôle, ce n’était pas moins de 50 %. Etant donné que l’immunoglobuline passe par le placenta, le fœtus peut aussi être traité. Mise à part l’utilisation d’origine pour les patients ayant subi une transplantation, de nouveaux terrains d’action s’ouvrent ainsi pour les immunoglobulines.

Allaiter de manière novatrice

Aucun doute : les bébés devraient être allaités dans les premiers mois de leur vie pour développer un système immunitaire en état de fonctionner. C’était problématique chez les mères avec une infection du VCM car une infection peut être aussi transmise via le lait maternel. On leur a recommandé de renoncer à allaiter. L’entreprise Virex GmbH vient de développer une solution novatrice avec d’autres partenaires. Grâce à un bref réchauffement et un refroidissement rapide, ils sont notamment parvenus à traiter le lait maternel pour que les protéines importantes conservent leur activité et que le VCM soit inactivé thermiquement.

La transplantation d’organes en sûreté

Les patients ayant subi une transplantation en profitent également, et pas seulement pour la prophylaxie du VCM : s’ils sont traités avec les immunoglobulines correspondantes avant l’intervention prévue, l’apparition du cancer des ganglions lymphatiques peut ainsi être efficacement refreinée. Les scientifiques de la clinique universitaire d’Heidelberg sont parvenus à cette conclusion. Ils évaluèrent plus de 40 000 données de l’étude internationale Collaborative Transplant Study. La maladie maligne est certes déclenchée par une infection du virus Epstein-Barr de la même famille que le virus cytomégalie. « Nous avons aussi constaté des anticorps contre le virus Epstein-Barr dans les préparations d’anticorps contre le VCM », nous dit le Prof. Dr. Gerhard Opelz, le Directeur médical de l’immunologie de la transplantation à la clinique universitaire d’Heidelberg. Ils seraient probablement chargés d’empêcher le lymphome d’apparaître. L’immunoglobuline doit cependant être administrée de nouveau après l’opération à plus grands intervalles sinon la protection s’élimine après 1 an environ.

Attendre le vaccin

Malgré toutes les options thérapeutiques, un vaccin est et reste la thérapie de prédilection. De bonnes nouvelles arrivent du Children´s Hospital de Birmingham en Grande-Bretagne : le groupe de travail de Robert F. Pass présenta avec d’autres chercheurs des résultats très prometteurs d’une étude de phase II dans laquelle on était parvenu à déclencher la production d’anticorps contre le VCM avec une protéine de surface produite par génie génétique. Les femmes en âge de procréer peuvent être ainsi protégées d’une nouvelle infection de manière fiable. Le nombre des maladies congénitales cytomégalie chuta par conséquent. Pour confirmer ces résultats, une grande étude se déroule en accord avec l’agence européenne des médicaments EMEA. Novartis Vaccines and Diagnostics rapportait il y a quelques mois que l’on se serait assuré la licence exclusive pour un vaccin contre le VCM se trouvant encore en phase de développement. « Nous considérons ces candidats de vaccination pour la prévention des infections du virus cytomélagie comme extraordinairement prometteurs », expliqua le CEO Dr. Andrin Oswald.

1 note(s) (5 ø)
Non classé

Comments are exhausted yet.

1 commentaire:

tres bon article!

#1 |
  0


Langue:
Suivre DocCheck: