Les risques du régime : Gorleben dans le ventre

15. décembre 2010
Share article

Les personnes obèses qui maigrissent n’ont pas forcément une vie plus saine. Si les données d’une étude comprenant plus de 1 000 américains se confirment, les réserves de graisse qui fondent s’accompagnent de polluants dangereux migrant dans le sang.

« Si vous ne maigrissez pas, vous irez tôt ou tard aux urgences suite à un d’infarctus ». C’est ainsi que pratiquement tous les généralistes devraient mettre en garde leurs patients dont l’indice de masse corporelle (IMC) dépasse 30. Les avertissements sont en effet de plus en plus indispensables. Selon les chiffres de l’institut Robert Koch, le taux des personnes obèses est passé d’environ 12,5 % en 2003 à environ 16 % l’année dernière chez les adultes. L’augmentation est encore plus forte chez les adolescents : l’index passa d’environ 2,5 % à 7,1 % chez les garçons et 5,4 % chez les filles.

La graisse fond, les POP apparaissent dans le sang

Donc : faire un régime et du sport et les kilos fondront ! Stop ! Si les résultats des nutritionnistes coréens publiés il y a quelques semaines dans le « International Journal of Obesity » se confirment, le corps échange les kilos perdus et ainsi une réduction du stress pour le corps et la circulation sanguine contre un poison fait maison. Les poignées d’amour disparaissant, des substances lipophiles sont en effet libérées; ces substances ont un rapport avec les réserves destinées aux périodes de vaches maigres. Celui qui famine et fait ainsi baisser son IMC libère nettement plus de polluants organiques persistants (POP). Des substances telles qu’on les retrouve dans les informations sur la pollution comme l’insecticide DDT, la dioxine ou bien les plastifiants PCB (polychlorobiphényles).

Des études datant d’il y a 10 ans donnèrent un premier indice sur une plus forte concentration de toxines dans le sang après avoir maigri. Les résultats furent mesurés cependant uniquement et directement après la perte de poids. On ne pouvait aussi jusqu’à présent pas répondre à la question consistant à savoir si la surcharge – via les POP – diminue quand les bourrelets perdurent. Duk-Hee Lee de la « Kyungpook National University » à Daegu en Corée et ses collègues analysèrent les données de 1 099 participants de plus de 40 ans d’une grande étude américaine sur la santé. Les chercheurs se fièrent aux informations données par les participants concernant leur poids 1 an voire 10 ans avant l’étude. Un chromatographe gaz détermina la concentration des polluants dans les échantillons de sérum.
On constata une corrélation négative évidente entre la variation de poids et la concentration du sérum pour les 7 polluants identifiés. Les coefficients pour les différents PCB et dérivés du DDT étaient de – 0,2 en l’espace de 10 ans. Celui qui avait pris du poids réduisait encore plus sa concentration en POP dans le sang que les participants ayant un IMC stable. Les corrélations concernant la variation de poids en l’espace d’une année étaient certes notoires mais cependant nettement plus faibles.

Augmentation de 388 %

Des analyses allemandes essayèrent de démontrer que ces données sont aussi transposables à l’Allemagne. Les U.S.A. sont effectivement l’un des rares États à ne pas avoir jusqu’à présent adhéré à l’accord de Stockholm concernant la fabrication et la propagation des POP. Des évaluations actuelles uniquement peuvent expliquer si la réduction de ces polluants dans l’environnement et les aliments a amélioré la situation car il y a quelques années, des analyses au Canada démontrèrent une tendance similaire malgré que le pays ait entretemps signé l’accord. Par exemple Normand Teasdale du Québec examina ainsi des personnes obèses qui s’étaient soumises à une opération bariatrique et avaient ainsi perdu environ 45 % de leur poids. Les liaisons chlore organiques dans le sang augmentèrent de 388 %.

Complètement à la hauteur du ventre et de l’esprit

La tendance à l’embonpoint grandissant, les risques de pompe et de système d’alimentation du corps augmentent également. Une étude réalisée en l’an 2000 au Pays de Galles montra toutefois que ce n’est pas la prise de poids modérée en milieu de vie qui engendre une plus forte mortalité mais avant tout l’obésité dans les plus jeunes années. Celui qui était déjà gros à l’âge de 18 ans a probablement plus de chances de mourir qu’un quinquagénaire bien en chair qui s’est approprié ses poignées d’amour dans les dernières années seulement. Une publication de Finlande de 2005 montra finalement que la mortalité augmente avec la perte de poids ciblée. Une étude de neurologues de Pittsburgh de l’année dernière démontre en définitive que le corps n’est pas le seul à souffrir d’un régime excessif : le système nerveux central aussi. Les personnes âgées ayant un IMC bas ou dont la masse corporelle régresse rapidement présentent un risque plus élevé de trouble mental lié à la maladie d’Alzeimer et à la démence que les personnes maigres ou les seniors avec un poids corporel stable.

Être maigre rend malade ?

Devons-nous revoir nos hypothèses concernant le lien entre la maladie et le poids ? La plupart des médecins pensent qu’une souffrance aigüe ou chronique est jusqu’à présent la cause d’une cure d’amaigrissement non voulue. Il est toutefois possible que la relation causale soit inversée. Les auteurs de l’étude coréenne nous disent que les résultats expliquent du moins le risque cardiaque réduit dans le cas d’une légère prise de poids. Hans Hauner de la chaire de médecine nutritionnelle de l’université technique de Munich connaît également bien le stockage et la libération de polluants dans le tissu adipeux de l’homme. « Tant que ceux-ci sont complètement éliminés du corps via d’autres mécanismes, cela ne représente pas forcément un inconvénient », dit Hauner à DocCheck. « Des effets toxiques directs ne sont toutefois pas à exclure ».

Celui qui conseille à un patient obèse de faire un régime strict sans contrôler parallèlement son sang par rapport à d’éventuels éléments indésirables agit en tout cas de manière imprudente. Il est possible que l’empoisonnement existant conduise plus rapidement à la mort que la surcharge pour le métabolisme du fait des kilos en trop.

6 note(s) (2.5 ø)
Non classé

Comments are exhausted yet.



Langue:
Suivre DocCheck: