Risque du diabète : la limonade ne rafraîchit pas

5. janvier 2011
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Celui qui boit régulièrement des boissons sucrées encoure un risque plus élevé d’avoir un diabète de type 2 ou un syndrome métabolique : 1 à 2 verres par jour augmentent de 26 % le risque d’avoir un diabète de type 2 et de 20 % celui d’avoir un syndrome métabolique.

Les scientifiques de la Harvard School of Public Health sont parvenus à cette conclusion lors d’une méta-analyse récente. Une évidence empirique fut ainsi mise en lumière : les boissons sucrées représentent un risque potentiel – pour la santé dentaire et les maladies cardiovasculaires également.

Ils sont sensées rafraîchir, apporter de l’énergie et bien entendu, on l’aurait presque oublié, assouvir la soif : les jus de fruits, limonades, boissons énergétiques, jus vitaminés, thés glacés & Co. On pourrait rallonger sans problème cette liste car la variété des boissons non alcoolisées est entretemps très diversifiée. Mais peu importe laquelle de ces « boissons douces » (soft drink) est consommée, celles-ci ont toutes une chose en commun : elles contiennent du sucre. Une situation « explosive » pour notre santé, comme le montre une étude récente de la Harvard School of Public Health. Que ce soit du fructose, glucose, sirop de mais ou des concentrés de jus de fruits : les effets métaboliques sont fatals.

Les boissons non alcoolisées sont en plein boom dans le monde entier

Les rafraîchissements sucrés jouissent d’un succès grandissant dans le monde entier. Leur consommation a ainsi plus que doublé aux U.S.A. de la fin des années 70 à 2006 – la consommation moyenne en calories pour les boissons sucrées est ainsi passée de 64 à 142 kilocalories par jour. Le boom est particulièrement prononcé dans les pays émergents comme l’Inde et la Chine. Selon le rapport annuel du groupe Coca-Cola, les ventes de boissons non alcoolisées de leurs marques augmentèrent de 14 % en Inde et de 18 % en Chine en 2007.
Une tendance plus que problématique comme le montre la méta-analyse sur la nutrition du Dr. Vasanti Malik et de ses collègues. « Une série d’études prospectives épidémiologiques a déjà prouvé qu’il existe un lien direct entre la prise de poids, l’excès de poids, l’obésité et la consommation de boissons non alcoolisées sucrées », nous dit le Dr. Malik, le directeur de l’étude. Un lien existe aussi concernant le risque plus élevé d’un diabète de type 2 et d’un syndrome métabolique. Les recherches fournissent également la preuve d’une « évidence grandissante » selon les mots du nutritionniste de Boston.

Nuisible à plusieurs niveaux

L’un des faits majeurs des boissons sucrées est leur forte teneur en hydrates de carbones complexes et rapidement résorbables comme le glucose et le fructose. Ceux-ci augmentent d’une part le risque d’avoir un diabète de type 2 et le syndrome métabolique étant donné qu’ils favorisent la surcharge pondérale. Selon le Dr. Malik, ils augmentent par ailleurs « la charge glycémique, ce qui provoque une intolérance au glucose, une résistance à l’insuline et un trouble de fonctionnement des cellules bêta ». De plus, les concentrations en marqueurs de l’inflammation comme par exemple la protéine C réactive s’accroissent.

Un collègue de l’équipe du Dr. Malik, le Prof. Dr. Frank Hu, nous dit que les boissons sucrées cachent aussi d’autres dangers : « les effets métaboliques des boissons sucrées non alcoolisées engendrent également de l’hypertension et un dépôt multiple de graisse viscérale ». Ce dernier représente un véritable danger pour la santé comme l’ont démontré plusieurs études entretemps. Les dommages causés par les boissons sucrées ne s’arrêtent pas là. Selon le Prof. Hu, celles-ci engendrent par ailleurs une augmentation de la lipogenèse hépatique se traduisant par l’élévation des triglycérides et du cholestérol LDL. Par contre, les concentrations en cholestérol HDL baissent. Une méta-analyse des scientifiques de Harvard démontre maintenant à quel point la synergie de tous ces effets peut être nuisible. Elle fournit « pour la première fois un aperçu complet sur l’étendue du risque et sa grande évidence », nous dit le Dr. Malik.

« Un facteur de risque pertinent … »

Pour la méta-analyse, l’équipe du Dr. Malik analysa les données de 11 études parmi lesquelles 8 avaient étudié le rapport entre les boissons sucrées non alcoolisées et le diabète de type 2, les 3 autres le rapport entre les boissons sucrées non alcoolisées et le syndrome métabolique. Les 8 études sur le diabète comprenaient en tout 310 819 participants et 15 043 cas de diabète de type 2. Les 3 études sur le syndrome métabolique avaient été menées avec 19 431 volontaires et 5 803 cas de maladie. « Les cohortes incluaient des adultes des 2 sexes, de couleur de peau blanche ou noire, aussi bien des États-Unis que de la Finlande, de Singapour et de Chine », nous dit le Prof. Hu. Pour les études sur le diabète, le risque relatif (RR) commun se montait à 1,26 (1,12 – 1,41). Pour les études sur le rapport avec le syndrome métabolique, le RR commun était de 1,20 (1,02 – 1,42). L’évaluation des données donna que la consommation d’un ou deux verres de boissons sucrées par jour accroît de 26 % le risque de diabète de type 2. Le risque de syndrome métabolique augmente de 20 % avec un ou deux verres par jour. La quantité de liquide d’un verre avait été fixée à 200 ml à chaque fois.

Le résumé des scientifiques de la Harvard School of Public Health est que les boissons sucrées sont ainsi un facteur de risque important à prendre au sérieux. Sans compter que, selon le Dr. Malik, la consommation fréquente de boissons sucrées « peut être aussi considérée comme un indicateur d’une alimentation malsaine de manière générale avec une forte proportion en acides gras trans, acides gras saturés et peu de fibres alimentaires ». Le risque qui émane des boissons sucrées peut être cependant tout simplement modifié : en optant pour l’alternative saine comme l’eau ou des tisanes non sucrées afin de pouvoir couvrir le besoin en liquide.

Réduire la consommation des boissons sucrées non alcoolisées voire si possible l’éviter a des effets déterminants sur le profil de risque pour la santé. Pas seulement à cause du risque nettement plus élevé de surcharge pondérale, d’obésité, de diabète de type 2 et de syndrome métabolique, « mais aussi en rapport avec les maladies cardiovasculaires, la goutte et les dégâts sur la dentition », nous dit Dr. Malik. Des raisons suffisantes pour inciter vivement à renoncer aux boissons sucrées – il en va de la santé du peuple…

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1 commentaire:

Dr. abib mangone seck
Dr. abib mangone seck

article trés interressant!

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