Obésité : l’implant-minceur

4. février 2014
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Les scientifiques ont mis au point un circuit génétique de commande qui permet de mesurer les lipides sanguins et sécrète une hormone de satiété naturelle si nécessaire. Des souris obèses avec un tel implant dans leur estomac mangèrent moins et perdirent du poids de manière significative.

L’obésité et ses conséquences sur la santé pèsent sur de plus en plus de personnes, en particulier dans les pays industrialisés. Trop de dépôts de graisse dans le corps augmentent le risque de développer un diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires. Cependant, l’obésité ne joue pas seulement sur la taille du corps, mais peut également être détectée dans le sang. En effet, diverses matières grasses provenant des aliments y circulent. Des niveaux de lipides sanguins accrus sont un facteur de risque de crise cardiaque et d’AVC.

Un circuit de régulation génétique surveille la graisse du sang

Un groupe de recherche suisse a développé un circuit de régulation génétique implantable, qui sert à la fois à un avertissement précoce et au traitement. D’une part, il surveille en permanence les valeurs de graisses circulant dans le sang. D’autre part, il agit par l’intermédiaire de boucles de rétroaction et il fabrique un messager chimique qui donne au corps une sensation de satiété en réponse à des taux de lipides sanguins excessivement élevés. « Le circuit de contrôle est, entre autres, constitué d’un capteur de lipides, qui se trouve également dans le foie humain. Naturellement, ce capteur surveille quelle quantité de graisse stockée doit être utilisée si nous prenons trop peu de nourriture », explique le chef de l’étude Dr. Martin Fussenegger de l’EPF de Zurich. Si les niveaux de lipides dans le sang sont trop élevés, le capteur produit une hormone de satiété qui empêche la prise de nourriture. Puis, ces niveaux de graisses dans le sang retombent à un niveau inférieur et le capteur arrête la production de l’hormone de satiété : la pramlintide. « Notre circuit est ce qu’on appelle une « boucle fermée », car elle se stabilise toujours à un niveau normal de manière indépendante », dit Fussenegger.

Afflux dans la circulation sanguine

Le circuit de régulation très complexe a été introduit par les scientifiques dans des cellules humaines qui ont été emballées dans des capsules de gélatine d’algues. « Nos capsules ont une consistance correspondant à celle du caviar, mais ont seulement un quart de sa taille » explique le biologiste. Les chercheurs ont ajusté la taille des pores des capsules de façon à ce que les anticorps de souris ne puissent pas y pénétrer. Car, sinon, ils lutteraient contre les cellules humaines. Cependant, les pores dans les capsules de capteurs cellulaires sont assez grands pour laisser passer des métabolites tels que des nutriments pour les cellules, et les hormones. Les capsules sont insérées dans la cavité abdominale de souris, elles se fixent à des fibroblastes, qui amènent les capsules de la circulation sanguine. Ainsi, les cellules modifiées sont parfaitement fournies en nutriments. Les lipides dans le sang atteignent aussi les cellules qui sécrètent alors l’hormone de satiété dans la circulation sanguine de l’organisme.

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L’implant surveille les niveaux de lipides sanguins et crée un suppresseur de l’appétit. (Graphique : M. Fussenegger / ETH Zurich; The Jackson Laboratory)

Les souris obèses arrivent à satiété plus tôt

Les biotechnologistes vérifièrent que leur système fonctionne sur des souris obèses qui avaient été gavées avec des aliments gras. Après avoir implanté les capsules avec le circuit génétique de contrôle dans l’abdomen et qu’elles soient intervenues en raison de taux trop élevés, les souris obèses arrêtèrent de manger. Par conséquent, leur poids corporel diminue de façon mesurable. Les taux de lipides dans le sang sont revenus à la normale, de sorte que la boucle a arrêté la production du signal de satiété. « Nous n’avons pas soumis les souris à un régime, mais au contraire, nous avons continué à proposer à ces animaux une nourriture calorique à volonté », dit Fussenegger. Les animaux auraient mangé moins car l’implant leur signalerait la satiété en raison des niveaux de lipides sanguins. Les souris nourries avec une nourriture pour animaux classique avec cinq pour cent de matière grasse n’ont perdu aucun poids et l’apport alimentaire ne fut pas réduit, dit le biologiste.

Capteur pour différentes graisses alimentaires

Un avantage majeur du nouveau circuit de régulation synthétique est qu’il ne mesure pas uniquement un type de matières grasses, mais aussi de manière conjointe les matières grasses saurées ou insaturées, végétales ou animales, dans le corps. « Il est important que la détermination des niveaux de lipides dans le sang ne soit pas basée sur ​​la détection d’une seule graisse, mais aussi qu’elle puisse détecter différentes matières grasses de l’alimentation, parce que sinon cela ne fonctionnera pas de manière fiable », explique le professeur Fussenegger.

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1 commentaire:

Dr Alain DENIS
Dr Alain DENIS

Pramlintide agit comme hypoglycemiant en ralentissant la digestion. C’est un agent satiétant. Il est utilisé aux états unis en injection en complément des traitements habituels du diabète. Il agrave les risques d’hypoglycemie.
« Treating diabetes in certain patients who also use insulin.
Pramlintide is an amylin analog. It works by slowing down food digestion. This prevents blood sugar from rising as quickly after you eat. It may also help you feel full faster. »

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