Reflux – on recherche un extincteur

20. janvier 2011
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Le repas copieux des jours de fêtes a son prix : une sensation de brûlure derrière le sternum indique un reflux gastro-œsophagien. Personne ne doit cependant endurer la souffrance : il existe aujourd’hui certaines options thérapeutiques.

Un sens unique pour les sucs digestifs : le sphincter servant de clapet entre l’estomac et l’œsophage empêche normalement l’acide chlorhydrique du corps de remonter par lui-même. Si le contenu de l’estomac parvient à l’œsophage du fait d’un affaiblissement de cette barrière, la muqueuse œsophagienne sensible est alors endommagée. Les patients souffrent d’une douleur brûlante qui peut irradier jusqu’à la nuque ou le visage.

RGO: en aucun cas inoffensif

L’œsophagite par reflux peut entraîner une inflammation de l’œsophage et, dans les cas plus graves, une muqueuse de Barrett. Cette transformation de la structure cellulaire est liée à une plus grande probabilité de cancer. « Nous ne pouvons pas estimer de manière fiable l’étendue et le degré de dangerosité des dommages grâce à la gravité et la fréquence des symptômes », nous dit le Prof. Dr. Joachim Labenz, gastroentérologue et médecin-chef à l’hôpital protestant Jung-Stilling de Siegen en Allemagne. C’est pourquoi la gastroscopie est considérée comme une méthode de choix pour le diagnostic et le contrôle du succès de la thérapie. La capsule endoscopique qui a été développée pour être mise sur le marché s’avère être de loin la méthode la plus agréable. Le patient avale seulement un plus gros comprimé dans lequel se trouve une technique concentrée. Les spécialistes peuvent alors piloter magnétiquement de l’extérieur une mini-caméra et recevoir ainsi des images haute résolution de l’intérieur de l’estomac sur l’ordinateur.

D’après une étude, les patients ayant un œsophage de Barrett profitent de l’éloignement de la muqueuse dangereuse grâce à des courants à haute fréquence. « On est parvenu à éliminer endoscopiquement la métaplasie intestinale chez presque 90 % des patients », souligne Labenz. Et des différences graves apparurent déjà sur une courte période d’observation de 12 mois : seulement 1,2 % des patients dont la muqueuse fut effectivement endommagée avait développé un carcinome. Les collègues trouvèrent un carcinome chez 9,3 % des patients au sein d’un groupe test qui avait été « traité » avec un appareil resté éteint.

Revoir les habitudes de vie

On n’a pourtant pas besoin d’aller si loin dans un premier temps – la prophylaxie et la thérapie peuvent empêcher d’avoir des effets secondaires. Les patients souffrants de reflux devraient revoir avant tout leurs menus et leurs habitudes de vie. Les plats épicés, l’alcool et la nicotine sont tabous. On a toutefois considéré à tord que les boissons gazeuses causaient le reflux. Des chercheurs américains sont récemment parvenus à le démontrer lors d’une évaluation de la littérature scientifique. On n’a pas pu démontrer un lien entre les symptômes RGO (reflux gastro-œsophagien) et le fait de boire des boissons gazeuses.

Le poids corporel doit être avant tout mis au banc d’essai étant donné que chaque kilogramme accentue encore plus la pression de l’abdomen vers le haut. On peut résumer les résultats d’une étude américaine actuelle avec le slogan « moins de poids, moins de symptômes ». Les participants pesaient en moyenne 101 kg et maigrirent d’environ 13 kg. Les symptômes diminuèrent aussi parallèlement à la réduction de poids. Après la fin de la période d’observation, tout de même deux tiers des personnes n’avaient plus de maux.

Pharmacothérapie: incendie éteint

De nombreux médicaments sont aujourd’hui à disposition pour la thérapie systématique : alors que les antacides neutralisent seulement l’acidité, voire se lient chimiquement, les antagonistes des récepteurs H2 aussi bien que les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) stoppent leur formation dans l’estomac via différents mécanismes. La société allemande des maladies digestives et du métabolisme contre-indique cependant les antagonistes des récepteurs H2 étant donné qu’ils ne délivrent pas la moitié des patients de leurs douleurs. C’est la raison pour laquelle ces derniers doivent ensuite suivre une thérapie avec des IPP. Les antacides et les substances protégeant l’estomac comme les alginates ne sont également pas recommandés pour la monothérapie. Les recommandations prévoient par conséquent de commencer avec les IPP. On recommande après quelques semaines de réduire la dose du médicament quand les maux disparaissent.

Les IPP réduisent les résections d’acides et ainsi l’acidité de l’estomac – c’est finalement le but de la manœuvre. Le calcium, la vitamine D3, C, B12 et les acides foliques sont cependant plus mal résorbés. Une étude canadienne s’intéressa aux effets à long terme de la thérapie IPP sur la densité osseuse. Ils découvrirent un risque plus élevé aussi bien de fractures liées à l’ostéoporose que de fractures de la hanche. Le résumé dit qu’un complément de micronutriments ciblé agissant sur les os devrait être envisagé, notamment chez les patients plus âgés. En désespoir de cause, les mesures chirurgicales soulagent encore. Les gastro-entérologues suturent ainsi des parties du cardia. Le truc : les sucs acides ne peuvent plus partir en direction de l’œsophage. La méthode endoscopique développée à l’université de Leipzig – où un appareil spécifique appelé le Plicator est utilisé – est particulièrement douce. Et l’intervention elle-même est menée en ambulatoire sous narcose courte ou sédation. Les patients peuvent rentrer à la maison le même jour.

Interactions médicamenteuses: fin de l’alerte dans un premier temps

Une étude de cohorte provenant des États-Unis fit grand bruit fin 2008. Les données suggéraient un risque cardio-vasculaire plus élevé pour les patients atteint d’un RGO qui furent traités en même temps avec l’anticoagulant Clopidogrel. Pour explication : les pharmaciens attirent l’attention sur le fait que les 2 substances médicamenteuses sont métabolisées par l’intermédiaire de la même enzyme, un cytochrome. Sa quantité dans le corps dépend fortement des types génétiques – il existe par conséquent des personnes qui transforment rapidement ou lentement les 2 substances. Des études des années 2010 et 2009 informent entretemps sur le fait que cette interaction n’est pas trop pertinente sur le plan clinique.

Asthme et RGO: on se pose des questions sur leur relation

Désenchantement du côté de la thérapie de l’asthme : pendant plus de 2 décennies, on a été certain que l’asthme provoque un RGO ou l’aggrave. On soignait donc ces patients avec des IPP de manière généralisée. Les études n’aboutirent à aucun résultat commun. Des scientifiques finnois trouvèrent un bénéfice minime à la thérapie IPP. Une revue Cochrane et donc un travail de supervision qui évalue les résultats de recherches et d’études ne put cependant démontrer aucun bienfait. Une raison suffisante pour des chercheurs américains de s’approprier le sujet. Ils initièrent une étude en double-aveugle, contrôlée contre placebo et randomisée avec 412 patients souffrants d’asthme. La moitié des participants reçut un traitement avec des IPP, l’autre un placebo. Un journal sur l’asthme fut tenu parallèlement et la valeur du pH du suc gastrique fut mesurée. Le résultat fut décevant : pendant la période d’observation de 6 mois, il n’y eu pas de différence significative concernant les symptômes de l’asthme, voire de la fréquence des reflux. C’est pourquoi les auteurs déconseillent les utilisations trop offensives des IPP en cas d’asthme – il est toutefois bon de les utiliser pour des symptômes correspondants, comme dans le cas des patients souffrants de RGO.

Recherche: où l’on va

Pour régénérer le sphincter endommagé dans le cas du RGO, les scientifiques misent également sur la thérapie avec des cellules souches. Des médecins de Tübingen développèrent un concept pour mettre en place des cellules souches de tissu musculaire. « Il s’agit grosso modo de régénérer le sphincter, et donc la valve de l’œsophage, en injectant des cellules souches ou des cellules précurseurs », nous dit le Prof. Dr. Alfred Königsrainer, le directeur médical de la clinique de chirurgie générale, viscérale et de transplantation à Tübingen. Il pourrait néanmoins encore s’écouler du temps avant que la méthode ne s’établisse en tant que thérapie standard.

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2 commentaires:

bonjour,

mais il ya des cas ou le RGO est du à une hernie hiatale , donc là je pense qu’il faudrait intervenir chirurgicalement.
et j’aimerais bien avoir votre avis sur l’utilisation du metoclopramide et des inhibiteurs calciques que je trouve efficaces dans certains RGO
merci

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docteur Aitsaid Samia
docteur Aitsaid Samia

très interressant article .
merci.

#1 |
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