Electro contre chimio: qui gagnera le combat?

4. février 2011
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Presque sans effet secondaire, l’électrothérapie non invasive fut au moins aussi efficace que la chimiothérapie dans une étude de phase III chez des patients avec un glioblastome multiforme. De nouvelles données montrent maintenant quels sont les patients qui réagissent particulièrement bien à l’électrothérapie.

Malgré que les thérapies médicamenteuses progressent, le glioblastome multiple reste un des diagnostics du cancer les plus fatals. Pas étonnant qu’une étude qui fut présentée lors du congrès annuel de la « American Society of Clinical Oncology » (ASCO 2010) à l’été dernier suscita l’intérêt. Dans un design de phase III ouvert et randomisé, une électrostimulation effectuée de l’extérieur via la voûte crânienne fut au moins aussi efficace qu’une chimiothérapie dans un groupe de contrôle dans lequel les médecins traitants ne pouvaient pas choisir la chimiothérapie des patients.

Du courant continu via la voûte crânienne

Le système d’électrostimulation qui fut employé dans cette étude était le système NovoTTF du fabricant israélien NovoCure. Il s’agit d’un appareil portable fonctionnant sur pile qui génère des champs électriques changeants de moindre intensité. Les champs électriques sont appliqués sur le cuir chevelu via des électrodes. L’idée est que l’énergie électrique qui est appliquée de manière plus ou moins continue perturbe la prolifération des cellules cancéreuses et freine ainsi la progression de la tumeur.

237 patients avec une récidive du glioblastome multiforme avaient participé à l’étude présentée lors de l’ASCO 2010. 120 patients furent traités avec l’électrostimulation exclusivement, le reste avec la meilleure chimiothérapie correspondante; le choix de la thérapie incombait cependant au médecin traitant. Dans l’analyse en intention de traiter, la survie globale dans le groupe avec l’électrostimulation était de 6,6 mois et de 6 mois dans le groupe de contrôle avec chimiothérapie, ce qui ne donnait pas de différence significative statistiquement. Dans la population per protocole, la différence était encore plus importante avec 7,8 contre 6,1 mois et était pertinente statistiquement ici aussi. Les taux de survie à 1 an étaient de 23,6 % voire 20,8 %. Et pour la durée jusqu’à l’échec de la thérapie, il y eut également une tendance nette, insignifiante mais de peu, en faveur de l’électrostimulation.

Mieux réagir dans le cas d’un pronostic plus favorable

Conformément aux attentes, la tolérance à l’électrostimulation était bien meilleure que celle aux chimiothérapies. Mises à part des réactions cutanées, il n’y eu pas grand chose à dire alors que dans le groupe de contrôle, en fonction du schéma de thérapie choisi, des toxicités hématologiques et autres survinrent. Mais si l’effet de la thérapie était impressionnant dans cette étude, le classement des résultats fut tout aussi difficile pour les experts. Une raison était que, malgré une tendance à une meilleure survie globale, on ne pouvait démontrer une réponse tumorale objective que chez seulement 12 % des patients.

C’est la raison pour laquelle les nouvelles données des analyses de sous-groupes qui ont été récemment présentées lors du congrès de la « Society for NeuroOncology » à Montréal au Canada étaient attendues avec impatience : qu’est-ce qui fait qu’un patient avec un glioblastome réagisse bien à l’électrostimulation ou non ? Un facteur important semble être certains facteurs pronostiques. L’avantage de l’électrothérapie vis-à-vis de la chimiothérapie était plus prononcé chez les patients avec un bon statut de performance selon l’échelle Karnofsky, les patients âgés de moins de 60 ans et les patients avec la première récidive et jusqu’à la troisième. La survie globale médiane était ici de 8,8 contre 6,6 mois, la survie à 1 an à 35 % contre 20 %. L’utilité de l’électrothérapie était plus prononcée vis-à-vis de la survie globale également chez les patients qui n’avaient pas réagi à une thérapie avec le bévacizumab. La raison à cela n’est pas claire.

Est-ce que l’ »électrothérapie plus témozolomide » va devenir un nouveau standard?

Dans le cas du glioblastome multiple, il s’est maintenant passé des choses au-delà de l’électrothérapie. On peut ici évoquer avant tout l’établissement du témozolomide comme nouveau standard. Assortie, une autre étude de phase III se déroule depuis 2009 chez les patients avec glioblastome dans laquelle le témozolomide est comparé à une association de témozolomide et d’électrostimulation selon le procédé NovoTTF. Si l’association pouvait présenter ici un avantage, les appels à un changement de la directive actuelle ne devraient pas se faire attendre très longtemps.

7 note(s) (3.57 ø)
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3 commentaires:

Il est un fait que les conséquences de l’electrotherape, cliniques et biologiques doivent être moindres qu’avec une chimio même bien conduite, malgré que les résultats ne soient pas tres probants,mais c’est quand même une ouverture thérapeutique originale à fortifier

#3 |
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Cadre de santé Unité Soins

« hanité »à remplacer par HUMANITE;mes excuse pour la faute de frappe.

#2 |
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Cadre de santé Unité Soins

Tout progrès technique qui donne de meilleurs résultats pour le bien être de l’hamnité, à mon avis, doit être encouragé et diffusé…

#1 |
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