Destruction neuronale totale

21. février 2011
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Il se pourrait que des transformations massives de cellules nerveuses immatures qui persistent normalement dans le système nerveux soient un mécanisme clé de la sclérose latérale amyotrophique inguérissable (SLA).

Le système nerveux central des rongeurs contient une population de cellules souches gliales qui peuvent se développer en oligodendrocytes. Ces cellules nommées NG2+ grandissent et prennent de l’expansion dans le développement précoce pour se transformer plus tard lentement mais continuellement en oligodendrocytes participant à la formation et à la préservation de la myéline protégeant les cellules nerveuses. L’isolation des cellules nerveuses par la myéline permet l’accélération de la transmission d’impulsions électriques et est interrompue dans le cas de maladies comme la sclérose en plaques.

Le précurseur oligo déchaîné

Une étude de neuroscientifiques autour de Dwight Bergles de la « Johns Hopkins University School of Medicine » à Baltimore aux États-Unis montra que les cellules NG2+ dans le système nerveux de souris avec une SLA induite se comportent complètement différemment que chez des souris saines.

Ils suivirent avec attention le développement de ces cellules précurseurs sur des souris et des animaux sains avec une mutation du gène SOD2 qui provoque la SLA. Un marquage coloré permit de les localiser et de les suivre à différents moments de leur développement.

Pendant que le programme des cellules NG2+ dans le tissu sain de la moelle épinière se terminait tranquillement, que des cellules mûres se développaient en permanence ou que les cellules précurseurs étaient remplacées, les cellules semblaient déchaînées dans le tissu modifié dégénératif. Les chercheurs comparèrent le comportement des cellules avec un tapis roulant à grande vitesse. Elles se divisèrent à l’excès et se transformèrent plus facilement en oligrodendrocytes qui n’avaient cependant ni l’air normal ni viable. La mort de la cellule après la différenciation s’opéra immédiatement. Des mécanismes naturels qui interrompent ce processus et contiennent les cellules semblaient être sans effet.

Protection ou perdition?

C’est la raison pour laquelle les cellules sont la population de cellules avec le taux de prolifération le plus élevé dans la moelle épinière des souris avec SLA. Les chercheurs pensent que les oligodendrocytes qui ne sont pas en état de fonctionner sont produits à la chaîne. Ils supposent que la mort en masse des oligodendrocytes se produit déjà avant la dégénération des tissus nerveux, ce qui pourrait jouer un rôle dans la progression de la maladie.

Ce qui n’est pourtant finalement pas clair, c’est, d’une part, la signification d’une activité cellulaire massive avec la fabrication d’oligodendrocytes dans la substance grise du système nerveux central, et d’autre part, le déclin des motoneurones. On sait que les oligodendrocytes sont légèrement attaqués par le stress oxydatif notamment. Mais on sait aussi qu’une hausse de l’activité de NG2+ peut être observée après des traumatismes aigus du système nerveux central, ce qui représente possiblement aussi une tentative de limiter les dégâts.

Des traumatismes et SLA

Une étude du « Center for the Study of Traumatic Encepalopathy » (CSTE) à la Boston University School of Medicine a récemment montré qu’il pourrait effectivement y avoir des rapports entre les traumatismes du système nerveux central et la SLA. Des examens des cerveaux et de la moelle épinière de joueurs de football professionnels et d’un boxeur montrèrent que ceux-ci développent plus souvent une maladie qui ressemble étrangement à la SLA. Trois des douze anciens sportifs professionnels présentent une protéine anormale que l’on retrouve aussi chez la forme de la SLA apparaissant sporadiquement. Quatre des douze hommes avaient eu le diagnostic de la SLA de leur vivant.

NG2+ pas multipotent mais peut-être influençable

Le groupe de chercheurs autour de Bergles put acquérir d’autres connaissances : on a considéré pendant longtemps que les cellules NG2 sont multipotentes. Il s’agirait par conséquent de cellules souches avec la capacité de se développer dans différents types de cellules dans le système nerveux. Ce n’est apparemment pas vrai. Dans cette étude, on n’a trouvé aucune preuve que les cellules deviennent quelque chose d’autre que des oligodendrocytes, aussi bien chez les malades que chez les personnes saines.

Il y a pourtant peut-être des facteurs qui freinent le développement d’autres cellules du système nerveux rapportent les scientifiques. Il serait peut-être possible de le détecter et l’influencer à l’avenir. On pourrait ainsi influencer le déroulement de la SLA et changer la manière de considérer la SLA.

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