Maladie cardiaque coronarienne: Dust and the City

5. avril 2011
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Beaucoup de facteurs de risque de la maladie cardiaque coronarienne peuvent être atténués tout simplement en changeant de style de vie. Il est possible, en déménageant, de remédier à un facteur de risque: les particules fines.

Il n’y a pas que l’organisation mondiale de la santé (WHO) qui met en garde contre les dégâts causés par la trop grande quantité de particules fines sur notre santé. Celles-ci proviennent de gaz d’échappement de moteurs diesel et d’autres sources de combustion. En Europe, les valeurs limites journalières de PM10 de 50 µg/m3 et les valeurs moyennes annuelles autorisées de 40 µg/m3 sont en vigueur depuis 2005. PM10 désigne le volume de toutes les particules contenues dans la poussière et d’un diamètre médian inférieur à 10 µm.

Beaucoup d’experts pensent qu’il y n’a en fait aucune valeur limite car les particules fines peuvent toujours causer des dommages. Les dommages sur le système cardio-vasculaire, le système immunitaire et le cerveau ont été démontrés depuis longtemps. Une étude animale sur de jeunes souris a récemment aussi prouvé un lien avec l’obésité, indépendamment de l’alimentation. En Europe, on a le droit de dépasser les valeurs limites journalières jusqu’à 35 fois par an. Les leaders en la matière en Allemagne sont actuellement Munich et Passau avec 12 dépassements déclarés à l’année. L’importance de ces dépassements reste floue.

Un air trop malsain en plusieurs endroits

Également après l’étude en ligne des pages d’informations de l’office fédéral de l’environnement, on pourrait pourtant penser que tout va bien en plusieurs endroits. La WHO critique toutefois les valeurs limites européennes : elles seraient beaucoup trop élevées. Elle demandait déjà en 2006 de réduire de moitié les valeurs limites annuelles moyennes fixées pour PM10 et de les passer à 20 µg/m3.

Selon la WHO, des valeurs limites encore bien plus faibles – à savoir des valeurs moyennes annuelles de 10 µg/m3 et des valeurs limites annuelles de 25 µg/m3 – devraient être appliquées pour les particules très fines d’une taille de PM2,5 qui sont respirables et donc encore plus nuisibles pour la santé. Cette directive a été adoptée en 2010 également en Europe – l’Allemagne a pourtant besoin de temps jusqu’à sa mise en place.

Les émanations bouchent les vaisseaux

Une étude épidémiologique d’une équipe de recherche autour de Sara Adar de la « School of Public Health », université du Michigan, montre maintenant comment les vaisseaux de la plupart des habitants d’une ville réagissent aux particules fines. Les particules ne sont en effet stoppées par aucune porte d’appartement. Les chercheurs prirent des photos numériques du fond de l’œil des participants n’ayant aucun problème cardiaque de la « Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis » américaine pour représenter la plus petite des veinules et des artérioles en rapport avec la concentration des particules de PM2,5 mesurées à la maison. La « Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis » sert à la recherche des causes de la fréquence accrue des maladies cardio-vasculaires dans la population afro-américaine.
Les mesures des particules fines des plus de 4 600 participants d’un âge compris entre 46 et 87 ans durèrent 2 ans. Des mesures de la concentration de courte durée dans l’air eurent lieu chacune la veille de l’étude.

Les vaisseaux ont l’air vieux

L’évaluation statistique des données montra que les concentrations de particules fines aussi bien sur une courte que sur une longue durée provoquent le rétrécissement des artérioles. Des changements dans des vaisseaux si petits relèvent uniquement du domaine du micromètre si bien qu’une étude monographique ne peut pas être une preuve. Les personnes habitant près de routes très passagères présentent des artères plus étroites de 0,7 µm en moyenne.

Les chercheurs calculèrent clairement l’ampleur des rétrécissements : les vaisseaux exposés aux particules fines sur une courte durée étaient plus vieux de 3 ans que ceux qui n’étaient pas exposés. Les expositions sur le long terme donnèrent un vieillissement prématuré allant jusqu’à 7 ans. Cette situation peut être aussi retranscrite en danger pour le cœur. Les chercheurs sous-entendent qu’il y aurait 3 % de maladies cardiaques en plus. Les concentrations en particules fines mesurées dans l’étude étaient maintenant de manière générale en dessous des valeurs acceptées par la « US-Environmental Protection Agency » (EPA). L’air serait par conséquent « propre ».

Il serait nécessaire de pouvoir prouver un mécanisme biologique plausible afin de pouvoir démontrer un lien causal entre les vaisseaux rétrécis et la concentration de particules fines. Des études actuelles sur les mêmes participants de l’étude pourraient apporter cette preuve si des modifications du diamètre des vaisseaux comme fonction de la concentration des particules fines s’ensuivent.

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