Mûr pour une exposition: heart goes art

5. avril 2011
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C’est une avancée: le premier cœur artificiel autorisé par la Food and Drug Administration vient d’être implanté récemment sur un patient de la côte ouest des États-Unis dans un fonctionnement médical normal. Une nouvelle ère de la chirurgie cardiaque serait-elle ainsi en train de poindre?

Cinq ans sont une longue période pour les personnes qui ne vivraient que quelques jours encore sans un nouveau cœur. Et pourtant c’est le temps qu’il a fallu pour que le cœur artificiel autorisé par l’autorité américaine FDA déjà en 2006 pour la première fois au monde soit implanté par des cardiologues américains en fonctionnement normal. L’intervention, qui dura 4 heures au UC San Diego Medical Center, permit d’échanger le cœur malade d’un jeune homme contre l’appareil salvateur digne des films de Terminator d’antan d’un point de vue esthétique. Après qu’un virus eut pratiquement complètement anéanti l’organe d’origine de l’homme, il fut certain que seul le dispositif bionique high-tech pourrait encore lui sauver la vie.

Au bord de la défaillance multiviscérale

D’un point de vue médical, le « Total Artificial Heart » est opportun quand les fonctions vitales des reins, du foie, de l’intestin, des poumons ou du cerveau menacent de collapser en raison d’une insuffisance cardiaque existante. « Les patients sont ainsi au bord de la défaillance multiviscérale mais les dégâts sont encore réversibles », explique Jack Copeland, Directeur du centre des transplantations cardiaques et du soutien mécanique de la circulation au UC San Diego Health System, sur les critères d’une opération salvatrice.

L’opération est complexe en soi mais pour Copeland, elle fait partie de la routine. En 1985 déjà, il est parvenu pour la première fois à l’échelle mondiale à faire patienter jusqu’à la transplantation à l’aide d’un cœur artificiel externe. Depuis 2004, il effectua 100 fois la même intervention avec les dispositifs les plus modernes. Les opérations étaient pourtant jusqu’à présent toujours considérées comme une exception et pas comme une règle dans le combat contre les suites de l’insuffisance cardiaque. Depuis San Diego, c’est ce qui pourrait changer selon Copeland.

La nouvelle normalité arrive dans une simple forme d’un point de vue technique. Quelques temps après le début de l’opération, Copeland démarre avec l’élimination du cœur mourant et raccorde le nouvel appareil aux ventricules cardiaques supérieurs. Ce qui se passe alors fascine le médecin : après avoir coupé la machine cœur-poumon, le « total artificial heart » commence à pomper le sang. Copeland décrit que 8 litres d’élixir de vie par minute suffisent à réanimer les organes restants en piteux état.

Autrement que pour les cœurs artificiels qui, jusqu’à présent, se présentaient comme des machines externes et monstrueuses la plupart du temps et qui faisaient la jonction jusqu’à la transplantation normale, le cœur artificiel américain dispose d’un avantage déterminant : il peut être implanté complètement et préserve les patients des « catastrophes métaboliques » souligne Copeland. L’appareil n’est cependant pas un remède universel. La force de pompage médico-technique semble être destinée aux personnes jeunes. Celui qui souffre d’autres maladies ou est affaibli n’a guère de chance de pouvoir bénéficier du cœur artificiel. Il existe par ailleurs des risques à prendre au sérieux, par exemple la coagulation sanguine et une guérison trop lente de la cage thoracique.

Le quotidien clinique au lieu d’un fonctionnement exceptionnel

Ce qui constitue la rupture possible en médecine cardiaque malgré de tels obstacles n’est pas l’appareil en soi. En 2006 déjà, la FDA a opté pour la première autorisation mondiale, ne serait-ce que dans le cadre du règlement Humanitarian Use Device (HUD) existant depuis 1990. L’idée qui se cache derrière est de mettre à disposition sur le marché des produits médico-techniques coûteux, également pour les maladies rares. L’admission au programme HUD n’est en effet autorisée qu’aux producteurs dont la cible patients ne dépasse pas les 4 000 personnes par an. L’autorisation sur le marché simplifiée fut longtemps considérée comme une extension des règles du Orphan Drug – l’intervention à San Digo montre cependant : le « artificial heart » n’est pas employé si rarement. On diagnostique une insuffisance cardiaque chez plus de 5 millions d’Américains tous les ans, 2 500 citoyens américains reçoivent un don d’organe. L’autorisation initiale de la FDA considérait premièrement les patients qui n’avaient que quelques mois à vivre malgré l’organe artificiel comme cible indexée. Selon les réflexions de l’autorité, le cœur artificiel améliorerait la qualité de vie pendant le temps restant à vivre – pas plus.

Copeland veut par contre utiliser une astuce pour empêcher les jeunes patients de mourir. La régénération rapide observée chez son protégé donne espoir aux cardiologues : les cœurs qui peuvent être complètement implantés pourraient être utilisés comme réassurance vie à l’avenir : environ 80 de ses patients ont de bonnes chances en l’espace de 6 mois, d’obtenir un greffon humain, presque tous sont équipés d’un don d’organe après 12 mois statistiquement parlant. La machine dans la cage thoracique des patients surmonte ces laps de temps sans difficulté, comme le dévoile un record de 1 100 jours. Un original humain bat de nouveau ensuite.

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