Thérapie d’Alzheimer? Tu oublies!

5. avril 2011
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Les médicaments directement efficaces contre la maladie d’Alzheimer ne sont pas en vue. Il est cependant possible de diagnostiquer la démence avant qu’elle n’apparaisse. La grande question reste cependant de savoir que faire.

Il n’existe jusqu’à présent que des médicaments qui retardent au mieux le cours de la maladie d’Alzheimer. Il n’est aujourd’hui pas possible de guérir de cette maladie et les perspectives ne sont également pas bonnes. « Je ne crois pas que nous allons résoudre le problème en 10 ans », raconte par exemple le Professeur Dr. Harald Hampel de l’université Goethe de Francfort. Comme pour d’autres maladies chroniques, l’espoir se concentre donc sur la prévention – par des mesures médicamenteuses ou non. Une lutte préventive impose que le processus de la maladie soit identifié le plus tôt possible. Un diagnostic précoce est aujourd’hui possible grâce à beaucoup de progrès dans la recherche. Les marqueurs bio et les procédés d’imagerie sont là prédominants. Pourtant, la médecine de haut niveau n’est pas la seule à jouer un grand rôle dans le diagnostic précoce.

Selon les données des psychiatres et professeurs Hermann-Josef Gertz de l’université de Leipzig et Alexander Kurz de l’université technique de Munich, la maladie d’Alzheimer peut être classifiée en un stade asymptomatique et deux stades symptomatiques – le stade clinique appelé « mild cognitive impairment » (MCI) tout comme le stade de la démence.

Le diagnostic de la démence avec un peu de liqueur, d’images colorées et des tests particuliers

Le diagnostic de la démence est établi (troisième stade). Il repose sur la preuve de troubles de la mémoire et d’au moins un autre trouble cognitif comme par exemple d’une aphasie. Des déclarations quantifiées sur ces déficits cognitifs permettent des tests neuropsychologiques selon le CERAD („Consortium to Establish a Registry of Alzheimer’s Disease“). Des troubles du comportement sont par exemple à évaluer à l’aide de l’inventaire neuropsychiatrique (NPI). Le résultat caractéristique de l’IRM est une atrophie du lobe temporal médian, dans le liquide une concentration plus élevée de tau total ou phosphorylé pour une concentration β-amyloïde moindre et des troubles cérébraux du métabolisme dans le TEP et – à l’aide de ligands spécifiques – de dépôts de β-amyloïde dans le cortex.

On peut aussi reconnaître un risque de démence plus élevé

Comme le rapportent les psychiatres dans un travail actuel, un diagnostic précoce relativement sûr est toutefois aujourd’hui possible déjà au stade MCI et donc encore avant que l’on ne parle de démence et que l’indication d’une thérapie avec des anti-démentiels comme le donépézil, la rivastigmine, la galantamine ou la mémantine ne soit établie. Un diagnostic précoce est possible avec la preuve d’un trouble de la mémoire, par exemple le « Free-and-Cued-Selective-Recall-Reminding-Test“, qui, selon Gertz et Kurz, possède une sensibilité de presque 80 % et une spécificité de presque 90 %. On peut aussi s’aider de l’IRM au stade MCI pour prouver une atrophie du lobe temporal. Il est possible que la constatation dans le liquide d’une concentration plus élevée de tau total ou phosphorylé et une concentration moindre de β-amyloïde soit aussi novateur. Les examens PET sont par contre plus coûteux et non appropriés pour le diagnostic de routine, que ce soit pour prouver un trouble du métabolisme du glucose dans certaines régions du cerveau, que ce soit pour représenter in-vivo l’amyloïde avec des ligands TEP spécifiques comme par exemple florbetaben du laboratoire pharmaceutique Bayer.

Précieux: l’indication d’être étourdi

Aussi fascinants que soient avant tout les processus d’imagerie pour le diagnostic précoce, le fait qu’un patient souligne qu’il est de plus en plus étourdi devrait attirer l’attention. Car même les patients qui n’ont pas encore de MCI objectif mais qui se font du soucis sur leur manque de mémoire développent plus souvent que la moyenne une démence dans le courant de l’année. Une analyse en coupe longitudinale allemande du Professeur Frank Jessen (de l’université de Bonn) et ses collègues, parue il y a presque un an („Archives of General Psychiatry“), est parvenue à ce résultat.

Le diagnostic précoce: vraiment une bénédiction?

Une question fondamentale est actuellement celle de savoir à quoi sert exactement le diagnostic précoce, voire s’il ne pourrait pas être dangereux. Car le diagnostic extrêmement grave pour les patients et leur entourage est, selon Gertz et Kurz, actuellement encore « lié à une certaine insécurité ». Les résultats positifs du diagnostic précoce ont été atteints avec des marqueurs bio et des procédés d’imagerie dans des études et donc dans des conditions « expérimentales ». Cela semble moins positif dans le quotidien médical. D’un autre côté, un diagnostic précoce permettrait « d’être confronté à temps avec la maladie d’Alzheimer et l’avenir avec elle » et le « développement de stratégies d’adaptation » ainsi qu’un « autre mode de vie et une adaptation à la maladie ».

Mais le problème principal est qu’il n’y a pas de thérapie agissant directement et qui permet une guérison. Ce qu’il y a jusqu’à présent, c’est une multitude d’approches pharmacologiques ou non. Mises à part les mesures de stimulation cognitive et d’entraînement mental, on discute beaucoup et on recommande depuis longtemps un style de vie plus sain (par exemple une alimentation réduite en calories et une activité corporelle). Les scientifiques trouvent aussi de plus en plus de bonnes raisons : toujours plus d’études d’observation montrent un lien entre un décroissance de la performance cognitive d’un côté et un syndrome métabolique, une situation métabolique diabétique et le surpoids d’un autre côté. À ceci s’ajoutent des études d’observation laissent entendre que les interventions contre la résistance à l’insuline et le surpoids, par exemple des mouvements corporels faciles comme la marche à pied, ralentissent peut-être la décroissance de la performance cognitive.

Quoi qu’il en soit : beaucoup d’approches

Des approches pharmacologiques d’intervention précoce sont bien évidemment discutées depuis longtemps, comme par exemple des substances contre les dysfonctionnements mitochondriaux, et pour la stimulation de la neurogénèse et la synaptogénèse, par exemple le bilobalide et la quercéptine (« Journal of Alzheimer’s Disease“). Des effets neuroprotecteurs sont même imputés à la caféine pour les troubles de la mémoire et la maladie d’Alzheimer comme cela a été présenté l’année dernière dans supplément du journal renommé « Journal of Alzheimer’s Disease » – financé par l’industrie du café espagnol. On en est toutefois encore qu’à l’étape de recherche pendant laquelle il y a bien entendu aussi des échecs. Par ex. le « porteur d’espoir » Dimebon duquel on supposait qu’il améliorait la fonction mitochondriale n’a pas pu faire mieux que le placebo dans une étude de phase III avec presque 600 patients. Pfizer et son partenaire Medivation ont dû l’annoncer l’année dernière.

Désillusion : beaucoup de recherche, peu de preuves

Avant tout un comité d’experts américains n’annonça pas de nouvelle particulièrement positive en avril 2010. Ce comité a analysé la littérature scientifique disponible pour le compte du ministère américain de la santé. La conclusion des scientifiques était qu’aucune mesure pharmacologique ou non n’était jusqu’à présent capable de stopper la maladie d’Alzheimer. Selon les données actuelles, il n’aurait aucune preuve sûre, et ceci pour aucune mesure, que ce soit un mouvement corporel ou de l’huile de poisson, rapporte le Dr. Martha Daviglus (Northwestern University in Chicago), la Directrice du Comité. La plupart des études montrent seulement un lien mais pas une relation de cause à effet. Et ce n’est justement pas assez pour la science rigoriste.

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4 commentaires:

Médecin

un diagnostic précoce pour une maladie qui n’a pas de traitement curable est obsolete pour le moment les seuls armes qu’on a n’ont pas de recul et surtt ne sont pas accessibles a tous les patients voire a tous les pays.c’est une maladie qui est trés lourde et nécéssite un vrai engagement familial pour aider ces patients a garder une vie plus ou moins acceptable.

#4 |
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faire un diagnostic précoce est une chose le donner est fonction de la qualité du patient et de la famille et de leur attente….

#3 |
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Médecin

Le diagnostic précoce d’une maladie incurable n’est-il pas un double tranchant: d’une part, il prépare le patient à assumer un avenir bien redoutable, surtout pour ses proches, et lui permet prendre les décisions nécessaires.
D’autre part ne lui ferme-il pas définitivement, et pour une durée inconnue, la porte d’un « refuge » bien légitime : dorénavant, rien de ce qui m’arrive ne pourra plus être banal, je vivrai chaque jour dans l’obsession de ma fin de vie, et personne ne pourra me dire ce que cela durera!

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pharmacien francoise lecomte
pharmacien francoise lecomte

en tout cas ce que je peux dire c est qu il est important d entourer ces malades, de leur simplifier au maximum les difficultes quotidienne et ils retrouvent ainsi une vie acceptable

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