Dialyse : dangereuses radiographies

20. avril 2011
Share article

La nouvelle est un choc pour des milliers de patients dialysés : les rayonnements provenant des radiographies ou clichés TDM augmenteraient le risque cancéreux.

Au milieu des annonces de la semaine dernière, la publication du journal spécialisé « Journal of the American Society Nephrology (JASN) » a été quelque peu mise de côté. Et pourtant : cela vaut la peine de la lire, même après coup. Car si l’on en croit les faits méticuleusement rassemblés, les patients dialysés présentent un risque de cancer jusqu’à 1,5 fois plus élevé que les personnes sans thérapie. Selon les médecins, la probabilité beaucoup plus élevée qu’un cancer se déclare pendant une dialyse s’explique simplement : beaucoup doivent passer des radiographies au fil des ans. Pourtant la clairvoyance ne semble pas être de mise dans la pratique hospitalière parmi les radiologues ; c’est ce que constate l’équipe italienne de médecins autour de Marco Brambilla de l’hôpital universitaire « Maggiore della Carità » à Novara.

Pendant 3 ans, les scientifiques observèrent un groupe choisi représentativement avec 106 patients dialysés et calculèrent l’intensité des rayons absorbés par les volontaires à l’aide de données de l’hôpital. Résumé de l’étude : la tomographie assistée par ordinateur fut employée en tout 248 fois, les radiologues recherchaient la plupart du temps les causes des complications neurologiques, hémorragiques ou respiratoires. En tout 1 300 examens radiologiques furent réalisés durant la période d’observation, d’un point de vue statistique, chaque patient dialysé passa une radio 4,3 fois.

Environ 76 % de la quantité des rayons absorbés provenaient d’examens s’appuyant sur la TDM alors que les radiographies conventionnelles contribuent, avec 19 %, à la charge totale. Seulement 22 des 106 participants à l’étude furent exposés à des dosages de moins de 3 mSv (millisievert), pour plus d’un tiers des participants, la charge totale était vraisemblablement trop élevée avec plus de 50 mSv. 16 % du groupe total avait même subi des dosages de rayons de 100 mSv par an associé à une augmentation considérable du risque de mortalité dû au cancer. Car les médecins évaluèrent les dosages cumulés de rayons et se référèrent à des expériences statistiques concernant des survivants de l’explosion de la bombe atomique d’Hiroshima. On constata dans ce cas que les dosages cumulés de rayons de 100 mSv par an dissimulent un risque énorme.

Les médecins David Pickens et Martin Sandler de l’école américaine Vanderbilt School of Medicine considèrent que le problème vient de l’utilisation trop rapide des rayons chez les patients dialysés. « Certains processus sont trop souvent employés parce qu’ils délivrent une grande quantité d’informations en peu de temps“, critiquent-ils dans un article d’accompagnement du journal sur la problématique avec TDM & Co.

Pour l’American Society of Nephrology (ASN) fondée en 1966, les découvertes italiennes sont un indice important pour le passage du fonctionnement radiologique réel dans la pratique hospitalière; mais sans rayon également, les malades rénaux semblaient être fortement exposés au cancer. Car selon la co-auteure Andreana de Mauri, des mécanismes incompris déclenchent jusqu’à présent un risque de cancer élevé. Une transplantation rénale mène ainsi à une probabilité 5 fois plus élevée de cancer – personne n’a pu jusqu’à présent expliquer pourquoi il en est ainsi. La crainte des auteurs de l’étude est que le trop de rayons pourrait renforcer cette tendance.

L’autorité fédérale de protection contre les rayonnements met en garde contre les utilisations irréfléchies de TDM

Les italiens ne sont pas les seuls à critiquer l’emploi hâtif du processus lourd. L’autorité fédérale de protection contre les rayonnements (BfS) en Allemagne a critiqué en juillet 2010 le fait que « l’on fasse passer une radio beaucoup trop souvent en Allemagne en comparaison avec d’autres pays » et : « notamment les examens avec des dosages élevés comme la TDM ont pris beaucoup d’ampleur ces dernières années. Le but est de réduire la charge nécessaire au minimum“.

La BfS a effectivement introduit déjà en août 2003 des valeurs de référence diagnostiques (DRW) qui ont été actualisées à l’été dernier. La nouvelle valeur de référence diagnostique pour une radiographie du bassin est ainsi de 40 % plus faible que l’ancienne valeur. Le clou : le risque de rayonnement des examens radiologiques décroit du même pourcentage. On voit ainsi apparaître « la tendance espérée en direction d’une réduction de la charge des rayonnements pour un seul examen ». Ce qui était nouveau, c’était aussi l’introduction de valeurs de référence pour 4 types d’examens TDM sur des enfants.

L’équipe autour de Brambilla considère par contre un aspect comme étant particulièrement alarmant chez les patients dialysés : les jeunes personnes qui sont en attente d’une transplantation sont notamment fortement explosées aux rayonnements. Les dosages cumulés de 60 mSv et plus dans chacun des organes semblent être là la conséquence normale des examens radiologiques. En comparaison, la dose effective à la suite d’utilisations médicales, chez les patients non dialysés, se monte en moyenne à 1,9 mSv – par an.

4 note(s) (4.25 ø)
Non classé
, ,

Comments are exhausted yet.

2 commentaires:

Xavier LEPLAT
Xavier LEPLAT

Enfin une etude qui montre que trop d’examens radiologiques sont prescrits!

#2 |
  0
Opticien Paul Dernies
Opticien Paul Dernies

Un aspect des examens radiologiques qui est trop souvent négligé.

#1 |
  0
Langue:
Suivre DocCheck: