Végétarisme : le brocoli est-il vraiment sexy ?

4. février 2013
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Il est supposé être plus sain, plus respectueux de l’environnement et sans risque de carences nutritionnelles s’il est suivi avec attention : c’est le régime végétarien. Mais peut-il vraiment répondre à ces attentes si élevées ?

Les études semblent à première vue intéressantes : les végétariens vivent plus sainement. En particulier dans le domaine des maladies cardiovasculaires, les personnes qui ne mangent pas de viande ont un risque plus faible de déclarer une maladie. Une des raisons réside peut-être dans leurs choix alimentaires : les végétariens mangent souvent plus de légumes, de fruits, de céréales complètes, de légumineuses et de fruits à coques, qui diminuent le risque de maladies cardiovasculaires. Une méta-analyse réalisée en fonction de l’alimentation des sujets en Angleterre montra une diminution de 15 à 30 pour cent du risque pour les végétariens de souffrir de maladies cardiaques et circulatoires.

La nourriture végétarienne peut également être thérapeutiquement utile : par exemple, il a été montré dans des études que, dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde, ne pas manger de viande, parfois avec un jeûne initiale, conduit à un soulagement des symptômes. Même si des facteurs de style de vie tels que la consommation d’alcool, le tabagisme, ou le sport et les paramètres socio-démographiques sont exclus, les avantages d’une alimentation végétarienne restent manifestes. Dans une étude comparative, les végétariens avaient, quelles que soient leurs autres habitudes, moins de 36 pour cent de risque de développer un syndrome métabolique.

Augmentation du risque de cancer colorectal

Mais il y a des études ayant des conclusions contraires : selon les résultats d’une étude observationnelle prospective dans l’American Journal of Clinical Nutrition, par exemple, les végétariens souffrent moins de certains types de cancer. Mais la renonciation à la viande fut associée à un taux significativement plus élevé de cancer colorectal. L’étude sur les végétariens faite par le Centre allemand de recherche sur le cancer publiée en 2005 confirma que la consommation modérée de viande n’est pas nécessairement mauvais pour la santé. Les chercheurs de Heidelberg étudièrent pendant 21 ans l’impact d’un régime végétarien sur le risque de décès. Les végétariens n’avaient absolument pas une longévité supérieure à celle des mangeurs de viande. Il n’y a que les maladies cardiaques à effet vasoconstricteur que les végétariens sont moins susceptibles de déclarer.

Pour les amateurs de viande, il manque quelque chose au régime végétarien : le plaisir. Ils affirment également que le système digestif humain, affiné au cours de l’évolution, ne serait pas conçu pour un régime purement végétarien. Si l’on retourne à l’âge de pierre, les gens de cette époque ne mangeaient pas de produits laitiers, pas de pâtes et peu de fruits et de légumes, mais consommaient surtout de la viande. Notre système digestif n’a pas changé au cours des millénaires. Jürgen Abraham, producteur de jambon et président de l’Association nationale de l’industrie alimentaire, considère que la seule alimentation saine contient de la viande. « Le cerveau humain a atteint sa taille actuelle grâce à la consommation de protéines de viande », a-t-il dit dans l’émission allemande hart aber fair. Ceux qui renoncent à la viande risquent des carences, observables par les taux de fer et de vitamine B12 réduits, selon Abraham.

Pour le Dr Christian Kessler, un médecin et chercheur au Département de médecine naturelle à l’hôpital Immanuel à Berlin, ce sont des mythes du passé. « Les gens qui mangent varié, mais sans viande, ne souffrent pas de carence. Une alimentation lacto-ovo-végétarienne sans viande est recommandable aux personnes de tout âge, y compris les femmes enceintes et allaitantes », selon Kessler. « Mais plus que tout, il faut savoir comment suivre un régime végétarien », a-t-il ajouté. Kessler renvoie dans les cordes les « puddings végétariens » qui, certes, ne contiennent pas de viande, mais font retomber dans la malbouffe ou font manger de manière peu variée. Il se pourrait ainsi, selon les circonstances, que cela conduise très probablement à des carences nutritionnelles.

Dissiper les mythes

Le 9 Décembre 2012 eut lieu, sous la direction de la Clinique universitaire de la Charité pour la médecine naturelle à l’hôpital Immanuel à Berlin, des associations végétariennes et de la Carstens Fondation, la première conférence scientifique européenne organisée pour les médecins sur le régime végétarien dans les soins de santé, « VegMed » à Berlin, durant lequel le Professeur Claus Leitzmann, ancien directeur de l’Institut de Giessen pour les sciences de la nutrition, et conférencier d’honneur de l’événement, déclara : « Il est grand temps que les médecins et les consultants en santé se mettent à jour sur le thème « régime végétarien et médecine ». Les résultats de ces dernières années devraient faire disparaître les mythes sur le végétarisme et créer des opportunités dans la pratique médicale. »

Éviter la consommation de viande peut se produire pour différentes raisons : en plus des avantages pour la santé que procure dans la plupart des cas un régime végétarien, il apparaît que la plupart des végétariens rejettent purement et simplement l’abattage des animaux. Certains sont également préoccupés par l’environnement – et pour une bonne raison : l’élevage produit environ un cinquième des gaz à effet de serre de la planète et des tonnes d’eau contaminée. Pour obtenir une tonne de protéines de viande, une zone beaucoup plus grande est nécessaire que pour la même quantité de protéines produite avec de la nourriture végétale. La surpêche mondiale et le changement climatique en cours apportent des arguments supplémentaires pour s’abstenir de consommer viande et poisson.

Modèles authentiques

Comment les médecins peuvent donner envie à leurs patients de passer au mode de vie végétarien ? Kessler ne croit pas en les tentatives pour convaincre de manière dogmatique. « Il est beaucoup plus excitant d’inviter les gens à s’engager dans des expériences», dit-il de son expérience à l’hôpital, où, depuis des années, tous les patients de la station de naturopathie sont exclusivement pris en charge avec un régime végétarien. « Si les médecins semblent moins moralisateurs, plus authentiques, le patient est beaucoup plus inspiré pour essayer un autre style de vie », déclara Kessler. Manger végétarien ne signifie finalement pas simplement omettre la viande et manger uniquement les pommes de terre avec la sauce du rôti.

Au lieu de cela, le médecin qui s’occupe aussi des patients en consultation externe à la Clinique universitaire de la Charité pour la médecine naturelle, conseille volontiers des livres de recettes végétariennes ou donne des informations pour des cours de cuisine. « Je sais que le régime végétarien est sain, mais il faut aussi essayer de souligner que la nourriture végétarienne est délicieuse et voluptueuse. » Il n’est pas un fanatique du régime sans viande – et il n’est pas dogmatique non plus. « Chacun doit décider pour soi-même si et quelle quantité de viande il veut manger », selon Kessler. Mais en tant que végétarien convaincu, il aime donner des idées et de l’inspiration pour les régimes végétariens.

Une alternative : le flexitarisme ?

Pour les indécis, il reste la possibilité de manger moins de viande. Ceux qu’on appelle les « flexitariens » évitent le plus souvent la viande, ils ne s’adonnent à leur plaisir que de temps en temps. Sarah Wiener, flexitarienne, chef et propriétaire de restaurant, consomme la viande « de la même manière qu’une pâtisserie : comme quelque chose de spécial, quelque chose de rare, quelque chose que je recherche, parce qu’elle doit avoir une bonne qualité et donc un certain prix. »

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2 commentaires:

ophtalmo Kelman Wisnia
ophtalmo Kelman Wisnia

chacun doit se faire sa propre opinion sur la validité de l’information et de la désinformation.
cette désinformation a beaucoup de supports, l’industrie, l’appat du gain, les intérêts de ceux qui désinforment, y compris parfois les médecins, dupés ou intégrés dans les différents groupes d’intérets contradictoires, les groupes divers mutinationaux, les états qui sont des groupes plus larges etc…
Il est curieux de noter combien de vérités sont devenues des contre-vérités au fil des années et des décennies.
La plus grande logique, pour chaque individu sera de vivre le plus sainement possible, d’éviter le surpoids et le plus possibles d’éléments toxiques de la nourriture,de se limiter à un apport calorique équilibré entre les besoins nutritionnels réels et non pas parceque les médias d’information/désinformation leur ont expliqué ce qu’il faut manger.
Dr. Wisnia

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Dr Gabriel NAHMANI
Dr Gabriel NAHMANI

Je suis dans ma 79e année, j’ai toujours consommé force fruits et légumes et viandes diverses, ces dernières sans excès, et le conseil que je donnais à mes patients était de manger de tout ce qui leur plaît et en quantités raisonnables¿ et d’être actif physiquement !
Haro sur la sédentarité !

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