Insuffisance cardiaque : signaler avec la galectine

19. mai 2011
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Un nouveau biomarqueur est autorisé depuis peu aux États-Unis : il permet une estimation du pronostic des patients souffrants d’une insuffisance cardiaque. Ce qui n’est cependant pas encore clair, c’est comment il pourrait être utilisé au mieux quotidiennement.

Pourquoi certaines personnes avec une insuffisance cardiaque développent-elles plus rapidement une fibrose cardiaque pouvant influencer de manière dramatique la fonction cardiaque ? Pourquoi d’autres patients avec le même phénotype clinique vivent pendant des dizaines d’années avec une fraction d’éjection légèrement réduite et n’en font pas de cas mis à part les rares épisodes de décompensation ? Dans le cas de l’insuffisance cardiaque, un facteur qui contribue aux différentes évolutions de la maladie est la protéine Galectine-3. Pour ce biomarqueur, il existe tout d’abord aujourd’hui un test sanguin accrédité par la FDA (l’administration américaine des denrées américaines et des médicaments) et qui est à disposition des médecins américains pour la pratique quotidienne.

Vif intérêt pour les chefs de file de la branche du diagnostic

La galectine-3 est une protéine intéressante. Elle se lie dans le cœur aux myofibroblastes et stimule ainsi la synthèse du collagène et le remodeling cardiaque. Selon les données de BG Medicine, l’entreprise qui a développé le test sur la galectine-3, les taux de galectine-3 sont plus élevés chez environ 30 % des patients avec une insuffisance cardiaque. Ces patients tendent à former une fibrose cardiaque progressive. « Qu’il existe maintenant un test sur la galectine-3 pour identifier ces patients à haut risque constitue un autre grand pas en direction d’une thérapie plus efficace et plus ciblée des patients avec une insuffisance cardiaque chronique », souligne le Professeur Bertram Pitt, cardiologue à l’University of Michigan School of Medicine et l’un des meneurs de la cardiologie clinique aux États-Unis. Pas seulement Pitt mais aussi de grands consortiums sur les diagnostics sont intéressés par le nouveau test. Il existe ainsi déjà plusieurs accords de coopération, notamment avec Abbott, Alere, LabCorp, Siemens et bioMérieux qui veulent proposer le test reposant sur la technique ELISA sur chacune leurs plateformes.

BG Medicine donne une valeur de 7,8 ng/ml comme valeur limite pour la galectine-3. Celui qui a de plus fortes valeurs est notamment confronté à un plus grand risque d’hospitalisation et une plus grande mortalité en comparaison avec les patients souffrants d’une insuffisance cardiaque avec une galectine-3 ne dépassant pas 17,8 ng/ml. Il existerait une zone sombre jusqu’à un niveau de galectine-3 de 25,9 ng/ml pour laquelle le résultat serait à interpréter avec précaution. La galectine-3 n’est en outre pas spécifique au cœur. Des taux de galectine-3 plus élevés apparaissent aussi dans le cas de certaines maladies cancéreuses et d’autres fibroses.

Test positif. Et alors ?

Et même s’il existe entretemps une base d’études relativement large sur l’utilisation de galectine-3 en cas d’insuffisance cardiaque : la question déterminante reste de savoir ce qu’apporte vraiment la détermination de la galectine-3 au quotidien. Même le fabricant avoue sur son site à l’aide des mots Interpreting Galectin-3 Results que les conclusions provenant de la détermination sont actuellement plutôt claires : le médecin peut dire en substance à un patient chez qui la galectine-3 est élevée que le risque est plus élevé que son insuffisance cardiaque se déroule mal. Parce que les taux de galectine-3 sont pratiquement constants au cours de la maladie, le paramètre n’est pas utile au diagnostic d’une insuffisance cardiaque – autrement que pour les peptides natriurétiques. Il est aussi indépendant des épisodes de décompensation et de la thérapie contre l’insuffisance cardiaque et n’entre donc pas en ligne de compte pour un monitoring pharmacologique.

À l’avenir, la galectine-3 pourrait malgré tout jouer un rôle important dans le management de la thérapie car la valeur permet au moins de déterminer pour quels patients une thérapie ou une surveillance plus intensive pourrait être particulièrement judicieuse. On pourrait imaginer par exemple des scénarios de managed care qui ne s’adressent pas globalement à des patients souffrants d’une insuffisance cardiaque mais particulièrement à ceux avec un risque élevé. L’emploi du télémonitoring pourrait également être stratifié à l’aide du niveau de galectine-3. Ce qui serait bien sûr idéal serait que de nouvelles thérapies viennent à l’avenir sur le marché et qu’elles apportent une utilité supplémentaire particulièrement aux patients souffrants d’une insuffisance cardiaque avec des taux élevés de galectine-3. Ce n’est pas exclu. Malheureusement, elles sont rares jusqu’à présent…..

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1 commentaire:

Dr. shahinaz chitour
Dr. shahinaz chitour

Article très intéressant, mais pourquoi n’avez vous pas parler de l’origine de la galectine 3 ( quelles sont les cellules qui la synthétisent et quels sont les stimuli qui entraînent sa libération)

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