Trembler devant la fièvre médicamenteuse

19. mai 2011
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Les causes de la fièvre sont la plupart du temps des infections bactériennes et virales. Les médicaments peuvent cependant également être mis en cause. La fièvre médicamenteuse constitue environ 3 % des maladies dues aux médicaments qui conduisent à une hospitalisation.

La température théorique chez l’homme se monte à 37°C, +/- 1°C. Dans certains organes, la température est cependant plus élevée. La température dans le foie s’élève ainsi à 41°C et au cœur à environ 38,8°C. Cette valeur théorique est soumise à des variations journalières physiologiques de 0,5 à 1°C.
En cas d’infection, les macrophages produisent de l’interleukine 1 qui parvient, via un point faible dans la barrière hémato-encéphalique, dans la région préoptique de l’hypothalamus. Elle provoque là l’augmentation de la température corporelle. Si les médicaments agissent sur le régulateur de température, différents mécanismes peuvent ainsi en être responsable comme :

  • les réactions anaphylactiques
  • la sensibilité congénitale (idiosyncrasie)
  • les réactions conditionnées par une substance
  • les réactions pharmacologiques
  • les changements de la thermorégulation.

Il est difficile de prévoir quand la fièvre médicamenteuse apparait après la prise du médicament. Dans le cas de réactions allergiques, le thermomètre peut monter très rapidement déjà après quelques heures. Les antibiotiques et les cytostatiques agissent seulement après 5 à 6 jours en produisant de la fièvre. Les médicaments cardiovasculaires agissent particulièrement lentement : ils font transpirer le patient seulement après environ 45 jours.

Chaque minute compte en cas d’allergie

Si un médicament déclenche une hypersensibilisation, la prise renouvelée de la substance peut provoquer des réactions allergiques de fièvre – également quand la première prise a eu lieu il y a quelques années. Des réactions de fièvre du type allergie sont particulièrement rapides et violentes. Le taux de mortalité est là extraordinairement élevé en cas de réaction anaphylactique prononcée.

Le patient est toutefois tout d’abord menacé par la réaction anaphylactique, l’augmentation de la température est cependant un symptôme accompagnant auquel se joint une réaction fulminante de la circulation sanguine. Les patients se plaignent de démangeaisons, nausées et vertiges. La libération d’histamine entraîne un élargissement des vaisseaux périphériques et une chute importante de tension. Le corps essaie de compenser ceci par une augmentation drastique de la fréquence cardiaque – la plupart du temps en vain.

Jusqu’à ce que les secours arrivent, le patient devrait être mis en situation de choc. Dans la pharmacothérapie, l’adrénaline, les antihistaminiques ou les corticoïdes doivent être d’un dosage suffisamment élevé. Une prise orale d’antihistaminiques ou bien de calcium est à évaluer comme une tentative de thérapie bien intentionnée. Car il peut se passer des heures avant que l’inhibiteur H1 n’agisse; l’effet du calcium est discutable et non prouvé.

Depuis le début

Une sensibilité congénitale, l’idiosyncrasie, est génétique. Cette disposition congénitale fait réagir le patient avec de la fièvre après la prise de certains médicaments. C’est connu pour l’halothane, le sulfate de quinine, la quinidine et le sulfonamide entre autres.

Réaction dépendant de la substance

Certaines structures chimiques de base incitent le corps à augmenter sa température. Cet effet secondaire dépend de la dose et peut apparaître dans le cas de l’amphotéricine B, du sulfate de bléomycine, des céphalosporines et de la vancomycine.

Si un patient reçoit, pour une infection, un antibiotique avec un effet pyrogène, une augmentation de la température corporelle fait souvent supposer à tord que l’infection s’est aggravée. Une augmentation des agents chimiothérapeutiques aggraverait la situation.

Il existe cependant aussi des réactions fiévreuses indésirables. On en parle quand des médicaments ont un effet produisant de la fièvre souhaité. On peut ici citer les cytostatiques.

La thermorégulation devient folle

Certains médicaments réduisent la conductivité thermique, resserrent les vaisseaux cutanés ou augmentent la production de chaleur. Les médicaments ne sont pas les seuls à produire ainsi des hyperthermies massives : les drogues aussi. Elles peuvent en partie faire augmenter la température corporelle à plus de 43°C – également le dérivé d’amphétamines MDMA, mieux connu sous le nom d’Ecstasy. La protéine produite par le corps et la musculature est endommagée de manière irréversible avec de telles températures. Notamment les substances avec un effet parasympatholytique ou sympathomimétique peuvent faire monter la température. Les substances suivantes font volontiers varier la température :

  • levothyroxine natrium
  • atropine
  • hyoscyamine
  • antidépresseurs tricycliques
  • antiallergiques

Faire baisser la fièvre

Si un médicament fait monter la température chez un patient, il devrait être arrêté immédiatement après consultation du médecin. C’est la thérapie causale la plus simple et la plus efficace. Le médicament devrait alors être échangé comme d’un médicament d’une autre classe. Mais si un échange n’est pas possible pour des raisons thérapeutiques, la température doit être abaissée avec d’autres médicaments.

Les analgésiques faisant baisser la fièvre comme le paracétamol ou l’acide acétylsalicylique sont concernés. L’antipyrétique le plus puissant, le métamizole, est un moyen de second choix à cause d’effets secondaires plus rares mais beaucoup plus graves. Comme alternative, un essai de thérapie avec des antihistaminiques ou des corticostéroïdes serait judicieux.

5 note(s) (4.6 ø)
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3 commentaires:

Shahinaz Chitour
Shahinaz Chitour

J’ai beaucoup appris grâce à cet article; j’ai également beaucoup d’interrogations sur les mécanismes qui font qu’en fonction de certaines classes de médicaments la fièvre peut apparaître après 45 jours. Est ce qu’on parle là de l’amiodarone qui agirait de façon retardée sur la thyroide ou d’autres médicaments cardiaques?
merci

#3 |
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Belle synthèse mais les articles connexes sont en allemand.

#2 |
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Docteur Michel LEFRANCQ
Docteur Michel LEFRANCQ

Merci pour cette magnifique synthèse, pratique.

#1 |
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