E-cigarette : le médicament qui s’évapore en fumée

18. octobre 2013
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Les e-cigarettes sont encore controversées. Mais sur le chemin vers une vie sans tabac, elles peuvent apparemment être au moins aussi utiles que les timbres à la nicotine - si l’UE ne complique pas les choses pour les fabricants.

Bien que les cigarettes électroniques ne produisent pas de fumée comme les clopes traditionnelles, elles n’en sont pas moins controversées, comme DocCheck le rapporta en juin de l’année dernière. Depuis 2006, « fumer » peut se référer à cette alternative, même si une e-cigarette produit de la vapeur plutôt que de la fumée. À l’intérieur du dispositif, un fil chauffant est mis sous tension grâce à un accu. En pressant un bouton, les consommateurs permettent au liquide choisi de s’évaporer entre 60 et 120 degrés Celsius. Les liquides sont disponibles en différentes saveurs, avec ou sans nicotine.

Beaucoup de fumeurs de cigarettes régulières essaient, en utilisant le vaporisateur électrique, de se débarrasser de leur vice. Des scientifiques de Nouvelle-Zélande ont étudié récemment si cette approche est prometteuse. Ils ont présenté leurs résultats dans la prestigieuse revue « The Lancet ». Il n’était pas vraiment prévu que l’étude présente ses différents résultats, mais commençons par le commencement…

La conception de l’étude

Tout d’abord, les chercheurs ont recruté 657 fumeurs adultes qui étaient déterminés à commencer une vie sans tabac. Le prérequis pour la participation à l’étude était également d’avoir fumé au moins dix cigarettes par jour au cours des 10 dernières années. Les fumeurs qui souhaitaient arrêter ont été divisés en trois groupes : le groupe 1 fumait des cigarettes électroniques sans nicotine, le groupe 2 des e-cigarette avec des cartouches de nicotine de 16 milligrammes. Une enquête a montré que 300 aspirations dans une e-cigarette contiennent autant de nicotine qu’environ cinq cigarettes ordinaires. Le groupe 3 a reçu un patch à la nicotine contenant 21 mg de nicotine chacun à changer chaque jour. Après 12 semaines, les sujets devaient commencer sans système d’aide une vie sans nicotine. Au cours de la période de l’étude, tous les participants pouvaient également être conseillés par un service téléphonique de soutien disponible et, après 6 mois, les chercheurs ont testé combien de sujets avaient effectivement cessé de fumer.

Peu tiennent le coup – aucune donnée significative

Il y a une information importante que tous les participants ont tiré de l’étude : cesser de fumer est évidemment plus difficile que prévu. Plus d’un cinquième des participants à l’étude se sont retirés avant la fin. Six mois après le début de l’étude, 4,1 % des « vapoteurs-placebo » (groupe 1) avaient tenu, chez les utilisateurs de timbres à la nicotine, ils étaient 5,8 %. Les fumeurs d’e-cigarettes ont effectivement eu le plus de succès avec 7,3 % qui tenaient encore, mais dans l’ensemble, comme peu de participants ont réussi à tenir le coup, les scientifiques n’ont pas obtenus de données statistiquement significatives. Ils n’ont dons pas pu établir de manière claire quelle méthode est supérieure à l’autre.

Les vapoteurs d’e-cigarettes un peu plus fermes

Cependant, certaines tendances se dessinent à partir des résultats de l’étude. La majorité des participants à l’étude n’a pas pu résister longtemps à l’envie d’une « vraie » cigarette, et est retourné aux habitudes tabagiques dans les 50 premiers jours. Les participants du groupe de l’e-cigarette ont été, dans l’ensemble, plus fermes, car ils ont tenu en moyenne deux fois plus longtemps que leurs collègues avec patch. Le récidiviste différait aussi dans sa consommation de cigarettes : les anciens sujets du groupe de l’e-cigarette ont fumé en moyenne deux cigarettes de moins par jour que les sujets du groupe du patch ayant rechuté. À ce sujet, cependant, les auteurs de l’étude ont estimé que de nombreux fumeurs avaient déjà souhaité arrêté de fumer lors de tentatives infructueuses antérieures avec le patch à la nicotine, ce qui pourrait nuire à l’utilisation du patch.

Après tout…

Bien que probablement tous les participants aient voulu être plus persévérants, une tendance positive entre les personnes souhaitant arrêter a néanmoins été enregistrée : par rapport à leur consommation de cigarettes avant l’étude, 57 pour cent des récidivistes ne fumaient pas plus de la moitié du nombre habituel précédent de cigarettes.

Pas de problèmes d’utilisation à court terme

Une autre conclusion (secondaire) de l’étude est que l’utilisation à court terme d’une e-cigarette n’apporte apparemment pas de risques graves pour la santé. Les scientifiques du Centre de recherche allemand sur le cancer à Heidelberg (DKFZ) s’étaient fermement engagés pour que les e-cigarettes soient soumises aux mêmes règles que les médicaments. Cela voudrait dire que les e-cigarettes contenant de la nicotine seraient disponibles uniquement en pharmacie en Allemagne. « Actuellement, il n’y a pas d’études sur les effets possibles sur la santé de l’utilisation de l’e-cigarette à long terme, car les produits ne sont que depuis quelques années sur le marché », ont expliqué les chercheurs sur leur demande, dans une prise de position datée d’avril 2013. L’e-cigarette, ou plutôt les ingrédients qui s’en évaporent, ne peuvent être considérés comme des composés inoffensifs. Ce qu’on appelle les « Liquids » pourraient – consommés sur une longue période – avoir un effet nocif. Par l’intermédiaire de « particules fines et ultrafines respirables liquides, de nicotine et de substances cancérigènes » qui sont rejetées dans l’air, les chercheurs DKFZ considèrent aussi les « vapoteurs passifs » comme à risque.

Le cadre juridique

En Allemagne, le tribunal administratif supérieur de Münster avait, le 17 septembre 2013, repoussé les points de vue juridiques de la ville de Wuppertal, Rhénanie du Nord -Westphalie et de la République fédérale d’Allemagne et avait établi que les fluides contenant de la nicotine pour les cigarettes électroniques sans fumée ne sont pas des médicaments. Le Parlement européen a, toutefois, récemment lancé une initiative législative, selon laquelle les cigarettes électriques doivent être soumises à la législation sur les médicaments. Dans ce cas, les produits auraient besoin d’une autorisation correspondante qui n’est délivrée qu’après des années de tests. Ce serait un revers pour cette industrie en plein essor – et peut-être aussi pour ceux qui veulent arrêter de fumer en utilisant l’e-cigarette.

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