Narcolepsie : victoire par K.O pour le marchand de sable

4. février 2013
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Les personnes atteintes de narcolepsie tombent d’un seul coup dans un profond sommeil en plein jour. Nos collègues ne peuvent pas guérir les préjudices sociaux que crée cette maladie, mais il existe des médicaments efficaces contre les symptômes.

La dépression et l’anxiété sont souvent cachées derrière le syndrome de fatigue chronique. Dans de rares cas, cependant, il s’agit d’une narcolepsie : sur 100 000 personnes, les épidémiologistes recensent en moyenne 25 à 50 personnes touchées, avec un nombre élevé de cas non déclarés. Des premiers symptômes au traitement, il peut parfois se passer dix ans ou plus. C’est anormal. Pour distinguer une narcolepsie d’autres maladies, on peut, par exemple, utiliser l’échelle de sommeil d’Epworth (Epworth Sleepiness Scale; ESS). D’autres questionnaires, tels que le Stanford Narcolepsy Questionnaire ou l’Ullanlinna Narcolepsy Scale, précisent le diagnostic.

Réveil épuisé

Les patients atteints de narcolepsie décrivent leur plus gros problème comme étant la somnolence diurne avec le risque de s’endormir. Les sujets tombent en moins de cinq minutes en sommeil paradoxal, alors que les personnes en bonne santé exigent une heure ou plus. Ainsi, chez le narcoleptique, il manque les phases importantes de sommeil profond. Malgré un sommeil suffisant, ils se sentent le lendemain matin fatigués et épuisés. Dans 80 à 90 pour cent des cas, les patients souffrent, en plus, de cataplexie. Chez eux, les émotions comme le rire, la peur, la colère ou l’angoisse conduisent à une brève perte de tonus musculaire, et ils se blessent en tombant. Cependant, les muscles respiratoires et les muscles de la langue et du pharynx restent heureusement épargnés. La narcolepsie n’a statistiquement aucun effet sur l’espérance de vie. Mais les patients souffrent terriblement d’un point de vue personnel et professionnel, sans parler de l’augmentation du risque d’accident.

Perfide orexine

On ne sait pas encore exactement pourquoi les patients souffrent de narcolepsie. Les chercheurs savent que, chez les concernés, la régulation veille-sommeil ne fonctionne plus. Ceci est causé par l’orexine A et B, deux neuropeptides de l’hypothalamus. Ils contrôlent notamment le cycle du sommeil. De ces faits, on suppose qu’il existe deux modèles : les mutations du gène HCRT conduisent à une perte de fonction des importants récepteurs à l’orexine. Chez les souris ne possédant pas les points de contrôle correspondants, les phases de sommeil paradoxal prirent le dessus – comme chez les narcoleptiques. Une autre cause débattue par les scientifiques est le manque d’orexine. Dans le liquide céphalo-rachidien de patients, ils trouvèrent des niveaux anormalement bas de ces neurotransmetteurs. Chez la souris, il a été possible de détruire les neurones qui sécrètent normalement les peptides correspondants. Si la « protéine de réveil » orexine n’est pas présente, on arrive rapidement à la narcolepsie. Des symptômes similaires sont observés si des anticorps provenant de patients narcoleptiques ont été injectés aux rongeurs.

Autodestruction dans le corps

Par conséquent, ces preuves prêchent pour une maladie auto-immune. Un cheminement qui mène vers le génome : chez les neuroleptiques avec cataplexie, les généticiens humains trouvèrent dans près 98 pour cent des cas le génotype (HLA) DQB1 * 0602. Pour les membres de la famille des patients, le risque de tomber malade augmente d’un facteur de 38 à 40 s’ils portent cet allèle. Le complexe HLA code les antigènes leucocytaires, les mutations conduisent à une réaction auto-immune contre les neurones secrétant les protéines. On peut également trouver des polymorphismes caractéristiques au niveau du locus génique des récepteurs des cellules T. Normalement, de tels sites de liaisons qui reconnaissent des substances étrangères sont tout d’un coup dirigés contre les cellules humaines.

La génétique seule ne couvre pas toute la vérité. Au contraire, les facteurs environnementaux peuvent déclencher la maladie. Les chercheurs soupçonnent que – comme pour le syndrome de Guillain-Barré – des infections virales ou bactériennes pourraient avoir une part de responsabilité. Le fait selon lequel le nombre de patients narcoleptiques augmente après les épidémies de grippe en Chine joue en faveur de cette thèse. De nombreuses maladies apparaissent en Avril, après la fin de la période de la grippe saisonnière, le moins de cas sont signalés en Novembre. Il n’y a ici pas de liens avec les vaccins antigrippaux – contrairement à l’Europe du Nord.

Vaccination aujourd’hui, narcolepsie demain ?

Durant la saison grippale 2009/2010, un agent pathogène appelé A/California/7/2009 (H1N1), plus communément connu sous le nom de « grippe porcine », répandit la peur et la terreur. Les médecins eurent recours, entre autres, au vaccin Pandemrix ®. Ce vaccin fut injecté avec l’adjuvant AS03, une émulsion huile-dans-eau de squalène et de tocophérol. Des preuves que le squalène déclenche des maladies auto-immunes existent depuis plus de dix ans. Pandemrix ® produisit 161 cas documentés de narcolepsie sur un total de 31 millions de vaccins, en particulier chez les enfants et les adolescents. Même si le doute était de mise au début, la relation scientifique ne peut aujourd’hui plus être niée. Étonnamment, plus de 70 pour cent de tous les cas étaient localisés en Suède, en Finlande et en Irlande. Les enfants et les adolescents vaccinés en Suède eurent une incidence sept fois plus élevée de développer la narcolepsie que le groupe témoin. En Finlande et en Irlande, l’incidence augmenta d’un facteur 13. Les épidémiologistes français découvrirent la preuve que non seulement les enfants mais aussi les adultes furent touchés.

Pour l’Allemagne, le Paul-Ehrlich-Institut ne rapporta que 33 cas, concernant 21 enfants et douze adultes. La tentative de rassembler toutes les données européennes scientifiques au même endroit dans le cadre de VAESCO (« Vaccine Adverse Event Surveillance and Communication ») ne rencontra qu’un succès partiel. En dépit d’un protocole d’étude commun, tous les pays de l’UE ne réussirent pas à recueillir des données normalisées. D’autres cas furent même rajoutés après le « Data Lock Point », la date-limite à laquelle toutes les informations réellement pertinentes doivent être entrées sur la base de données et rendues disponibles. Le vaccin seul ne peut pas être considéré responsable des fluctuations importantes en Europe. Des chercheurs de l’Organisation mondiale de la santé y voient plutôt une corrélation avec des facteurs de risque dans le génome. Encore une fois, ils trouvèrent un lien vers l’allèle connu (HLA) DQB1 * 0602. Mais pour les patients souffrant de narcolepsie, ce n’est pas une condamnation à mort.

Traiter en suivant les lignes directrices des recommandations

Les patients ne peuvent pas compter actuellement sur un remède. Cependant, il existe de nombreux médicaments afin de contrôler les symptômes. En premier lieu, les lignes directrices actuelles citent le modafinil, suivi par le méthylphénidate. L’oxybate de sodium est un médicament puissant contre la cataplexie, mais il a aussi des inconvénients. Fin Décembre, l’Administration américaine des aliments et drogues a émis un avertissement contre les interactions possibles avec de l’alcool et d’autres dépresseurs du SNC. À cause de ces interactions eurent lieu à plusieurs reprises des dépressions respiratoires dangereuses. L’oxybate de sodium peut se combiner avec le modafinil, ce qui conduit à de meilleurs résultats, mais aussi à une augmentation des effets secondaires. Si leurs effets ne sont pas suffisants, des médicaments tels que l’éphédrine, la dextroamphétamine ou les IMAO restent en deuxième choix. Chez les patients qui, en cas de cataplexie, souffrent de paralysie du sommeil ou d’hallucinations pendant l’endormissement, les antidépresseurs peuvent améliorer la symptomatique globale.

Les données disponibles sur les immunoglobulines intraveineuses sont relativement pauvres. Il est prouvé que les patients bénéficient dans les premiers stades de leur maladie de leurs effets immunomodulateurs, mais des études supplémentaires sont nécessaires pour suivre ces résultats. En parallèle, les patients sont tenus d’élaborer des stratégies d’adaptation pour vivre malgré la maladie. À ce niveau, nos collègues peuvent apporter une aide précieuse.

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2 commentaires:

Il est utile de savoir d’où un phénomène clinique comme les effets indésirables des médicaments (et vaccins).Mais attention de ne pas trop les exagérer de sorte à créer une psychose anti-vaccins chez la population. Nous possedons très peu d’armes efficaces contre les virus surtout les virus grippaux.Ne gachons pas le peu que nous possedons.

#2 |
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tres interessant!!une chance sur 19000 de devenir narcoleptique apres le vaccin!!

#1 |
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