Rougeole : galopins sans vaccins

5. octobre 2011
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Les épidémies de variole sont de l´histoire ancienne. Pour que la rougeole disparaisse de la même manière, il est nécessaire d´avoir de forts taux de vaccination, ce qui a été empêché par les lobbys anti-vaccins et l´accès difficile aux jeunes enfants en Afrique et en Asie. D´après les experts, la vaccination pourrait avoir lieu au moment où les enfants ont accès pour la première fois aux soins : lors de leur naissance.

Il y a presque six mois, un patient de 26 ans décéda à cause d´une rougeole dans un hôpital munichois. Un médecin et une infirmière furent contaminés lors du suivi d´un autre patient. Heureusement, ils guérirent de l´infection sans complications.

Rougeole : indéracinable jusqu´à présent.

Si l´organisation mondiale de la santé, l´OMS, avait atteint son but, de tels incidents ne devraient plus exister. En principe, la rougeole aurait dû être éradiquée d´Europe en 2010. Pour cela, au moins 19 parents sur 20 doivent avoir fait vacciner leur enfant. Certains états européens comme la Finlande atteignent ce taux. L´Allemagne traîne loin derrière avec à peu près 80% de vaccination.

Chez beaucoup de pédiatres, les salles d´attente sont pleines et les enfants pleurent, il reste donc peu de temps pour de longues discussions avec les parents qui doutent de l´innocuité des vaccins. Il y a toujours cette idée répandue qui dit qu´il serait meilleur pour le système immunitaire de l´enfant de se défendre face à la maladie plutôt que d´être protégé par une injection. Le meilleur moment pour une telle discussion avec les parents critiques serait en fait bien avant la naissance.

Une étude dans le Colorado américain permit un suivi précis de ces refus : les enfants non vaccinés ont 23 fois plus de risques d´attraper la coqueluche, les « chances » pour déclarer la varicelle sont neuf fois plus élevées que chez les vaccinés. Six fois plus d´enfants sans protection vaccinale furent hospitalisés pour une infection à pneumocoques. Là-dessus se rajoute le fait qu´une personne atteinte de rougeole a un risque plus élevé d´inflammation des poumons. Et en plus 1 cas sur 500 est mortel.

Une injection à la naissance comblerait les lacunes de la protection vaccinale

Si en Europe et aux USA le scepticisme est grand par rapport à la vaccination contre la rougeole, il est encore plus difficile d´éliminer l´agent pathogène dans les pays moins développés. Tout de même, l´ « Initiative internationale contre la rougeole » put annoncer en Août que durant les 10 dernières années, près d´un milliard d´enfants ont été vaccinés dans 60 pays en voie de développement, et que le taux de mortalité global a diminué de presque quatre cinquième. Les plus grosses populations d´enfants pris en charge par l´organisation furent localisées dans les états africains du Congo et d´Ethiopie ainsi qu´en Inde.

Comment peut-on atteindre les mères et leurs enfants à temps pour les informer et les protéger ? Guzman Sanchez-Schmitz et Ofer Levy de l´Université de Harvard examinaient récemment dans le journal spécialisé „Science Translational Medicine“ la possibilité de vacciner les enfants lorsqu´ils sont obligatoirement en contact avec les équipes de soins médicaux : au moment de leur naissance. Serait-il possible de préparer le système immunitaire par une mise en contact avec un agent pathogène si rapidement après le premier cri ? Cela permettrait de fermer une « fenêtre de sensibilité » de plusieurs mois. Lorsque, après quelques mois, les anticorps de la mère ne sont plus présents, le bébé est sans protection jusqu´à sa première vaccination. Si les gens au voisinage de l´enfant sont malades, ou alors si sa propre famille est porteuse du germe, ces personnes sont en contact avec lui, et le risque d´infection est alors élevé.

Problèmes : faible titrage et réponse immune partielle

A l´heure actuelle, il n´y a que 3 vaccins tolérés par l´administration néonatale : le vaccin contre le virus de l´hépatite B, le vaccin oral contre la poliomyélite et le BCG (toujours très connu) contre la tuberculose, qui est le vaccin le plus administré au monde. Un vaccin contre la coqueluche ainsi qu´un vaccin contre la diphtérie/tétanos n´ont donné que des titres d´anticorps sous-optimaux chez les nourrissons dans les études réalisées.

Un des problèmes principaux dans la recherche de tels vaccins chez les nouveau-nés est la faible réponse immunitaire des Th1. Cette réaction amoindrie a probablement un sens pour empêcher une réponse contre les anticorps étrangers de la mère et donc éventuellement une fausse-couche qui en serait la conséquence. Alors que la maturation de la réponse immunitaire de l´adolescent dans les cas d´agression par des agents extracellulaires est déjà terminée, celle-ci a encore besoin d´ajustements pour permettre une réponse correcte à une menace intracellulaire. Il est très probable que ce défaut puisse être compensé par des adjuvants appropriés.

Variation régionale des antigènes

Un autre point important que les chercheurs qui travaillent sur les vaccins doivent surveiller attentivement consiste en l´évaluation des différences régionales lors de la composition en pathogènes. Le vaccin contre l´ Haemophilus influenza de type B est très efficace en Finlande, mais pas en Alaska. Des observations similaires ont été faites pour les vaccinations contre le rotavirus et le virus de l´hépatite B. On recherche actuellement, principalement dans les pays dans lesquels le virus de l´hépatite est très répandu, de nouveaux génotypes contre lesquels le vaccin actuel (contre le type A2) protège de manière peu efficace.

Une recherche de vaccin en fonction de la fréquence des sous-types implique d´énormes moyens financiers. La protection par des vaccins personnalisés selon les besoins de chacun reste à ce jour un souhait irréalisable. La fondation Bill-&-Melinda-Gates estime à 10 milliards de dollars les coûts de recherche uniquement liés au développement de nouveaux vaccins pour la prochaine décennie. Il y a quelques semaines, l´éditeur du « Lancet » Peter Horton écrivit dans un éditorial que grâce à une couverture de 90 % dans la zone de propagation des agents pathogènes les plus importants, presque huit millions d´enfants pourraient être sauvés. Revenons à la rougeole, une vaccination d´un coût de un dollar par injection permettrait de faire plus que compenser les pertes dues aux maladies et aux décès.

Les rumeurs et l´inquiétude se propagent vite

La politique et les médias peuvent beaucoup contribuer à ce que les chances de succès des campagnes de vaccination augmentent, et que la polio, et probablement aussi la rougeole, disparaissent bientôt. Mais pour cela, il faut une stratégie coordonnée. Une étude sur 29 campagnes de vaccination différentes fut faite dans 79 pays utilisant la vaccination DT. Le gouvernement français et l´OMS se contredirent il y a quelques années lors des discussions sur la sécurité du vaccin contre l´hépatite B et ainsi inquiétèrent les populations. Ainsi, la poliomyélite s´étendit de nouveau au Nigéria après 10 ans d´absence, car une polémique politique empêcha la vaccination de masse dans le nord du pays. Enfin, presque tous les médias firent état des travaux d´Andrew Wakefield, qui établit avec des données fausses un lien entre la vaccination rougeole-oreillons-rubéole et l´autisme ainsi que des maladies gastro-intestinales. Le « Lancet » rétracta officiellement le travail seulement douze ans après sa publication.

Des éclaircissements sur l´utilité des vaccinations précoces sont donc plus que jamais nécessaires. Des petits groupes d´intérêts ont la possibilité d´étendre rapidement leurs théories dans le monde entier grâce aux réseaux sociaux. De plus, le « trop attendre » lors des vaccinations est lui-même dangereux. Le British Medical Journal rapporta en 2010, que la protection maternelle à la rougeole se finirait bien plus tôt que ce qui était communément admis. Une étude de l´université d´Anvers indiqua qu´à l´âge de six mois, tous les enfants étaient sans protection, et cela, que la mère ait été immunisée par vaccination ou par la maladie elle-même. En Allemagne, les médecins vaccinent les enfants âgés de 11 à 14 mois. Et seulement si les parents sont prêts à faire quelque chose pour la disparition de la maladie.

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2 commentaires:

Masseur-kiné / Psychomotricien / Physiothérapeute

Article très intéressant.Merci de partager toutes ces informations avec nous!

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A lire avec intérêt et partager avec père

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