Intersexuation : Fommes ou Hemmes ?

22. novembre 2011
Share article

Parfois il arrive qu'à la naissance d'un enfant on ne puisse pas répondre avec certitude à la question « garçon ou fille ? ». Les adaptations à cette contrainte appartiennent heureusement (généralement) au passé pour l

« Genitalabschneider-Treffen – Termine 2011/2012 » (« Rencontre de coupeurs d´organes génitaux-période 2011-2012 »), « les chiens sont mieux protégés des mutilations et de la castration que les enfants ». Celui qui cherche la notion d´« intersexuation » dans la blogosphère rencontre ces descriptions pour les chirurgiens ou les endocrinologues pédiatriques. Le thème ne se restreint toutefois pas seulement aux slogans de groupes radicaux dans le secteur « des maladies orphelines », mais a entre-temps atteint les échelons les plus élevés de la politique allemande. Cet été, le conseil d’éthique allemand a demandé une audition d’experts au sujet de l´intersexuation et l’histoire des personnes qui vivent entre le statut d´homme et de femme. Quelques semaines avant les verts avaient présenté une motion au Bundestag, pour demander à ce qu´il y ait plus de deux possibilités au niveau des choix du sexe sur les formulaires officiels, et à « ce que l’élimination ou la modification prophylactique des organes génitaux ne soit pas effectuée chez les enfants intersexués ».

« Est-ce que les enfants qui naissent entre les deux sexes doivent être déterminés clairement d´un point de vue médical ?», telle est la question qui préoccupe le comité d´éthique. En Allemagne, il y a une naissance sur environ trois à cinq mille pour laquelle les médecins ne peuvent pas déterminer précisément le sexe externe au moyen de caractéristiques indiscutables. Ils s´appellent « hermaphrodites » ou « intersexués » conformément à la conférence internationale de 2005 à Chicago « Patients avec un développement sexuel anormal ».

Ils ne se doutent de rien au début du traitement psychothérapeutique

Les concernés ne savent souvent même pas ce qui leur arrive. Chez les psychothérapeutes ces personnes se présentent car elles ne peuvent pas s´identifier à leur rôle d´homme ou de femme et ne soupçonnent pas que le problème n´est pas seulement dans leur tête, mais aussi dans leur abdomen. Car souvent, des médecins « bien intentionnés » coupent les organes génitaux des nourrissons sans documenter leur intervention. « Pas un mot à l’enfant » était la devise il y a encore quelques années. « L´être entre deux » peut devenir une véritable femme ou un véritable homme uniquement par l´éducation – selon la doctrine de l’époque. Le psychothérapeute est alors confronté à un problème : « Comment puis-je le dire à mon patient ? ». Le risque que l’intersexuation fasse partie des tabous est important.

XY, féminin

Non seulement le contenu chromosomique, mais aussi de nombreux systèmes de commande hormonaux déterminent la croissance de la barbe et de la poitrine. Cela explique donc pourquoi les spécialistes en génétique humaines ne trouvent pas un contenu gonosomique adéquat dans les cellules malgré des organes sexuels clairs. Un exemple pour cela est celui des « femmes XY ». Souvent, le problème apparaît tardivement à la lumière du jour : à la naissance, tout semble être en ordre ; à la puberté, seuls des aménorrhées, le manque de poils pubiens et une nette masculinisation sont observés suite à une résistance complète aux androgènes.
Toutefois dans le passé, par exemple lorsqu´ à la naissance une résistance partielle aux androgènes faisait désespérer les médecins pour répondre à la question « gars ou fille ? », le clitoris trop grand était coupé, le testicule ou l´ovaire enlevé. Conformément à une maxime macabre de chirurgien, il était beaucoup plus simple « de creuser un trou plutôt que de construire un poteau ». Ainsi, la plupart des « cas douteux » ont été rabattus vers le sexe féminin. Ce n’est que lentement qu’il est devenu certain que les médecins ont certes ainsi corrigé l’anatomie, mais cela a souvent laissé des hommes traumatisés sans possibilités d´accomplir leur vie sociale et sexuelle.

Réseau intersexuation

On trouve toujours dans les lignes directrices de la chirurgie pédiatrique de phrases telles que « pour des raisons psychologiques la correction cosmétique des organes génitaux extérieurs devraient avoir lieu aussi tôt que possible, généralement dans les six premiers mois de vie ». Mais l´objectif d´une « identité sexuelle génétique, phénotypique et socioculturelle harmonieuse » est-il toujours obtenu ainsi ? Seule la protestation massive des groupes d´entraide a modifié les choses sur le principe de la détermination sexuelle irréversible précoce par opération chirurgicale.

Depuis quelques années, des médecins et des personnes concernées se rassemblent et essayent de développer des directives qui aident les deux parties. Le ministère fédéral allemand de la formation et de la recherche encourage depuis 2004 le « réseau intersexualisation » (« Netzwerk Intersexualität »), dans lequel des bioéthiciens, des médecins de différents domaines, des obstétriciens et des psychologues ainsi que des représentants des groupes d´entraide sont rassemblés.

Reporter les interventions irréversibles

Le plus important, presque tous sont d’accord là-dessus, est un diagnostic intensif des nouveau-nés intersexués. Car les causes sont trop multiples pour que de simples conseils aident vraiment les médecins, les enfants et les parents. Ainsi, des interventions cruciales sur l’anatomie devraient être reportées si possible jusqu’à ce que l’enfant ait la possibilité de décider d´agir sur son corps, selon une publication du groupe de travail de l’année 2010. Ils peuvent ainsi décider des opérations les plus importantes à partir de douze-quatorze ans. Par exemple, Susanne Krege de l´Alexianer Krankenhaus Maria Hilf de Krefeld a rapporté avoir obtenu de bons résultats sur des plasties vaginales au cours de la puberté

Les avis quand au meilleur moment pour prendre ces décisions fondamentales sont cependant chaque jour plus divergents. Par exemple Martin Westenfelder de la Helios Klinikum à Krefeld défend avec force la compétence du médecin lors de la décision précoce pour définir « ce qui n´est pas défini». Aujourd´hui, selon son argumentation, on « abîmerait à peine » le corps par rapport aux interventions d´il y a trente ou quarante ans.

Toutes les mesures médicales déterminant le sexe ne peuvent pas être reportées aussi tard que l´âge de la majorité. Les enfants qui sont nés avec une sensibilité partielle aux androgènes et qui ont grandi comme filles doivent recevoir des médicaments hormonosuppresseurs avant (!) la puberté, pour inhiber le développement vers la forme masculine. Les intersexués ayant un syndrome androgénital ont souvent, s´ils ne sont pas pris en charge, des problèmes de croissance et des pertes de sels minéraux mortelles.

Autodétermination sur son propre corps

Lors du travail en coopération des groupes d´entraide, des médecins et des psychologues, des principes clairs se sont cristallisés, remplaçant l´ancien « opérer et remplacer en conséquence ». Il est ainsi clair que l’enfant intersexué n’est pas un cas d’urgence médicale et a droit à l’autodétermination. Les parents ont droit à une décision conjointe. Afin que l’enfant lui-même puisse décider plus tard pour son corps, toutes les interventions effectuées et les mesures prises doivent être documentées et ne devraient pas être tenues secrètes.

Même si une éducation sexuellement neutre est difficilement possible, un organe génital non déterminé ne signifie pas automatiquement une anomalie du développement psychique et sexuel. Une réflexion sur les vieilles représentations morales ne serait-elle pas une alternative aux opérations traumatisantes pendant l’enfance ? Si les plans de leur gouvernement aboutissent, les citoyens britanniques ne devront bientôt plus choisir entre « homme » et « femme » sur leur passeport. Une option qui a déjà été concrétisée, par exemple, en Australie.

6 note(s) (2.5 ø)
Non classé

Comments are exhausted yet.



Langue:
Suivre DocCheck: